DIPLOMATIE CITOYENNE · MAROC · AFRIQUE
2 avril 2011 — 2 avril 2026

Nos activités

Quinze ans de diplomatie citoyenne, de rencontres et d’actions.

Histoires d’engagement

62 activités

Campagne handicap et accessibilité numérique
23.07.2026Nouveaux engagements

Campagne handicap et accessibilité numérique

Après les actions du rapport semestriel, l’ICD a produit des contenus pour la campagne de sensibilisation au handicap sur ses réseaux sociaux.

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Après les actions du rapport semestriel, l’ICD a produit des contenus pour la campagne de sensibilisation au handicap sur ses réseaux sociaux. Le 23 juillet, Karima Rhanem a animé un atelier sur les services publics numériques inclusifs à l’ère de l’IA. Le rapport aborde le design inclusif, les obstacles rencontrés par les personnes en situation de handicap, les principes WCAG et les évaluations avec WAVE et Lighthouse, dans une approche centrée sur les droits, l’autonomie et la dignité.

Convention avec la Faculté des Sciences de l'Éducation (UM5)
29.06.20262026

Convention avec la Faculté des Sciences de l'Éducation (UM5)

Les universités jouent un rôle central dans la préparation des nouvelles générations aux transformations politiques, économiques, technologiques et sociales qui façonnent le monde contemporain.

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▍ Convention de partenariat avec la Faculté des Sciences de l'Éducation de l'Université Mohammed V

▍ Signature : 29 juin 2026

▍ L'université comme espace de diplomatie citoyenne Les universités jouent un rôle central dans la préparation des nouvelles générations aux transformations politiques, économiques, technologiques et sociales qui façonnent le monde contemporain. Au-delà de leur mission académique, elles constituent aujourd'hui des espaces privilégiés pour développer les compétences transversales, encourager l'engagement citoyen, promouvoir le dialogue interculturel et former des leaders capables d'agir dans des environnements internationaux de plus en plus complexes.

Le Centre International pour la Diplomatie considère que la diplomatie ne doit pas être exclusivement réservée aux institutions étatiques ou aux professionnels des relations internationales. Elle constitue également une compétence citoyenne qui peut être développée dès l'université, à travers l'apprentissage du dialogue, de la négociation, du plaidoyer, de la communication interculturelle, de la médiation et de la coopération.

▍ Une vision commune de la formation des futurs leaders Cette convention traduit une convergence de vision entre les deux institutions.

La Faculté des Sciences de l'Éducation, reconnue pour son expertise dans la formation des futurs enseignants, chercheurs et cadres, partage avec le Centre la conviction que les compétences du XXIᵉ siècle dépassent largement les connaissances disciplinaires.

Former les étudiants suppose aujourd'hui de développer leur capacité à dialoguer, à négocier, à travailler dans des équipes interculturelles, à analyser les politiques publiques, à comprendre les enjeux internationaux et à mobiliser les outils numériques de manière responsable.

À travers cette coopération, les deux institutions ambitionnent de créer un environnement d'apprentissage associant excellence académique, engagement citoyen, innovation pédagogique et ouverture internationale.

▍ Une coopération qui dépasse le cadre académique La convention prévoit la mise en œuvre d'un large éventail d'activités couvrant la formation, la recherche scientifique, les conférences, les ateliers pratiques, les simulations diplomatiques, les publications, les programmes de renforcement des capacités et les projets de recherche appliquée.

Elle prévoit également la création d'un Club de Diplomatie, destiné à devenir un espace permanent d'apprentissage, de dialogue, d'expérimentation et d'engagement des étudiants autour des grands enjeux nationaux et internationaux.

Ce club a vocation à développer les compétences des étudiants dans les domaines de la diplomatie civile, de la diplomatie numérique, du leadership, du plaidoyer, de la communication stratégique, des droits humains, des politiques publiques et du développement durable.

▍ Une démarche participative dès la signature de la convention L'un des aspects les plus remarquables de cette coopération réside dans la méthode adoptée dès son lancement.

La cérémonie de signature n'a pas été conçue comme un simple acte protocolaire. Elle a été suivie d'une séance de travail participative réunissant l'équipe dirigeante de la Faculté, les représentants du Centre International pour la Diplomatie, les responsables des clubs étudiants ainsi que les représentants de la coalition des associations étudiantes de la Faculté.

Après la présentation du Centre, de sa vision et des objectifs du partenariat, un premier projet de programme d'action a été présenté aux étudiants. Plutôt que de leur proposer un plan déjà finalisé, le Centre a volontairement adopté une approche de co-construction en invitant les étudiants à enrichir le projet par leurs propres idées et priorités.

Cette méthode participative a suscité une forte mobilisation. Les étudiants ont formulé de nombreuses propositions qui ont donné lieu à des échanges immédiats entre les représentants de la Faculté, les responsables du Centre et les participants. À l'issue de la rencontre, il a été convenu que l'ensemble des propositions, formulées oralement et par écrit, seraient consolidées afin d'alimenter la version définitive du plan d'action du partenariat.

▍ Co-construire la future Université de la Diplomatie des Jeunes Les discussions ont permis d'aller bien au-delà de la création d'un simple club universitaire.

Les étudiants ont proposé de développer une véritable Université de la Diplomatie des Jeunes, reposant sur une approche progressive articulant apprentissage théorique, expérimentation pratique, innovation et engagement citoyen.

Parmi les propositions retenues figuraient notamment :

– un cycle de formations consacré aux fondements de la diplomatie, aux relations internationales, à la négociation, au plaidoyer et à la communication interculturelle ; – des ateliers pratiques sur la recherche d'information, la prise de décision, la négociation, la gestion des conflits, la prise de parole en public, le leadership et la communication stratégique ; – l'organisation d'un Forum diplomatique des étudiants, permettant aux participants de présenter les travaux réalisés au cours des formations ; – la création d'un Hackathon diplomatique, invitant les étudiants à élaborer, en équipe, des réponses innovantes à des défis internationaux dans un temps limité, avant de défendre leurs propositions devant un jury.

▍ Une programmation ambitieuse tournée vers l'action Les propositions formulées par les étudiants témoignent d'une vision particulièrement ambitieuse de la diplomatie universitaire.

Le futur programme pourrait notamment comprendre :

– une série mensuelle de conférences réunissant diplomates, ambassadeurs, experts des Nations Unies, universitaires et décideurs publics autour de thématiques telles que l'éducation comme instrument de paix, la diplomatie des femmes, l'intelligence artificielle et les relations internationales, les changements climatiques, la citoyenneté mondiale, la coopération africaine ou encore les Objectifs de Développement Durable ; – un Café diplomatique, conçu comme un espace informel de débat entre étudiants autour des grandes questions internationales ; – des visites pédagogiques auprès du Parlement, des ambassades et des institutions nationales afin de permettre aux étudiants de découvrir concrètement le fonctionnement des institutions diplomatiques ; – des simulations des Nations Unies et d'autres exercices de négociation internationale favorisant l'apprentissage par la pratique.

▍ Valoriser la créativité des étudiants Les propositions élaborées lors de cette séance de brainstorming ont également mis en avant la créativité des étudiants dans la conception de nouvelles formes d'engagement.

Parmi les idées proposées figuraient :

– la création d'une série numérique consacrée à la diplomatie universitaire sur les réseaux sociaux ; – la réalisation de documentaires valorisant les initiatives étudiantes ; – la production de guides pédagogiques sur la diplomatie ; – des ateliers consacrés aux stéréotypes culturels, à la diplomatie culturelle, à la représentation du Maroc à l'international, au dialogue interculturel et au rôle de l'enseignant comme acteur de diplomatie citoyenne ; – des projets humanitaires portés par les étudiants eux-mêmes afin de mettre en pratique les valeurs de solidarité, de coopération et de citoyenneté mondiale.

▍ Une nouvelle approche de la diplomatie universitaire Cette séance de travail illustre la philosophie qui sous-tend l'ensemble de la coopération entre le Centre et la Faculté.

Plutôt que de concevoir les étudiants comme de simples bénéficiaires, les deux institutions ont choisi de les considérer comme des co-concepteurs du projet. Les propositions issues de cette rencontre constitueront la base du futur programme d'activités et guideront la mise en œuvre progressive de la convention.

Cette démarche participative est pleinement cohérente avec la vision de la diplomatie citoyenne portée par le Centre International pour la Diplomatie. Elle traduit la conviction que les politiques de jeunesse et les programmes universitaires produisent un impact plus durable lorsqu'ils sont construits avec les jeunes eux-mêmes.

Ainsi, la signature de cette convention ne marque pas seulement le lancement d'un nouveau partenariat académique. Elle constitue le point de départ d'une dynamique collective visant à faire de l'université un laboratoire de dialogue, d'innovation, de leadership et de diplomatie citoyenne, où les étudiants deviennent des acteurs à part entière de la conception et de la mise en œuvre des initiatives qui les concernent.

Académie du Leadership des Femmes à l’Ère du Numérique
24–26.06.20262026

Académie du Leadership des Femmes à l’Ère du Numérique

Les transformations profondes qui caractérisent le monde contemporain redéfinissent progressivement les compétences attendues des responsables publics, des dirigeantes, des entrepreneures et des actrices de la société civile.

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CHAPITRE 5 — Renforcer le leadership transformationnel des femmes à l'ère du numérique

Les transformations profondes qui caractérisent le monde contemporain redéfinissent progressivement les compétences attendues des responsables publics, des dirigeantes, des entrepreneures et des actrices de la société civile. L'accélération de la transformation numérique, l'émergence de l'intelligence artificielle, la multiplication des crises sanitaires, climatiques et géopolitiques ainsi que l'évolution rapide des modes de communication imposent de nouvelles formes de leadership capables de conjuguer vision stratégique, innovation, résilience et intelligence collective.

Le leadership féminin apparaît comme un facteur essentiel de développement durable, de cohésion sociale et de gouvernance inclusive. Les organisations internationales soulignent de manière croissante que la participation des femmes aux espaces de décision contribue à améliorer la qualité des politiques publiques, à renforcer la gouvernance et à favoriser des réponses plus inclusives face aux défis contemporains.

Toutefois, l'accès des femmes aux responsabilités ne peut être envisagé uniquement sous l'angle de la représentation. Il implique également le développement de compétences adaptées aux mutations du monde actuel : leadership transformationnel, communication stratégique, intelligence émotionnelle, gestion des environnements complexes, maîtrise des outils numériques et compréhension des enjeux liés à l'intelligence artificielle.

Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) au Maroc, avec le soutien de l'Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement (AECID), a organisé une nouvelle édition de l'Académie du Leadership des Femmes à l'Ère du Numérique, réunissant des femmes leaders issues d'horizons professionnels variés afin de renforcer leurs compétences et de favoriser la création d'un réseau national de leadership féminin.

▍ 5.2 Une reconnaissance de l'expertise développée par le Centre La participation du Centre International pour la Diplomatie à cette Académie s'inscrit dans la continuité de plusieurs années d'engagement en faveur du leadership des femmes, de la diplomatie citoyenne, du renforcement des capacités et de la transformation numérique.

Elle traduit également la reconnaissance progressive de l'expertise développée par le Centre dans les domaines de la communication stratégique, de l'intelligence artificielle, de la gouvernance et du leadership transformationnel.

La Présidente du Centre, Karima Rhanem, avait elle-même participé à une précédente édition internationale de cette Académie organisée à Marrakech. Cette expérience lui a permis de contribuer, cette année, non plus en qualité de participante, mais comme Lead Facilitator, chargée d'accompagner les travaux pédagogiques et de faciliter plusieurs modules du programme.

Cette évolution illustre la valeur accordée à l'expertise développée par le Centre ainsi que sa capacité à contribuer à des initiatives portées par les Nations Unies dans le domaine du développement du leadership féminin.

Au-delà de cette responsabilité, plusieurs membres de l'équipe dirigeante du Centre ont également été mobilisés afin de participer aux échanges des travaux de groupes.

Cette participation collective reflète la volonté du Centre de mettre à disposition des partenaires internationaux une expertise multidisciplinaire associant diplomatie, gouvernance, communication, innovation et développement humain.

▍ 5.3 Une approche du leadership fondée sur la transformation plutôt que sur la gestion L'une des spécificités de cette Académie résidait dans sa conception du leadership.

Plutôt que de limiter la formation au développement de compétences managériales classiques, le programme invitait les participantes à réfléchir à leur propre posture de leader dans un environnement marqué par l'incertitude, la complexité et l'accélération des transformations technologiques.

Les différentes sessions ont mis en évidence que le leadership contemporain ne consiste plus uniquement à administrer des organisations ou à gérer des équipes. Il suppose désormais la capacité à mobiliser des acteurs aux profils diversifiés, à accompagner le changement, à communiquer dans des environnements numériques, à gérer les émotions dans des contextes de crise, à favoriser l'innovation et à construire des organisations plus inclusives.

Cette vision rejoint pleinement l'approche développée par le Centre International pour la Diplomatie, qui considère que le leadership est avant tout une capacité à créer les conditions du dialogue, de la coopération et de l'innovation au service de l'intérêt général.

▍ 5.4 Faciliter l'apprentissage entre pairs Au-delà de l'animation des modules, le Centre a contribué à créer un environnement d'apprentissage favorisant l'intelligence collective.

Les travaux ont été organisés autour d'exercices collaboratifs, de discussions entre participantes, d'études de cas et de réflexions collectives permettant à chacune de partager son expérience professionnelle, ses défis et les solutions mises en œuvre dans son propre contexte.

Cette pédagogie participative répond à une conviction forte du Centre : les connaissances ne sont pas uniquement produites par les intervenants. Elles émergent également de l'échange entre participantes, de la confrontation des expériences et de la diversité des parcours.

En facilitant ces interactions, le Centre a contribué à renforcer la confiance entre les participantes et à favoriser l'émergence d'un véritable réseau d'apprentissage mutuel.

▍ 5.5 Une réflexion sur le leadership dans un environnement numérique L'Académie a également permis d'examiner les conséquences de la transformation numérique sur l'exercice du leadership.

Les participantes ont été invitées à analyser les opportunités offertes par les outils numériques en matière de communication, de mobilisation citoyenne, de gestion des organisations, de coopération internationale et de visibilité des initiatives portées par les femmes.

Les échanges ont également porté sur les défis liés à l'intelligence artificielle, à la désinformation, aux biais algorithmiques, à la protection des données personnelles et à l'utilisation responsable des technologies émergentes.

Le Centre a insisté sur la nécessité de développer une culture numérique fondée sur l'éthique, la transparence et la responsabilité, considérant que les technologies doivent renforcer les capacités des femmes à exercer leur leadership plutôt que créer de nouvelles formes d'exclusion.

Cette approche est cohérente avec les autres travaux conduits par le Centre au cours du semestre, notamment les recherches consacrées à la gouvernance de l'intelligence artificielle, aux biais algorithmiques, aux médias numériques et aux nouvelles formes de diplomatie digitale.

▍ 5.6 La communication stratégique à l'ère numérique : renforcer la capacité d'influence des femmes leaders L'une des principales contributions du Centre International pour la Diplomatie à l'Académie du Leadership des Femmes à l'Ère du Numérique a porté sur la communication stratégique, devenue aujourd'hui une compétence essentielle pour toute responsable amenée à évoluer dans des environnements complexes.

Le module animé par Karima Rhanem, en qualité de Lead Facilitator, invitait les participantes à dépasser une conception traditionnelle de la communication centrée sur la diffusion de messages pour l'aborder comme un véritable levier de leadership, d'influence et de transformation.

Dans un contexte marqué par l'accélération de la circulation de l'information, l'omniprésence des plateformes numériques et le développement rapide de l'intelligence artificielle générative, les dirigeantes sont appelées à communiquer dans des environnements caractérisés par la rapidité, la multiplicité des publics et la concurrence permanente des récits.

Le module a ainsi exploré les nouvelles responsabilités des femmes leaders face à ces mutations, en mettant l'accent sur leur capacité à construire une vision, à mobiliser les parties prenantes, à renforcer la confiance et à communiquer avec cohérence dans des contextes de changement.

Les travaux ont notamment porté sur l'évolution des stratégies de communication institutionnelle, la gestion de la réputation, la communication de crise, la prise de parole publique, la communication interculturelle et la mobilisation des outils numériques au service du leadership.

Une attention particulière a été accordée à l'utilisation responsable de l'intelligence artificielle dans la communication stratégique. Les participantes ont été invitées à réfléchir aux opportunités offertes par ces outils pour améliorer la production de contenus, l'analyse des données ou la personnalisation des messages, tout en examinant les risques liés aux biais algorithmiques, à la désinformation, à la perte d'authenticité et à la protection des données.

L'approche développée par le Centre reposait sur un principe fondamental : la technologie peut renforcer le leadership, mais elle ne remplace ni le jugement humain, ni l'éthique, ni la capacité à créer une relation de confiance avec les citoyens, les partenaires ou les équipes.

À travers des études de cas, des exercices pratiques et des échanges entre participantes, le module a permis d'explorer les conditions nécessaires à une communication stratégique capable de soutenir les transformations institutionnelles et de renforcer la participation des femmes aux espaces de décision.

▍ 5.7 Le bien-être et l'intelligence émotionnelle : des compétences stratégiques pour le leadership Le second module animé par le Centre était consacré à une dimension encore insuffisamment prise en compte dans les programmes de développement du leadership : le bien-être des dirigeantes et l'intelligence émotionnelle.

Dans des environnements marqués par des transformations permanentes, des responsabilités accrues et une forte pression décisionnelle, la capacité d'un leader ne dépend plus uniquement de son expertise technique. Elle repose également sur sa faculté à gérer ses émotions, à développer des relations de confiance, à faire preuve d'empathie, à accompagner le changement et à préserver son équilibre personnel.

Le module proposait ainsi une réflexion approfondie sur les liens entre bien-être individuel, performance collective et qualité du leadership.

Les participantes ont été invitées à analyser les facteurs susceptibles d'affecter durablement leur efficacité professionnelle : surcharge cognitive, gestion des crises, fatigue décisionnelle, pression liée aux responsabilités, équilibre entre vie professionnelle et personnelle, ou encore exposition permanente aux environnements numériques.

Les travaux ont également mis en évidence que le développement du leadership ne peut être dissocié du développement personnel. Une dirigeante capable de reconnaître ses émotions, de comprendre celles de son équipe et de créer un climat de confiance est davantage en mesure de conduire des transformations durables.

À travers des exercices d'introspection, des mises en situation et des échanges d'expériences, les participantes ont exploré plusieurs dimensions de l'intelligence émotionnelle, notamment la connaissance de soi, la maîtrise des émotions, l'écoute active, la communication empathique, la résolution constructive des conflits et le leadership collaboratif.

Le Centre a également insisté sur l'importance de créer des environnements de travail favorisant le bien-être, la coopération et l'apprentissage continu, considérant que la résilience organisationnelle dépend largement de la qualité des relations humaines au sein des équipes.

Cette approche rejoint les travaux internationaux qui reconnaissent désormais l'intelligence émotionnelle comme une compétence stratégique pour les dirigeants appelés à gérer des organisations confrontées à l'incertitude, aux transformations numériques et aux crises multiples.

▍ 5.8 Une pédagogie fondée sur l'intelligence collective Au-delà des contenus abordés, la contribution du Centre s'est distinguée par la méthodologie pédagogique mobilisée.

Les modules ont été conçus comme des espaces de dialogue favorisant l'apprentissage entre pairs plutôt que comme des conférences magistrales.

Les participantes ont été encouragées à partager leurs expériences, à confronter leurs approches du leadership, à analyser collectivement des situations professionnelles concrètes et à construire des réponses adaptées aux défis rencontrés dans leurs organisations respectives.

Cette approche participative a permis de valoriser la diversité des parcours représentés au sein de l'Académie et de créer un environnement propice à l'émergence de solutions collectives.

Elle reflète pleinement la méthodologie de renforcement des capacités développée par le Centre International pour la Diplomatie, fondée sur la co-construction des connaissances, l'apprentissage expérientiel et l'accompagnement du changement.

▍ 5.9 Une contribution qui dépasse le cadre de l'Académie La participation du Centre à cette Académie ne constitue pas une intervention isolée. Elle s'inscrit dans une stratégie plus large de promotion du leadership féminin, développée à travers plusieurs initiatives présentées dans ce rapport.

Les enseignements issus de cette expérience viennent renforcer les travaux menés par le Centre dans le cadre :

– de la convention stratégique conclue avec le Ministère de la Solidarité, de l'Insertion Sociale et de la Famille, visant à développer des programmes structurés de leadership féminin ; – de la participation au webinaire continental de l'AUDA-NEPAD consacré à la santé et aux droits sexuels et reproductifs des jeunes, où le Centre a plaidé pour des approches menées par les jeunes et ancrées dans les communautés ; – de la campagne nationale « Ensemble, participons au développement », soutenue par le Centre afin de promouvoir la participation des femmes à la vie publique ; – des actions conduites à l'occasion de la Journée internationale des femmes dans la diplomatie, mettant en lumière la contribution des femmes à la paix, à la négociation et à la coopération internationale.

Ces initiatives traduisent une vision cohérente selon laquelle le leadership féminin ne relève pas d'une seule politique sectorielle, mais constitue un levier transversal de développement, de gouvernance démocratique, d'innovation et de diplomatie.

L'Académie du PNUD a ainsi permis au Centre non seulement de partager son expertise, mais également de consolider son positionnement comme acteur de référence dans le développement du leadership transformationnel des femmes au Maroc et sur le continent africain.

▍ 5.10 Enseignements tirés de l'Académie du Leadership des Femmes Au-delà des compétences développées par les participantes, la contribution du Centre International pour la Diplomatie à l'Académie du Leadership des Femmes à l'Ère du Numérique a constitué une opportunité d'observer les profondes mutations qui transforment aujourd'hui les pratiques du leadership, tant au Maroc qu'à l'échelle internationale.

Les échanges avec les participantes, les partenaires institutionnels et les experts mobilisés dans le cadre de l'Académie ont permis de confirmer plusieurs tendances majeures qui orienteront les futurs programmes du Centre.

« Le leadership ne peut plus être dissocié de la transformation numérique » L'un des principaux enseignements de cette expérience réside dans le fait que la transformation numérique n'est plus uniquement une question technologique.

Elle modifie profondément la manière dont les institutions prennent leurs décisions, communiquent avec leurs parties prenantes, développent leurs politiques publiques et mobilisent les citoyens.

Les responsables appelés à exercer des fonctions de leadership doivent désormais maîtriser les opportunités offertes par les technologies numériques tout en comprenant leurs implications éthiques, sociales et politiques.

L'intelligence artificielle, les plateformes numériques, les données et les nouveaux outils collaboratifs deviennent progressivement des composantes du leadership contemporain.

Pour le Centre, cette évolution confirme la nécessité d'intégrer systématiquement les compétences numériques dans les futurs programmes consacrés au leadership, à la diplomatie et à la gouvernance.

« La communication est devenue une compétence stratégique de gouvernance » Les travaux de l'Académie ont également confirmé que la communication ne peut plus être considérée comme une simple fonction de diffusion de l'information.

Dans des sociétés caractérisées par une circulation rapide des contenus, par la multiplication des sources d'information et par l'influence croissante des réseaux sociaux, la communication constitue désormais un véritable outil de gouvernance.

Les leaders sont appelés à expliquer les réformes, à construire la confiance, à gérer les situations de crise, à dialoguer avec des publics diversifiés et à lutter contre la désinformation.

Cette évolution rejoint les travaux conduits par le Centre sur la communication stratégique, les médias responsables, les biais algorithmiques et la diplomatie numérique.

Elle renforce la conviction que la maîtrise des stratégies de communication constitue aujourd'hui une compétence indispensable pour tout responsable appelé à conduire des transformations institutionnelles.

« Les compétences émotionnelles deviennent un facteur de performance institutionnelle » Un autre enseignement important concerne la place croissante accordée à l'intelligence émotionnelle dans les modèles contemporains de leadership.

Les environnements professionnels évoluent dans un contexte d'incertitude permanente, où les responsables doivent simultanément gérer des transformations organisationnelles, accompagner leurs équipes, prendre des décisions rapides et maintenir un climat de confiance.

Cette réalité met en évidence l'importance de compétences souvent considérées comme secondaires dans les approches traditionnelles du management : écoute active, empathie, gestion des émotions, résilience, intelligence relationnelle et bien-être au travail.

Pour le Centre, ces dimensions doivent désormais être pleinement intégrées aux programmes de développement du leadership, au même titre que les compétences techniques ou stratégiques.

▍ Les réseaux comptent autant que les formations L'Académie a également montré que la valeur d'un programme de leadership ne réside pas uniquement dans les connaissances transmises.

Les espaces de dialogue créés entre les participantes ont favorisé le développement de relations professionnelles, de collaborations futures et d'une dynamique d'entraide appelée à se poursuivre bien au-delà de la durée de la formation.

Cette observation confirme une orientation déjà privilégiée par le Centre : les programmes de renforcement des capacités doivent permettre la constitution de communautés de pratique capables de continuer à apprendre, à coopérer et à innover ensemble.

Le développement de ces réseaux représente un investissement stratégique, tant pour les participantes que pour les institutions auxquelles elles appartiennent.

« Le leadership féminin doit être pensé comme une politique transversale » Enfin, les échanges menés durant l'Académie ont confirmé que les politiques en faveur du leadership des femmes ne peuvent être limitées à des actions ponctuelles de sensibilisation ou de formation.

Le leadership féminin interagit avec de nombreux domaines : la gouvernance, l'éducation, l'innovation, la diplomatie, l'économie, la santé, la transformation numérique, les politiques climatiques, la participation citoyenne et les droits humains.

Cette approche transversale est aujourd'hui au cœur de la vision développée par le Centre International pour la Diplomatie.

Elle explique pourquoi les initiatives présentées dans ce rapport – qu'il s'agisse de la convention conclue avec le Ministère de la Solidarité, de la participation au webinaire continental de l'AUDA-NEPAD, de la campagne nationale en faveur de la participation des femmes à la vie publique ou encore de la célébration de la Journée internationale des femmes dans la diplomatie – sont présentées comme les composantes d'une même stratégie plutôt que comme des activités indépendantes.

▍ 5.11 Perspectives Les enseignements tirés de cette Académie viendront nourrir le développement des futurs programmes du Centre consacrés au leadership transformationnel, à la diplomatie citoyenne et au renforcement des capacités.

À moyen terme, le Centre entend intégrer ces acquis dans plusieurs initiatives prévues dans le cadre de la Stratégie 2026–2030, notamment :

– le développement de parcours de formation dédiés au leadership transformationnel des femmes et des jeunes femmes ; – l'intégration systématique de modules consacrés à l'intelligence artificielle, à la communication stratégique et à l'intelligence émotionnelle dans les programmes de renforcement des capacités ; – le renforcement des dispositifs de mentorat afin d'accompagner les participantes au-delà des formations ; – la création de réseaux de femmes leaders favorisant les échanges d'expériences, la coopération et le partage de bonnes pratiques au Maroc et en Afrique ; – le développement de programmes de coopération avec les institutions publiques, les universités, les organisations internationales et les acteurs de la société civile afin de promouvoir une approche intégrée du leadership féminin.

Pour le Centre International pour la Diplomatie, cette Académie illustre une conviction désormais au cœur de son action : le leadership du XXIᵉ siècle ne se construit plus uniquement par l'acquisition de compétences techniques. Il repose sur la capacité à apprendre en continu, à coopérer, à innover, à communiquer avec authenticité et à conduire le changement dans des environnements de plus en plus complexes.

★ SYNTHÈSE DU CHAPITRE Réalisation. Facilitation de deux modules de l'Académie du PNUD par l'équipe dirigeante de l'ICD. Portée stratégique. Positionnement du Centre comme acteur de référence du leadership transformationnel des femmes. Perspective. Parcours dédiés, mentorat renforcé et réseaux de femmes leaders au Maroc et en Afrique.

Convention-cadre avec le ministère de la Solidarité
04.06.20262026

Convention-cadre avec le ministère de la Solidarité

La participation pleine et effective des femmes aux processus de décision constitue aujourd'hui l'un des principaux leviers de développement économique, de cohésion sociale et de gouvernance démocratique.

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▍ Convention-cadre de partenariat avec le Ministère de la Solidarité, de l'Insertion Sociale et de la Famille

▍ Signature : 4 juin 2026

▍ Le leadership des femmes comme enjeu de développement La participation pleine et effective des femmes aux processus de décision constitue aujourd'hui l'un des principaux leviers de développement économique, de cohésion sociale et de gouvernance démocratique. Les expériences internationales démontrent que l'inclusion des femmes dans les espaces de décision améliore la qualité des politiques publiques, favorise l'innovation, renforce la résilience des communautés et contribue à une croissance plus inclusive.

Au Maroc, cette dynamique s'inscrit dans le prolongement des Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, de la Constitution de 2011, du Nouveau Modèle de Développement ainsi que des engagements internationaux du Royaume en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la réalisation des Objectifs de Développement Durable.

Depuis plusieurs années, le Centre International pour la Diplomatie développe des initiatives consacrées au leadership féminin, à la diplomatie citoyenne, à l'autonomisation économique et sociale des femmes, à la participation des jeunes filles aux espaces de décision et au renforcement des capacités des femmes leaders au Maroc et en Afrique.

La signature d'une convention-cadre avec le Ministère de la Solidarité, de l'Insertion Sociale et de la Famille, le 4 juin 2026, marque une nouvelle étape dans cette trajectoire. Elle traduit une volonté commune d'inscrire cette coopération dans un cadre institutionnel durable et de développer des programmes structurants au service de l'égalité, de l'inclusion et du développement humain.

▍ Une coopération fondée sur une vision commune Cette convention repose sur une vision partagée du rôle des femmes comme actrices du changement, du développement et de la coopération internationale.

Le Ministère conduit les politiques publiques nationales relatives à la promotion des droits des femmes, à leur autonomisation économique et sociale, au renforcement de leur participation à la vie publique ainsi qu'à la protection des populations en situation de vulnérabilité.

Le Centre International pour la Diplomatie, pour sa part, développe des programmes de formation, de plaidoyer, de diplomatie citoyenne, de coopération internationale et de production de connaissances consacrés notamment au leadership féminin, à la jeunesse, aux droits humains et à la transformation numérique.

Le rapprochement entre ces deux institutions permet de créer un espace de coopération associant expertise publique, innovation sociale et diplomatie citoyenne afin d'accompagner les transformations en cours et de soutenir l'émergence d'une nouvelle génération de femmes leaders.

▍ Accompagner les politiques publiques par le renforcement des capacités L'un des principaux objectifs de cette convention consiste à développer des programmes de renforcement des capacités répondant aux nouveaux besoins des femmes dans un environnement économique, numérique et géopolitique en constante évolution.

Le partenariat prévoit ainsi l'organisation de formations, de conférences, de séminaires, d'ateliers pratiques et de programmes d'accompagnement portant sur des thématiques telles que le leadership, la diplomatie, la gouvernance, le plaidoyer, la communication stratégique, l'entrepreneuriat, la négociation, les politiques publiques, la transformation numérique et l'intelligence artificielle.

L'ambition est de permettre aux participantes de renforcer leurs compétences techniques tout en développant leur capacité à exercer des responsabilités dans les secteurs public, privé, académique ou associatif.

Cette approche s'inscrit pleinement dans la stratégie du Centre consistant à investir dans le capital humain comme facteur essentiel de développement durable.

▍ Renforcer la coopération Sud-Sud Au-delà du contexte national, la convention ouvre des perspectives importantes en matière de coopération africaine.

Le partenariat prévoit le développement d'initiatives destinées à renforcer les échanges entre femmes leaders du Maroc et d'autres pays africains, à favoriser le partage d'expériences et à promouvoir les bonnes pratiques en matière d'autonomisation économique, de participation citoyenne et de leadership.

Cette dimension régionale est particulièrement cohérente avec les engagements africains du Centre, notamment à travers sa participation aux travaux de l'AUDA-NEPAD, aux conférences continentales consacrées aux femmes, à la paix et à la jeunesse, ainsi qu'aux différentes plateformes africaines de dialogue auxquelles il contribue régulièrement.

En favorisant la circulation des connaissances, des expertises et des innovations entre les pays africains, cette coopération participe au renforcement de la diplomatie citoyenne et de la coopération Sud-Sud, désormais identifiées comme des priorités de la Stratégie 2026–2030.

▍ Une convention qui prolonge une dynamique déjà engagée La signature de cette convention ne constitue pas le point de départ de l'engagement du Centre en faveur des droits des femmes ; elle vient consolider une dynamique déjà largement amorcée.

Au cours du premier semestre 2026, le Centre a notamment :

– contribué à l'Académie du Leadership des Femmes à l'Ère du Numérique organisée par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD Maroc) ; – participé au webinaire continental de l'AUDA-NEPAD consacré à la santé et aux droits sexuels et reproductifs des jeunes, en mettant en avant plusieurs initiatives destinées aux jeunes filles africaines ; – soutenu la campagne nationale « Ensemble, participons au développement », portée par le Ministère de la Solidarité, de l'Insertion Sociale et de la Famille, afin de promouvoir la participation des femmes à la vie publique ; – célébré la Journée internationale des femmes dans la diplomatie en réaffirmant la contribution essentielle des femmes à la paix, au dialogue et à la coopération internationale.

Ces différentes initiatives témoignent d'une approche cohérente, fondée sur l'idée que le leadership féminin ne peut être réduit à un seul secteur d'intervention. Il concerne simultanément les politiques publiques, la diplomatie, la gouvernance, l'éducation, l'innovation, la santé, l'entrepreneuriat, les médias et la coopération internationale.

La convention signée avec le Ministère fournit désormais un cadre institutionnel permettant de mieux articuler ces différentes actions et d'en accroître la portée.

▍ Vers un écosystème national de leadership féminin Au-delà des activités prévues dans la convention, cette coopération ouvre la voie à la création d'un véritable écosystème de partenaires mobilisés autour de la promotion du leadership des femmes.

Le Centre entend mettre cette dynamique au service d'une coopération plus étroite entre les institutions publiques, les universités, les collectivités territoriales, les organisations internationales, le secteur privé et les organisations de la société civile afin de favoriser la conception de programmes innovants répondant aux besoins des femmes tout au long de leur parcours.

Une attention particulière sera accordée à l'accompagnement des jeunes femmes, au développement de leurs compétences numériques, à leur accès aux réseaux professionnels, à la promotion de leur participation aux espaces de décision et à leur implication dans les processus de coopération internationale.

En renforçant cette coopération avec le Ministère de la Solidarité, de l'Insertion Sociale et de la Famille, le Centre International pour la Diplomatie confirme son ambition de contribuer activement à l'émergence d'une nouvelle génération de femmes leaders capables de participer pleinement au développement du Maroc, du continent africain et des espaces internationaux.

Convention-cadre avec l'INITA
24.04.20262026

Convention-cadre avec l'INITA

Les transformations technologiques qui marquent le XXIᵉ siècle redéfinissent profondément les modes de gouvernance, les relations internationales, les politiques publiques et les mécanismes de participation citoyenne.

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▍ Convention-cadre avec l'Institut National de l'Innovation et des Technologies Avancées

▍ Signature : 24 avril 2026

▍ L'innovation comme nouveau champ de la diplomatie contemporaine Les transformations technologiques qui marquent le XXIᵉ siècle redéfinissent profondément les modes de gouvernance, les relations internationales, les politiques publiques et les mécanismes de participation citoyenne. L'intelligence artificielle, les technologies numériques, les données massives, la cybersécurité et les plateformes digitales ne constituent plus uniquement des enjeux techniques ; ils influencent désormais la diplomatie, les droits humains, l'économie, l'éducation, la justice, les médias et le développement durable.

Les organisations engagées dans la gouvernance démocratique sont appelées à développer de nouvelles compétences leur permettant d'accompagner ces mutations tout en veillant au respect des principes éthiques, des droits fondamentaux et de l'inclusion numérique.

Conscient de ces évolutions, le Centre International pour la Diplomatie a fait de la transformation numérique et de l'intelligence artificielle un axe transversal de sa Stratégie 2026–2030. La signature d'une convention-cadre avec l'Institut National de l'Innovation et des Technologies Avancées constitue l'une des premières traductions concrètes de cette orientation stratégique.

▍ Une vision commune de l'innovation au service de l'intérêt général Ce partenariat repose sur une conviction partagée : les technologies émergentes doivent être mises au service du développement humain, de la bonne gouvernance et de l'intérêt général.

Alors que l'Institut National de l'Innovation et des Technologies Avancées apporte son expertise scientifique et technologique dans les domaines de l'innovation, de l'intelligence artificielle, des technologies avancées et de la transformation numérique, le Centre International pour la Diplomatie apporte une expertise complémentaire en matière de gouvernance démocratique, de diplomatie citoyenne, de communication stratégique, de droits humains et de renforcement des capacités.

Cette complémentarité permet d'aborder les défis technologiques selon une approche multidisciplinaire intégrant simultanément les dimensions techniques, sociales, juridiques, diplomatiques et éthiques.

Le partenariat traduit ainsi la volonté des deux institutions de dépasser une vision strictement technologique de l'intelligence artificielle pour promouvoir une approche centrée sur l'humain, fondée sur la responsabilité, la transparence et l'inclusion.

▍ Construire un écosystème national d'innovation responsable Au-delà du développement d'activités conjointes, cette convention vise à contribuer à la structuration d'un véritable écosystème national associant chercheurs, universités, institutions publiques, entreprises innovantes, organisations de la société civile et partenaires internationaux.

Les deux institutions se sont engagées à développer des initiatives favorisant la diffusion de la culture de l'innovation, l'accélération de la transformation numérique et le développement de compétences adaptées aux métiers émergents.

La convention prévoit notamment la mise en œuvre de programmes de formation, de séminaires spécialisés, de conférences, de laboratoires d'innovation, d'ateliers pratiques et de plateformes collaboratives destinés à accompagner les jeunes, les femmes, les professionnels et les institutions dans l'appropriation des technologies numériques.

Une attention particulière sera accordée au développement des compétences en intelligence artificielle, en gouvernance numérique, en cybersécurité, en programmation, en innovation sociale et en technologies émergentes afin de préparer les nouvelles générations aux transformations profondes du marché du travail et des politiques publiques.

▍ Une intelligence artificielle au service des droits humains L'une des spécificités de cette convention réside dans la place centrale accordée à l'éthique et aux droits humains.

Le développement rapide des systèmes d'intelligence artificielle soulève des questions majeures relatives à la protection de la vie privée, aux biais algorithmiques, à la discrimination automatisée, à la transparence des décisions, à la responsabilité des concepteurs et à la gouvernance des données.

À travers ce partenariat, le Centre entend contribuer au développement d'approches favorisant une utilisation responsable de ces technologies, conforme aux principes internationaux de protection des droits fondamentaux.

Cette orientation est directement cohérente avec les travaux déjà conduits par le Centre sur l'intelligence artificielle appliquée à la gouvernance associative, aux professions juridiques, aux médias, à la diplomatie numérique et à la lutte contre les biais algorithmiques.

Elle permettra également d'alimenter les futurs travaux de recherche du Centre consacrés à la gouvernance algorithmique, à la diplomatie numérique, à la régulation des plateformes et à l'impact des technologies sur les processus démocratiques.

▍ Développer des solutions numériques à impact social La convention ouvre également la voie au développement de projets pilotes mobilisant les technologies numériques pour répondre à des défis concrets rencontrés par les institutions publiques, les organisations de la société civile et les communautés.

Parmi les domaines identifiés figurent notamment :

– la digitalisation des processus de gouvernance ; – les plateformes de participation citoyenne ; – les outils numériques de renforcement des capacités ; – les solutions d'intelligence artificielle destinées aux organisations de la société civile ; – les technologies favorisant l'accès aux droits et à la justice ; – les outils numériques de sensibilisation et de plaidoyer ; – les applications dédiées au leadership des jeunes et des femmes ; – les solutions de gestion des connaissances et de mémoire institutionnelle.

Cette approche traduit une volonté commune de faire de l'innovation un instrument de transformation sociale plutôt qu'un simple vecteur de modernisation technologique.

▍ Un partenariat au service de la coopération nationale et internationale La convention prévoit également le développement d'initiatives de coopération dépassant le cadre national.

En s'appuyant sur les réseaux internationaux du Centre et sur les compétences techniques de l'Institut, les deux institutions entendent promouvoir des projets susceptibles de favoriser les échanges d'expériences, la coopération Sud-Sud et le développement de partenariats avec des universités, des centres de recherche, des organisations internationales et des acteurs de l'innovation à l'échelle régionale et internationale.

Cette dimension internationale s'inscrit pleinement dans la vocation du Centre à promouvoir une diplomatie de l'innovation capable de rapprocher les expertises scientifiques, les politiques publiques et les priorités du développement durable.

▍ Un partenariat déjà opérationnel Bien que récemment signé, ce partenariat trouve déjà un prolongement dans plusieurs initiatives présentées dans ce rapport.

Les réflexions conduites par le Centre sur l'intelligence artificielle et la gouvernance des associations lors du Forum national de la société civile, sa contribution à l'Académie du Leadership des Femmes à l'Ère du Numérique organisée par le PNUD, les travaux engagés sur les biais algorithmiques dans les médias sportifs, la préparation d'un ouvrage collectif consacré à l'intelligence artificielle et à la gouvernance, ainsi que le développement d'un projet de monitoring des campagnes électorales numériques illustrent la cohérence entre cette convention et les orientations stratégiques déjà mises en œuvre.

Ainsi, cette convention ne constitue pas un partenariat isolé. Elle s'inscrit dans une vision globale qui fait de l'innovation, de l'intelligence artificielle et de la transformation numérique des leviers au service de la gouvernance démocratique, de la diplomatie citoyenne, du développement des compétences et de la coopération internationale.

▍ Première mise en œuvre : préparer les jeunes aux métiers de demain La signature de cette convention a trouvé une traduction immédiate à travers la participation du Centre au lancement officiel du projet « Oasis d'autonomisation des jeunes par les technologies créatives », organisé le 24 avril 2026 par l'Institut National de l'Innovation et des Technologies Avancées, en partenariat avec le Conseil de la Région Casablanca–Settat, la Wilaya de la région, l'Académie Régionale de l'Éducation et de la Formation ainsi que la Direction régionale du Ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication.

À cette occasion, la Présidente du Centre a été invitée à intervenir sur le thème « Intelligence artificielle et métiers du futur », mettant en lumière les profondes transformations du marché du travail induites par les technologies émergentes.

L'intervention a souligné la nécessité d'anticiper l'évolution des compétences, de préparer les jeunes aux nouveaux métiers liés à l'intelligence artificielle, aux données et aux technologies numériques, et de promouvoir une culture de l'innovation, de l'entrepreneuriat, de la pensée critique et de l'apprentissage tout au long de la vie.

En participant à cette initiative, le Centre a réaffirmé sa volonté d'accompagner les politiques nationales de développement des compétences et de contribuer à la préparation des nouvelles générations aux enjeux économiques, sociaux et technologiques de demain.

Cette intervention illustre concrètement la complémentarité entre les missions du Centre et celles de l'Institut National de l'Innovation et des Technologies Avancées, en faisant du partenariat un levier de développement des compétences, d'innovation responsable et d'inclusion numérique.

Convention avec l'Ordre des Avocats de Rabat
07.04.20262026

Convention avec l'Ordre des Avocats de Rabat

Le renforcement de l'État de droit constitue aujourd'hui l'un des fondements essentiels du développement durable, de la stabilité institutionnelle et de la confiance entre les citoyens et les institutions.

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▍ Convention de partenariat avec l'Ordre des Avocats de Rabat

▍ Signature : 7 avril 2026

▍ La justice comme pilier de la gouvernance démocratique Le renforcement de l'État de droit constitue aujourd'hui l'un des fondements essentiels du développement durable, de la stabilité institutionnelle et de la confiance entre les citoyens et les institutions. Au-delà de la seule application des normes juridiques, la justice joue un rôle déterminant dans la protection des droits humains, la prévention des conflits, la promotion de l'égalité devant la loi et la consolidation de sociétés démocratiques capables de répondre aux attentes des citoyens.

Au Maroc, les réformes engagées dans le domaine de la justice au cours des dernières années ont mis en évidence l'importance de développer de nouvelles formes de coopération entre les institutions judiciaires, les professions juridiques, les universités, les organisations de la société civile et les acteurs du développement. La diplomatie citoyenne peut constituer un espace de dialogue permettant de rapprocher les différents acteurs, de favoriser les échanges d'expériences et de contribuer à la diffusion d'une culture des droits humains.

Le Centre International pour la Diplomatie a conclu, le 7 avril 2026, une convention de partenariat avec l'Ordre des Avocats de Rabat, institution de référence dans la défense des libertés fondamentales, de l'accès à la justice et de la promotion de l'État de droit. Cette convention marque une étape importante dans la volonté du Centre de renforcer la dimension juridique de ses programmes et de développer une approche multidisciplinaire de la diplomatie, intégrant pleinement les enjeux liés aux droits humains, à la justice et à la gouvernance démocratique.

▍ Une convergence de missions au service de l'intérêt général Ce partenariat repose sur une convergence naturelle entre les missions des deux institutions.

L'Ordre des Avocats de Rabat œuvre à la défense des droits des justiciables, à la promotion de l'indépendance de la profession d'avocat et au renforcement de l'État de droit. De son côté, le Centre International pour la Diplomatie développe des programmes consacrés aux droits humains, à la gouvernance démocratique, à la diplomatie citoyenne, au dialogue interculturel et au renforcement des capacités.

En réunissant ces expertises complémentaires, les deux institutions ambitionnent de créer une plateforme permanente de coopération permettant de rapprocher les approches juridiques, diplomatiques et citoyennes autour d'objectifs communs.

Cette complémentarité ouvre de nouvelles perspectives pour le développement de programmes interdisciplinaires, dans lesquels le droit n'est plus uniquement envisagé comme un cadre normatif, mais également comme un instrument de prévention des conflits, de promotion de la paix, de dialogue entre les institutions et de consolidation de la cohésion sociale.

▍ Un partenariat structuré autour de plusieurs domaines de coopération La convention établit un cadre de coopération couvrant plusieurs domaines stratégiques.

Les deux institutions se sont engagées à développer conjointement des programmes de formation destinés aux professionnels du droit, aux jeunes juristes, aux étudiants, aux organisations de la société civile et aux acteurs publics.

La coopération prévoit également l'organisation de conférences nationales et internationales, de séminaires spécialisés, d'ateliers pratiques, de cycles de formation continue ainsi que de rencontres scientifiques consacrées aux évolutions contemporaines du droit, de la gouvernance et de la diplomatie.

Une attention particulière sera portée aux thématiques émergentes telles que la justice numérique, la protection des données personnelles, l'intelligence artificielle appliquée au secteur judiciaire, les modes alternatifs de règlement des différends, la médiation, la justice restaurative, la cybersécurité juridique et les nouveaux défis posés par la transformation numérique.

Le partenariat prévoit également la réalisation de travaux de recherche, de publications, de notes stratégiques et d'études destinées à alimenter le débat public sur les évolutions de la justice, des droits humains et de la gouvernance démocratique.

▍ Développer les capacités des nouvelles générations L'un des apports majeurs de cette convention réside dans sa dimension pédagogique.

Le partenariat permettra d'offrir aux jeunes juristes, aux étudiants, aux jeunes chercheurs ainsi qu'aux membres des organisations de la société civile des espaces d'apprentissage favorisant l'acquisition de compétences pratiques dans les domaines du plaidoyer, de la médiation, de la diplomatie juridique, de la communication institutionnelle et de la protection des droits fondamentaux.

Cette orientation s'inscrit pleinement dans la stratégie du Centre visant à investir davantage dans le développement du capital humain et à préparer une nouvelle génération de professionnels capables d'intervenir dans des environnements de plus en plus complexes, où les questions juridiques, technologiques, diplomatiques et sociales sont étroitement liées.

▍ Une contribution à la modernisation de la justice La convention ouvre également des perspectives importantes en matière d'innovation.

Les transformations rapides induites par l'intelligence artificielle, les plateformes numériques, les systèmes automatisés d'aide à la décision et la circulation mondiale des données soulèvent de nouveaux défis pour les professions juridiques.

Le Centre et l'Ordre des Avocats de Rabat entendent développer une réflexion commune sur les implications de ces évolutions pour la profession d'avocat, l'administration de la justice, la protection des droits fondamentaux et la gouvernance des technologies.

Les travaux déjà conduits par le Centre sur l'intelligence artificielle, les biais algorithmiques, la gouvernance numérique et l'éthique des systèmes automatisés constituent une base solide pour le développement d'initiatives communes dans ce domaine, en lien avec les évolutions observées à l'échelle internationale.

▍ Une coopération appelée à évoluer Au-delà des activités prévues dans la convention, ce partenariat constitue une première étape vers la construction d'un réseau plus large associant institutions judiciaires, universités, centres de recherche, organisations internationales et acteurs de la société civile.

Il permettra au Centre de renforcer progressivement son expertise dans les domaines de la diplomatie juridique, de la gouvernance démocratique et de la justice, tout en contribuant au développement d'approches interdisciplinaires répondant aux nouveaux défis posés par la mondialisation, la transformation numérique et l'évolution des attentes des citoyens.

En consolidant les liens entre diplomatie et justice, cette convention illustre la volonté du Centre International pour la Diplomatie de promouvoir des réponses collectives aux enjeux contemporains de l'État de droit, en mobilisant les compétences des différents acteurs au service d'une gouvernance plus inclusive, plus transparente et plus respectueuse des droits humains.

IA et ingénierie de l'influence à Mohammedia
06.04.20262026

IA et ingénierie de l'influence à Mohammedia

Le 6 avril 2026, le Centre a participé à une journée d'étude organisée par la Faculté des Sciences Juridiques, Économiques et Sociales de Mohammedia autour du thème « Intelligence artificielle et ingénierie de l'influence à l'ère numérique ».

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Le 6 avril 2026, le Centre a participé à une journée d'étude organisée par la Faculté des Sciences Juridiques, Économiques et Sociales de Mohammedia autour du thème « Intelligence artificielle et ingénierie de l'influence à l'ère numérique ».

Cette intervention a permis d'apporter un éclairage sur les profondes mutations des écosystèmes de communication à l'ère des plateformes numériques. Le Centre y a développé une réflexion sur le passage d'une influence traditionnelle à une influence désormais largement structurée par les données, les algorithmes et les mécanismes de recommandation des plateformes.

Les échanges ont notamment porté sur le rôle stratégique des données dans la compréhension des comportements, les nouvelles formes de persuasion numérique, les risques liés à la désinformation et à la manipulation de l'opinion publique, ainsi que sur les défis que ces transformations posent à la communication institutionnelle, à la diplomatie publique et à la gouvernance de l'information.

Cette contribution s'inscrit dans les travaux plus larges du Centre consacrés à la diplomatie numérique, aux biais algorithmiques et aux transformations des espaces informationnels.

Leadership féminin : sous-accord avec le ministère de la Solidarité
2026Nouveaux engagements

Leadership féminin : sous-accord avec le ministère de la Solidarité

Après la convention-cadre, l’ICD signe un sous-accord avec le ministère de la Solidarité pour organiser des formations destinées aux jeunes filles sur le leadership féminin à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle.

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Après la convention-cadre, l’ICD signe un sous-accord avec le ministère de la Solidarité pour organiser des formations destinées aux jeunes filles sur le leadership féminin à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle. La signature ouvre une nouvelle étape de coopération ; elle ne constitue pas un bilan de formations déjà réalisées.

Accréditation CNDH pour l’observation électorale indépendante
2026Nouveaux engagements

Accréditation CNDH pour l’observation électorale indépendante

L’ICD obtient l’accréditation du Conseil national des droits de l’Homme pour l’observation indépendante des élections marocaines de 2026, dans le cadre de son engagement pour la gouvernance démocratique et la participation citoyenne.

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L’ICD obtient l’accréditation du Conseil national des droits de l’Homme pour l’observation indépendante des élections marocaines de 2026, dans le cadre de son engagement pour la gouvernance démocratique et la participation citoyenne. Cette annonce concerne l’accréditation, et non des résultats d’observation.

Casablanca : Signature d'un accord de partenariat tripartite pour renforcer la coopération panafricaine en matière de justice, de diplomatie judiciaire et de gouvernance
19.07.20252022–2025

Casablanca : Signature d'un accord de partenariat tripartite pour renforcer la coopération panafricaine en matière de justice, de diplomatie judiciaire et de gouvernance

Le Forum pour le dialogue des magistrats africains, le Centre international de diplomatie et l’École nationale de commerce et de gestion (ENCG) de Casablanca ont signé un accord de partenariat stratégique tripartite, marquant une avancée significative dans l’avancement de la coopération panafricaine dans les domaines…

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Le Forum pour le dialogue des magistrats africains, le Centre international de diplomatie et l’École nationale de commerce et de gestion (ENCG) de Casablanca ont signé un accord de partenariat stratégique tripartite, marquant une avancée significative dans l’avancement de la coopération panafricaine dans les domaines de la justice, de la diplomatie judiciaire et de la gouvernance.

L'accord a été signé lors de la cérémonie de remise des diplômes de la 14ème promotion de l'ENCG Casablanca et reflète un engagement commun à favoriser une collaboration structurée et durable entre les institutions africaines travaillant dans les domaines juridique, diplomatique et de gouvernance.

Ce partenariat rassemble trois institutions de premier plan : le Forum pour le dialogue des magistrats africains, plateforme clé de coopération judiciaire et de dialogue continental ; le Centre international pour la diplomatie, reconnu pour son leadership dans la promotion de la collaboration institutionnelle et diplomatique ; et l'ENCG Casablanca, référence nationale en matière d'enseignement supérieur de commerce et de gestion.

Ensemble, ils visent à renforcer l’intégration des systèmes judiciaires africains et à promouvoir un modèle inclusif et tourné vers l’avenir de développement juridique et institutionnel qui contribue directement à l’unité et au renforcement des capacités du continent.

L'accord est structuré autour de cinq piliers stratégiques. Il s’agit notamment de la création d’une plateforme numérique d’apprentissage à distance pour les instituts de formation juridique africains, conçue pour élargir l’accès à l’éducation juridique et renforcer les compétences professionnelles et techniques des acteurs judiciaires à travers le continent. Le développement de programmes de formation continue adaptés aux magistrats africains est également prévu, avec un accent particulier sur le droit commercial, la diplomatie économique, la médiation et la protection des investissements.

En outre, le partenariat soutiendra l'organisation conjointe de séminaires, de conférences et de forums au sein de diverses communautés juridiques et économiques régionales, notamment l'Organisation pour l'harmonisation du droit des affaires en Afrique (OHADA), l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA/UEMOA), la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et la Communauté de l'Afrique de l'Est (EAC). Les échanges universitaires et la production de publications juridiques ayant un impact continental seront encouragés, contribuant ainsi à la croissance d’une science juridique africaine partagée.

Au cœur de cette initiative se trouve la promotion d’une diplomatie judiciaire préventive, conçue comme un outil de paix, de stabilité et de développement durable sur l’ensemble du continent africain.

Il est important de noter que le partenariat met fortement l’accent sur l’autonomisation des jeunes et des étudiants – notamment par le biais de programmes universitaires et d’opportunités de formation – dans le cadre plus large de la coopération Sud-Sud. En investissant dans la prochaine génération de professionnels du droit et de la gouvernance, l’initiative vise à construire des institutions résilientes et des systèmes inclusifs alignés sur les aspirations à long terme de l’Afrique.

Le Forum pour le dialogue des magistrats africains joue un rôle de premier plan dans cette initiative, réaffirmant son engagement en faveur d’une communauté judiciaire connectée et innovante. Le Centre international de diplomatie apporte sa capacité à mobiliser les acteurs institutionnels et à concevoir des cadres de coopération régionale, tandis que l'ENCG Casablanca apporte son expertise en matière de développement académique et d'ingénierie pédagogique, garantissant la pertinence et la qualité des formations et des contenus délivrés.

Cet accord tripartite reflète une ambition partagée d'établir le Réseau des Magistrats Africains comme point de référence continental pour l'innovation juridique, le renforcement des capacités et la coopération stratégique au service de la justice, de la paix et de la bonne gouvernance.

Le partenariat marocain vise à former une nouvelle génération de défenseurs mondiaux de la paix, des droits et de la diplomatie
19.07.20252022–2025

Le partenariat marocain vise à former une nouvelle génération de défenseurs mondiaux de la paix, des droits et de la diplomatie

Un partenariat inédit a été signé entre trois institutions : l'École nationale de commerce et de gestion de Casablanca (ENCG Casablanca), le Centre international de diplomatie (ICD) et l'Observatoire pour la paix, la démocratie et les droits de l'homme, basé à Genève (IOPDHR-GENEVE).

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Un partenariat inédit a été signé entre trois institutions : l'École nationale de commerce et de gestion de Casablanca (ENCG Casablanca), le Centre international de diplomatie (ICD) et l'Observatoire pour la paix, la démocratie et les droits de l'homme, basé à Genève (IOPDHR-GENEVE). Cet accord tripartite est conçu pour donner aux étudiants, aux professeurs et aux acteurs de la société civile les outils nécessaires pour diriger dans les domaines de la défense des droits de l'homme, de la diplomatie, de la résolution des conflits et de la gouvernance internationale.

Le partenariat reflète une vision audacieuse visant à renforcer la coopération Sud-Sud et Sud-Nord en reliant l'excellence académique à l'expertise de la société civile et à la diplomatie multilatérale. En combinant la force académique de l’ENCG avec les plateformes de diplomatie de la jeunesse de l’ICD et l’expérience mondiale de l’IOPDHR en matière de défense des droits de l’homme, l’initiative cherche à construire un nouvel écosystème de leadership ancré dans la légalité internationale, l’équité et le développement durable.

L'accord comprend la création et le soutien de clubs étudiants au sein de l'ENCG Casablanca axés sur le plaidoyer mondial, les mécanismes de l'ONU, la médiation et la consolidation de la paix. Ces clubs bénéficieront d'un mentorat direct de l'ICD et de l'OIPDHR, garantissant une exposition aux processus diplomatiques du monde réel, y compris les simulations de l'ONU (MUN), la production de rapports parallèles et la participation aux consultations au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies à Genève.

Un élément clé de l'initiative est la promotion du plaidoyer international sur la question du Sahara marocain. Les étudiants et les professeurs seront formés pour s'engager diplomatiquement sur cette priorité nationale dans le cadre du droit international, dans le but de développer une nouvelle génération d'ambassadeurs des droits de l'homme et de voix crédibles des jeunes sur la scène mondiale.

L'OIDPDH-GENEVE apporte à la table son travail approfondi en matière de surveillance internationale, de recherche juridique et de plaidoyer diplomatique, en particulier dans les contextes MENA, Sahel et Union africaine. Sa contribution se concentrera également sur le renforcement de la résilience en réponse aux crises humanitaires, le lien climat-paix et la gouvernance inclusive dans les régions fragiles.

L'ICD, quant à elle, déploiera ses programmes phares, tels que YouthLead AfricaNextGen, OutspokenGirls, Peace1325 et ICD Policy Hub, pour canaliser le potentiel des étudiants vers un engagement mondial structuré. Ces programmes sont conçus pour renforcer le leadership, les compétences en négociation multilatérale et l’innovation civique en Afrique et dans la diaspora.

L'ENCG Casablanca agira à la fois comme une plateforme et un incubateur, offrant un soutien institutionnel et un espace académique pour toutes les activités, tout en intégrant ces initiatives dans la vision stratégique de l'école en matière d'internationalisation, de citoyenneté responsable et d'entreprise respectueuse des droits de l'homme.

Le partenariat fait non seulement progresser la collaboration entre les universitaires et la société civile, mais souligne également l’engagement du Maroc à former de futurs dirigeants capables de contribuer de manière significative aux débats politiques mondiaux. Avec des priorités transversales telles que l’égalité des sexes, la paix et la sécurité, la résilience climatique et le droit au développement, cette initiative positionne Casablanca comme un nœud émergent du leadership éclairé et de l’action transnationale.

Réforme du code de la famille : un nouveau chapitre pour la famille et la justice au Maroc
2022–20252022–2025

Réforme du code de la famille : un nouveau chapitre pour la famille et la justice au Maroc

Sous l'impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Maroc s'apprête à réformer une nouvelle fois la Moudawana (Code de la famille).

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CONCENTRATION

Sous l'impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Maroc s'apprête à réformer une nouvelle fois la Moudawana (Code de la famille). Cette révision reflète l’engagement du Royaume à répondre aux changements sociaux tout en renforçant les droits fondamentaux. Cela représente également un tournant décisif dans la construction d’une société plus juste et équitable, qui respecte les droits des femmes et des enfants conformément aux normes internationales. Voici les mesures clés de cette réforme ambitieuse.

Nouveau tournant deux décennies après la réforme historique de 2004, le Maroc s'apprête à franchir une nouvelle étape majeure avec la révision de son Code de la famille, la Moudawana, conformément aux Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Cette initiative, saluée par les experts tant nationaux qu'internationaux, marque une avancée significative dans l'évolution du droit de la famille. Il renforce les droits des femmes et des enfants tout en modernisant les procédures judiciaires. Respectueux des principes de l'Islam, ce processus a reçu l'approbation du Conseil suprême des Oulémas, garantissant sa pleine conformité aux préceptes de la charia.

Une commission a été créée pour rédiger les textes législatifs et superviser la réforme.

Une réforme centrée sur l’autonomisation des femmes marocaines

La réforme de la Moudawana reflète l’engagement du Maroc à construire une société plus juste et plus équitable, où les droits des femmes et des enfants sont non seulement respectés mais activement protégés.

L’une des avancées majeures est la reconnaissance officielle du travail domestique comme une contribution économique à part entière. En cas de divorce, cette reconnaissance garantit que le travail non rémunéré des femmes est pris en compte lors du partage des biens acquis pendant le mariage, leur offrant ainsi une plus grande protection économique.

La réforme aborde également la question sensible de la polygamie. Les femmes pourront désormais insérer explicitement dans leur contrat de mariage une clause s’opposant à la polygamie. A défaut d'une telle clause, la polygamie ne sera autorisée que dans des circonstances exceptionnelles, comme l'infertilité ou une maladie grave de la première épouse, et seulement après validation judiciaire. Cela garantit une approche plus équilibrée et respectueuse des droits des femmes.

La société civile a largement salué ces avancées, les considérant comme essentielles pour protéger les femmes et favoriser leur épanouissement au sein de la famille.

Protection de l'enfance : une priorité absolue

La réforme de la Moudawana place les droits et le bien-être des enfants au cœur de ses priorités, faisant de leur protection une exigence fondamentale. Cela démontre l’engagement du Royaume à construire une société plus juste et protectrice.

La garde des enfants est désormais définie comme un droit partagé entre les deux parents, favorisant une implication équitable de chacun dans l’éducation et le développement de leurs enfants, même après le divorce.

Une autre innovation importante attribue le domicile familial au parent gardien et aux enfants, assurant ainsi un milieu de vie stable et familier essentiel à leur développement.

La réforme aborde également la question des mariages précoces tout en respectant les réalités culturelles et sociales du Maroc. L'âge légal du mariage pour les filles reste fixé à 18 ans, conformément aux normes internationales. Toutefois, une dérogation à 17 ans peut être accordée dans des cas particuliers, strictement réglementés par la loi et soumis à l'approbation judiciaire. Les juges doivent s'assurer que toutes les conditions garantissant l'intérêt supérieur de la jeune fille sont réunies avant d'accorder une telle exception.

Moderniser les procédures et améliorer l’accès à la justice familiale

La modernisation des procédures figure également parmi les principales avancées de la réforme Moudawana, dans le but de rendre la justice familiale plus accessible et plus efficace.

Une innovation majeure est la création d'un organisme de médiation obligatoire, destiné à encourager la résolution à l'amiable des conflits conjugaux avant qu'ils ne parviennent aux tribunaux. Cette approche réduit les tensions et les coûts liés aux procédures judiciaires.

Dans le même temps, la numérisation des procédures, telles que les notifications et enregistrements électroniques, simplifiera et accélérera le traitement des dossiers. Ces innovations allégeront la charge des tribunaux et garantiront une plus grande transparence dans les procédures administratives.

Les délais de traitement des affaires de divorce et de garde des enfants seront également considérablement réduits, avec une limite maximale de six mois fixée pour les décisions.

La réforme prend également en compte les réalités de la diaspora marocaine, estimée à plus de 5 millions de personnes. Des mesures spécifiques ont été mises en place, comme la reconnaissance des mariages sans témoins musulmans en cas de contraintes locales, illustration de la capacité d’adaptation du Maroc aux défis contemporains.

Conclusion : un pas en avant audacieux

Avec cette réforme, le Maroc réaffirme son engagement en faveur de l'équité, de la justice sociale et du respect des droits de l'homme, tout en restant fidèle à ses valeurs culturelles et religieuses.

Une commission dédiée a été chargée de rédiger les textes législatifs pour mettre en œuvre la réforme. Une fois adoptée, cette révision redéfinira profondément les fondements de la famille marocaine et renforcera la position du Royaume comme modèle de progrès social dans la région.

Les voix des jeunes filles sont portées à la table : l’ICD présente un mémo de réforme à la Commission royale du Maroc
2022–20252022–2025

Les voix des jeunes filles sont portées à la table : l’ICD présente un mémo de réforme à la Commission royale du Maroc

Le 15 novembre 2023, le Centre international de diplomatie (ICD) a été reçu par la Commission royale chargée de réformer le Code de la famille marocain.

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Le 15 novembre 2023, le Centre international de diplomatie (ICD) a été reçu par la Commission royale chargée de réformer le Code de la famille marocain. La réunion, qui s'est tenue à l'Académie du Royaume à Rabat, a réuni de hauts responsables du pouvoir judiciaire, du gouvernement et des institutions religieuses. Parmi les personnes présentes figuraient le président de la Cour de cassation et le président délégué du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire ; le procureur général du Roi près la Cour de cassation et président du parquet ; le Ministre de la Justice ; le Ministre de la Solidarité, de l'Inclusion sociale et de la Famille ; et un représentant du Conseil suprême des oulémas.

L'ICD était représenté par sa présidente, sa vice-présidente, son secrétaire général, son secrétaire général adjoint et une bénéficiaire du projet ICD, qui ont porté et représenté les voix des jeunes filles de la délégation.

Un mémo ancré dans une large consultation

Au cours de la réunion, l'ICD a présenté une note complète reflétant les résultats de trois consultations nationales impliquant plus de 220 participants. Parmi eux figuraient 100 jeunes, 135 femmes, des personnes handicapées, des migrants d'Afrique subsaharienne et des représentants de 57 institutions publiques. L’objectif était de garantir que les propositions étaient inclusives, fondées sur des preuves et reflétaient l’évolution de la réalité sociale du Maroc.

La présidente de l'ICD a exprimé sa gratitude pour l'opportunité de contribuer à ce processus historique. Elle a souligné que la réforme du Code de la famille n’est pas seulement une question d’ajustement juridique mais aussi de protection des droits des femmes, de préservation de la dignité des hommes et de sauvegarde de l’intérêt supérieur des enfants.

Recommandations clés

La note mettait en évidence plusieurs priorités :

• Mariage d'enfants : l'ICD a appelé à l'abrogation des articles 20 et 21 du Code de la famille, qui autorisent les juges à autoriser les mariages d'enfants. Il soutenait que les filles avaient leur place à l’école et que ni la pauvreté ni la vulnérabilité ne devraient justifier le mariage précoce. Là où des exceptions subsistent, l'ICD a préconisé des critères stricts, des évaluations médicales et psychologiques obligatoires et une vérification par le biais de systèmes d'identité nationaux pour prévenir les abus.

• Tutelle et garde : l'ICD a recommandé que le remariage d'une mère ne mette pas automatiquement fin à son droit de garde, garantissant ainsi la parité avec les pères. Il plaide en outre pour l'autorité parentale conjointe pendant le mariage et après le divorce, en mettant l'accent sur la responsabilité partagée en matière d'éducation, de santé, d'obligations financières et de décisions de voyage.

• Garde partagée après un divorce : Le Code de la famille actuel ne prévoit pas de garde partagée. L’ICD a proposé une réglementation claire pour garantir le bien-être des enfants tout en reconnaissant les droits des deux parents, y compris dans les cas impliquant des enfants ou des parents handicapés.

• Droits des personnes handicapées : L'ICD a souligné la nécessité de procédures spéciales pour garantir l'égalité d'accès à la justice, telles que des traducteurs certifiés, des documents en braille et des signaux visuels. Il propose également de reconnaître la participation active des personnes handicapées à la prise de décision aux côtés de leurs représentants légaux.

• Marocains de l'étranger et résidents étrangers : l'ICD a abordé les défis juridiques auxquels sont confrontées les femmes et les filles marocaines à l'étranger, appelant à des réformes de l'article 14 pour aligner les procédures de mariage sur les normes administratives locales. Il recommande également d'inclure les migrants sans papiers, les réfugiés et les apatrides dans le Code de la famille s'ils choisissent la loi marocaine.

Pourquoi ce processus est important

La réforme du Code de la famille est l'une des initiatives juridiques les plus importantes au Maroc depuis l'adoption de la Moudawana de 2004. Elle affecte directement la vie quotidienne de millions de femmes, d’hommes et d’enfants marocains, façonnant la stabilité familiale, les droits d’héritage, l’autorité parentale et la protection contre les pratiques néfastes telles que le mariage des enfants.

En intégrant les voix des femmes, des jeunes, des personnes handicapées et des migrants, ce processus crée un précédent pour l’élaboration de politiques inclusives au Maroc. Cela démontre également l’engagement du pays à équilibrer son identité religieuse, culturelle et nationale avec ses obligations internationales en matière de droits de l’homme et d’égalité des sexes.

Alors que le Maroc se positionne comme un leader régional en matière de réformes sociales et juridiques, le succès de ce processus pourrait servir de modèle à d’autres pays africains et arabes aux prises avec des questions similaires de tradition, de modernité et d’égalité.

Un pas vers une réforme inclusive

La participation de la jeune bénéficiaire du projet ICD, représentant les voix des filles, a marqué un moment historique. Il a veillé à ce que les personnes les plus touchées par les pratiques discriminatoires soient directement entendues dans le processus de réforme. En présentant cette note, l’ICD a renforcé le principe selon lequel la réforme du Code de la famille marocain doit être inclusive, équitable et alignée à la fois sur les valeurs nationales et sur les engagements internationaux.

L'innovation par l'art : l'Idéathon marocain apporte de nouvelles approches en matière d'égalité des sexes
2022–20252022–2025

L'innovation par l'art : l'Idéathon marocain apporte de nouvelles approches en matière d'égalité des sexes

Rabat, Maroc – Le 11 octobre 2023, une initiative révolutionnaire à Rabat a redéfini la manière dont des questions sociales complexes peuvent être communiquées, en mêlant créativité, technologie et plaidoyer.

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Rabat, Maroc – Le 11 octobre 2023, une initiative révolutionnaire à Rabat a redéfini la manière dont des questions sociales complexes peuvent être communiquées, en mêlant créativité, technologie et plaidoyer. Le Centre international de diplomatie (ICD), en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), a organisé un Idéathon sur les droits des filles et la masculinité positive, transformant l'art en un outil puissant de réforme juridique et sociale.

Les arts comme nouveau langage de plaidoyer

Organisé à l'Hôtel Farah, l'Idéathon a offert aux jeunes une plateforme innovante pour exprimer leur point de vue sur l'égalité des sexes. Au lieu de s’appuyer uniquement sur des méthodes de plaidoyer traditionnelles, le programme a utilisé la peinture, la caricature et la narration numérique pour explorer des questions urgentes telles que la réforme du Code de la famille et du Code pénal marocains.

Des artistes marocains de renom, le caricaturiste Abdellah Derkaoui et le peintre Aziz El Merbouh, ont guidé les jeunes, transformant des discussions abstraites sur les droits en toiles vibrantes et illustrations pointues. Chaque œuvre d’art est devenue un canal pour des concepts complexes – droits au mariage, stéréotypes médiatiques et violence sexiste – traduits en visuels qui engagent à la fois l’esprit et les émotions.

Faire le pont entre connaissances et créativité

L'Idéathon ne s'est pas arrêté aux ateliers artistiques. Il a également accueilli des panels d'experts, dont une présentation du juge Anass Saadoune sur les défis juridiques du Code de la famille, et une intervention de la journaliste Nawal El Gourari sur la représentation des femmes dans les médias. En combinant connaissance juridique et interprétation artistique, l'événement a créé un pont entre les connaissances techniques et la créativité des jeunes.

Ce modèle hybride de droit, d'art et de médias a fourni aux participants à la fois le fondement factuel et les moyens créatifs pour recadrer les débats sociétaux, rendant les discussions juridiques difficiles plus accessibles au public.

De la toile à l'espace numérique

L'innovation s'est étendue au-delà des ateliers. Les œuvres sélectionnées ont été présentées lors d'une grande exposition publique au Théâtre National Mohammed V du 1er au 7 décembre 2023, coïncidant avec les 16 jours d'activisme contre

Violence basée sur le genre et 75e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Pour garantir une plus grande portée, les organisateurs ont également lancé un livret d'art virtuel, partagé sur les réseaux sociaux, donnant à l'initiative une empreinte numérique. Cette utilisation de la technologie a amplifié les voix des jeunes artistes, transformant leurs toiles locales en messages mondiaux.

La jeunesse au cœur du changement

Pour les dix jeunes artistes participants, l’expérience était plus qu’une compétition ; c'était un incubateur de transformation sociale. Grâce au mentorat d’artistes reconnus, ils ont appris à canaliser leurs émotions et leurs convictions dans des récits visuels qui remettent en question les stéréotypes et inspirent le changement.

Chaque œuvre d’art est devenue à la fois un témoignage et un appel à l’action, incarnant la conviction que l’art n’est pas seulement esthétique mais aussi un moteur de justice, d’égalité et d’inclusion.

Un modèle pour le futur plaidoyer

En fusionnant innovation artistique, outils numériques et connaissances d’experts, l’Idéathon a démontré une nouvelle façon d’engager les communautés dans un dialogue sur des questions sensibles et complexes. Il a montré que lorsque les jeunes disposent d’un espace pour s’exprimer de manière créative, ils peuvent éclairer les voies de réforme qui trouvent un profond écho dans la société.

Alors que le Maroc débat de réformes clés pour garantir l’égalité des jeunes filles, cette initiative fait office de modèle : transformer la créativité en plaidoyer et le plaidoyer en changement durable.

L'ICD préconise des réformes du droit pénal pour renforcer la protection des jeunes filles
2022–20252022–2025

L'ICD préconise des réformes du droit pénal pour renforcer la protection des jeunes filles

Des représentants des secteurs gouvernementaux, des experts juridiques et des acteurs de la société civile se sont réunis à Rabat pour une conférence consultative nationale consacrée aux droits des jeunes filles en matière de justice pénale.

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ART

Des représentants des secteurs gouvernementaux, des experts juridiques et des acteurs de la société civile se sont réunis à Rabat pour une conférence consultative nationale consacrée aux droits des jeunes filles en matière de justice pénale. L'événement, organisé par le Centre international de diplomatie (ICD) en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), a fourni une plateforme pour débattre des réformes du Code pénal et du Code de procédure pénale tout en soulignant la nécessité urgente de mieux protéger les jeunes filles contre la violence, la discrimination et l'accès inégal à la justice.

La conférence visait à enrichir le débat public sur les réformes législatives en cours au Maroc, en veillant à ce que les droits spécifiques des jeunes filles ne soient pas négligés. Il visait également à sensibiliser davantage à la nécessité de renforcer les protections en droit et en pratique, en particulier dans le contexte des prochaines réformes de la législation pénale.

Dans son discours d'ouverture, Karima Rhanem, présidente de l'ICD, a souligné que les droits des filles sont indivisibles et doivent être abordés de manière holistique. Elle a noté qu'il n'est pas possible de légiférer séparément pour chaque sous-groupe mais plutôt de créer des lois qui répondent à des besoins partagés tout en garantissant un accès égal à la justice pour tous. Elle a également attiré l'attention sur la montée de nouvelles formes de violence, notamment la cybercriminalité, soulignant la nécessité de lois et de politiques qui évoluent en fonction des évolutions technologiques.

De son côté, Jamal Shimi, chef du département d’autonomisation des femmes au ministère de la Solidarité, de l’Intégration sociale et de la Famille, a rappelé que la Constitution de 2011 a jeté les bases d’une nouvelle génération de réformes. Il a souligné l'importance de la loi 103.13 relative à la lutte contre les violences à l'égard des femmes et a réaffirmé l'engagement du ministère à mettre en œuvre la Déclaration de Marrakech et ses protocoles territoriaux pour la prise en charge des victimes de violences.

Hassan Hmina, directeur du contrôle judiciaire à la Délégation générale à l'administration pénitentiaire et à la réinsertion, a évoqué l'approche de l'institution envers les jeunes détenues, en particulier les mineures, soulignant les garanties de protection conformes aux normes internationales telles que les Règles de Pékin et les Lignes directrices de Riyad. Il a cité des programmes comme « Seeds of Values ​​», conçus pour favoriser la réflexion éthique et la croissance personnelle des jeunes incarcérés dans le cadre des efforts de réintégration.

La première séance plénière, animée par le professeur Said Khoumri, chef du département de droit public et de sciences politiques à la faculté de droit de Mohammedia, a porté sur l'analyse du cadre juridique et normatif régissant l'accès des jeunes filles à la justice. Les discussions ont mis en évidence les progrès réalisés dans la lutte contre la violence à l'égard des femmes, l'intégration des principes de santé reproductive et la lutte contre les pratiques néfastes telles que le mariage des enfants. Les experts ont également souligné la persistance des barrières culturelles et des stéréotypes bien ancrés qui continuent d’entraver le progrès.

Les contributions du Conseil économique, social et environnemental, présentées par Mohamed Abdessadek Essaidi, membre, ont souligné l'importance de lutter contre le mariage des enfants, le harcèlement sexuel et la violence sexiste, tout en examinant les recommandations visant à faire progresser l'égalité des sexes et à réformer le droit de la famille. Me Atika Ellouaziri, avocat au barreau de Rabat, a souligné les incohérences dans les protections procédurales pénales des jeunes filles, alors que

Mohamed El Ghali, doyen de la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales d'El Kelâa des Sraghna, a mis l'accent sur les obstacles culturels qui minent les réformes institutionnelles.

La deuxième session, animée par Me Aïcha Lakhmas, a porté sur les projets de réforme pénale sous l’angle des droits des jeunes filles. Les interventions ont comblé les lacunes en matière d’autonomisation juridique, d’accès à la justice et de mécanismes de soutien aux victimes. La juge Lamia Obouzzour a souligné l'importance de renforcer le cadre juridique pour permettre aux filles de déposer plainte en toute sécurité, tandis que la magistrate Fatima Ougadoum, présidente de chambre à la Cour d'appel de Casablanca, a appelé à une justice adaptée aux enfants, notamment aux jeunes femmes détenues.

Les points de vue de la société civile étaient fortement représentés. Hayat Ndichi, militante de la Coalition Printemps de la Dignité, a souligné les obstacles culturels et sociaux qui continuent de priver les filles d'un accès égal à la justice. Le juge et défenseur des droits Anas Sadoun a souligné la nécessité de mécanismes de justice réparatrice pour restaurer la dignité des victimes. D'autres experts, comme Mohamed Habib de l'Association nationale d'assistance sociale dans le secteur judiciaire, ont souligné le rôle crucial du travail social judiciaire pour soutenir les filles devant les tribunaux et les protéger contre des préjudices supplémentaires.

La conférence s'est terminée par deux ateliers thématiques. La première a examiné la réalité juridique des droits des jeunes filles au Maroc par rapport aux normes internationales. Le second visait à surmonter les obstacles procéduraux du système de justice pénale et proposait des stratégies pratiques de réforme, notamment des moyens de renforcer les mécanismes de protection des victimes et de créer des voies d'accès à la justice plus accessibles.

Cette consultation nationale faisait partie de la première phase du projet de l'ICD « La voix des filles dans les réformes législatives et politiques », lancé en 2023, qui vise à renforcer la protection des jeunes filles contre la discrimination et la violence en renforçant les lois et en promouvant la sensibilisation et la responsabilité.

En plus de la conférence, l'ICD a organisé une série de réunions de plaidoyer et a présenté son mémorandum sur les réformes du droit pénal au ministère de la Justice, à diverses institutions nationales et aux médias, appelant à un cadre juridique plus solide garantissant une protection égale et un accès à la justice pour toutes les jeunes filles.

Entretien avec Dr Anas Saadoun, membre du Club des Juges Marocains
2022–20252022–2025

Entretien avec Dr Anas Saadoun, membre du Club des Juges Marocains

Dr Anas Saadoun, membre du Club des Juges Marocains estime que même s'il existe une disparité entre les pays africains, où certains pays ont pu obtenir des résultats positifs en matière d'autonomisation des jeunes filles, on constate toujours la persistance de mentalités conservatrices qui conduisent à exposer les…

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Dr Anas Saadoun, membre du Club des Juges Marocains estime que même s'il existe une disparité entre les pays africains, où certains pays ont pu obtenir des résultats positifs en matière d'autonomisation des jeunes filles, on constate toujours la persistance de mentalités conservatrices qui conduisent à exposer les filles aux dangers du mariage précoce, de l'abandon scolaire et de la violence à l'égard des filles, augmentant ainsi leur vulnérabilité à la discrimination dans divers domaines, y compris les lois, coutumes et pratiques inéquitables.

Pour lui, il est nécessaire de revoir les lois pénales qui ne criminalisent pas encore les diverses formes de violence contre les filles, ni ne justifient le recours à la violence dans le cadre des crimes dits d'honneur.

Il pense également qu’il faut prêter attention à l’alignement des lois pour garantir que les lois nationales soient conformes aux normes internationales des droits de l’homme et garantissent la protection des femmes contre toutes les formes de violence et d’attaques, ainsi que les besoins des femmes et des filles, en particulier pendant les conflits armés.

Un entretien avec DR. ANAS SAADOUN, membre du Club des Juges Marocains

Comment voyez-vous la situation des droits des filles sur le continent africain, notamment en

Le Maroc ?

La situation des filles sur le continent africain a connu des progrès remarquables grâce au développement de pratiques conventionnelles dans un certain nombre de pays africains, dont beaucoup ont pu obtenir des résultats positifs dans la consolidation de l'égalité des sexes, malgré les défis auxquels ils sont confrontés. La situation des filles marocaines, quant à elle, a connu un changement considérable, grâce à l'adoption de la Constitution de 2011 et aux réformes législatives et institutionnelles que le Maroc a connues au cours de la dernière décennie, notamment l'adoption du Code de la famille, du Code de la nationalité, de la loi relative à la lutte contre les violences à l'égard des femmes et de la loi relative à la lutte contre la traite des êtres humains, sans négliger les efforts déployés pour faire progresser l'éducation des filles et leur accès aux droits en matière de santé reproductive.

Quels sont les défis qui empêchent les filles africaines de jouir pleinement de leurs droits ?

Les filles africaines sont confrontées à plusieurs défis qui limitent la pleine jouissance de leurs droits, principalement les conflits armés, le changement climatique et l'insécurité alimentaire, faisant de certaines parties du continent africain un foyer de violations contre les filles. L’instabilité conduit à des déplacements forcés et à des crises humanitaires, qui affectent toutes deux de manière disproportionnée les femmes et les filles.

Bien qu’il existe une disparité entre les pays africains, où certains pays ont réussi à obtenir des résultats positifs en matière d’autonomisation des jeunes filles, nous constatons toujours la persistance de mentalités conservatrices qui conduisent à exposer les filles aux dangers du mariage précoce, de l’abandon scolaire et de la violence à l’égard des filles, augmentant ainsi leur vulnérabilité à la discrimination dans divers domaines, y compris les lois, coutumes et pratiques inéquitables.

Quels sont les amendements juridiques les plus importants qui doivent être adoptés afin de protéger les droits des filles ? L’approche juridique seule est-elle suffisante ?

Il existe de nombreuses lois réglementant le statut juridique des jeunes filles dans les domaines du statut personnel, de la nationalité, de l'état civil et du droit pénal. Afin de faire progresser la condition des filles africaines, il est nécessaire d’éliminer diverses formes de discrimination à leur encontre, y compris la discrimination juridique, qui constitue une porte d’entrée importante pour protéger les droits des filles. À cet égard, il est nécessaire de revoir les lois pénales qui ne criminalisent pas encore diverses formes de violence contre les filles, ni ne justifient le recours à la violence dans le cadre des crimes dits d’honneur. Les lois devraient également encourager l'éducation des filles, car l'éducation est un levier d'autonomisation économique, contribuant à mettre fin aux mariages d'enfants et aux mariages forcés. Malgré l'importance de l'approche juridique, elle n'est pas suffisante, car elle n'atteindra pas les résultats souhaités si elle n'est pas accompagnée de politiques publiques efficaces qui prennent en compte la dimension de genre, en plus de travailler sur les mentalités afin de créer un environnement social respectueux des droits des filles en tant que partenaire du développement.

Les filles africaines sont confrontées à plusieurs défis qui limitent la pleine jouissance de leurs droits, principalement les conflits armés, le changement climatique, l'insécurité alimentaire, le fait de faire partie du monde.

Le continent africain, foyer de violations contre les filles

En termes de législation comparée en matière de justice familiale et pénale en relation avec les droits des femmes et des filles, quelles sont les meilleures pratiques et la jurisprudence juridique et religieuse les plus importantes qui peuvent être utilisées dans les pays africains ?

De nombreux pays européens ont obtenu des résultats positifs en matière d'autonomisation des femmes et des filles et ont révisé les lois qui limitent leur autonomisation. Les États membres de l'Union africaine, tels que le Rwanda, la Namibie, l'Afrique du Sud et le Sénégal, comptent parmi les dix pays au monde ayant le plus haut niveau de représentation des femmes dans leurs parlements. D'autres pays, comme l'Éthiopie, ont atteint pour la première fois un gouvernement égalitaire, avec une représentation de cinquante pour cent (50 %) de femmes. Seize (16) États membres ont dépassé de 30 pour cent le seuil de représentation des femmes dans les parlements nationaux, avec des progrès significatifs dans la promotion de la participation des femmes aux postes électifs et aux postes de direction. Le Ghana, Madagascar, le Mozambique, le Burkina Faso, l’Éthiopie, le Libéria et le Mali ont considérablement réduit l’écart entre les sexes en termes d’accès à l’éducation et de réussite scolaire.

Le mariage des enfants, malgré les efforts visant à le freiner, reste un dilemme sur le continent africain. La Sierra Leone a récemment adopté une loi interdisant le mariage des enfants. Pensez-vous que les pays africains devraient prendre une mesure aussi historique et audacieuse et abolir les exceptions ? En effet, le mariage des enfants constitue un dilemme dans la plupart des pays du continent africain, et les organisations internationales ont déjà tiré la sonnette d’alarme sur l’exacerbation de ce phénomène et ses effets désastreux sur les jeunes filles. Dans un récent rapport de la Banque mondiale sur les effets économiques du mariage des enfants, elle confirme qu'au cours des trente dernières années, le mariage des enfants a diminué dans de nombreux pays, mais qu'il reste très élevé. Dans un groupe de 25 pays analysés en détail, au moins une femme sur trois était

Les États membres de l'Union africaine, tels que le Rwanda, la Namibie, l'Afrique du Sud et le Sénégal, comptent parmi les dix pays au monde ayant le plus haut niveau de représentation des femmes mariées avant l'âge de 18 ans dans leurs parlements, et une femme sur cinq donne naissance à son premier enfant avant l'âge de 18 ans. Familles. Je crois que l'intervention législative est importante pour faire face à ce phénomène, mais elle doit être accompagnée de politiques publiques d'accompagnement, notamment dans le domaine de l'éducation.

Pourquoi pas d’autres types de mariage d’enfants, comme le mariage moyennant la fourniture d’un chèque bancaire ou d’un contrat. N'est-ce pas considéré comme de la traite des êtres humains, que dit la loi et comment pouvons-nous éliminer ces phénomènes d'un point de vue juridique et social ?

Au Maroc, le Code de la famille fixe l'âge du mariage à 18 ans, mais il ouvre une exception pour les parents souhaitant marier leurs enfants, en obtenant l'autorisation du tribunal, après s'être assurés de l'intérêt de l'enfant au mariage et après avoir effectué une recherche sociale ou une expertise médicale. Pourtant, avec la rigueur de certains tribunaux dans l'application de cette exception, certaines familles échappent à la procédure judiciaire et ont recours à la conclusion d'un mariage coutumier en Fatiha (récitation de l'ouverture du Coran), et même de nouvelles formes de mariage coutumier ont été inventées, comme le contrat, par lequel le père épouse sa fille en échange de l'obtention d'un aveu de dette ou d'un chèque du mari, qui est conservé jusqu'à ce que la fille atteigne la majorité légale. Par conséquent, le mari ne documente pas le contrat de mariage et le père ne le soumet pas non plus à la justice.

Bien que la loi marocaine visant à lutter contre les violences faites aux femmes criminalise le mariage forcé, le nombre de plaintes déposées contre celui-ci devant les tribunaux marocains est quasiment inexistant.

Le continent africain connaît des guerres civiles qui ont entraîné le déplacement de millions de jeunes filles qui ont été soumises à une forme de violence sexiste, de viol et de harcèlement sexuel. Quelles sont les garanties pour protéger les droits des filles pendant la guerre ?

À mon avis, tous les États doivent respecter pleinement leurs obligations au titre du Protocole de Genève de 1925 et des Conventions de Genève de 1949, ainsi que d'autres instruments du droit international relatifs au respect des droits de l'homme pendant les conflits armés, qui offrent d'importantes garanties pour la protection des femmes et des enfants. Il convient donc de veiller à ce que les lois nationales soient conformes aux normes internationales en matière de droits de l'homme et garantissent la protection des femmes contre toutes les formes de violence et d'attaques, et les besoins des femmes et des filles pendant les conflits armés doivent être pris en compte grâce à la participation des États à l'élaboration de plans d'action nationaux pour les femmes et la paix en application de la résolution no 1325 (2000) du Conseil sur les femmes, la paix et la sécurité. Renforcer la capacité des femmes dans tous les domaines à faire face aux menaces émergentes dans un environnement régional et international de plus en plus complexe.

Le continent africain est confronté à de nombreuses catastrophes naturelles provoquées par le changement climatique. Le Maroc a été témoin du tremblement de terre d'El Haouz et de diverses inondations, quels sont les défis juridiques et sociaux liés à la protection des droits des filles lors de catastrophes naturelles et ce qui peut être modifié sur le plan législatif, politique et procédural.

Les filles sont confrontées à de nombreux défis lors de catastrophes naturelles, où elles sont plus vulnérables aux risques d'abandon scolaire et de mariage précoce, et sont exposées au harcèlement sexuel et à d'autres actes de violence, ce qui nécessite que les réformes législatives à venir abordent ce sujet, en abolissant l'exception autorisée pour le mariage des enfants, en criminalisant tout mariage illégal des filles et en criminalisant toutes les formes de violence contre les femmes avec des sanctions plus sévères si elles sont commises pendant des périodes de crise et de catastrophe humanitaire, comme cela devrait être le cas. L'actualisation de la Stratégie nationale de gestion des risques et catastrophes naturelles 2020-2030 du Maroc, est essentielle pour assurer la mise en œuvre de l'approche des droits des jeunes filles et l'implication des associations actives dans le domaine.

Justice familiale : les médias au cœur du combat des femmes pour l’égalité
2022–20252022–2025

Justice familiale : les médias au cœur du combat des femmes pour l’égalité

En mettant en lumière des histoires et des témoignages inspirants de femmes défendant leurs droits, les médias jouent un rôle clé en mettant en valeur leur lutte pour la justice et en déconstruisant les stéréotypes qui alimentent les pratiques néfastes.

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En mettant en lumière des histoires et des témoignages inspirants de femmes défendant leurs droits, les médias jouent un rôle clé en mettant en valeur leur lutte pour la justice et en déconstruisant les stéréotypes qui alimentent les pratiques néfastes.

Mais les médias ne sont pas les seuls à devoir s’engager dans l’effort de promotion de l’équité au sein de la famille et des valeurs d’égalité.

Alors que le Maroc s'apprête à adopter une deuxième réforme du Code de la famille, après celle de 2004, le principe de l'équité familiale est plus que jamais d'actualité. Il s’agit de garantir les droits des individus, en particulier des femmes et des enfants. Mais au-delà du droit, force est de reconnaître que l’engagement de toutes les parties prenantes, notamment des médias, reste fondamental pour promouvoir et faire respecter ce principe.

C'est le point de vue défendu par Sidi Ahmed El Alami, journaliste et expert en politique publique, lors d'un atelier de formation organisé le 20 septembre à Casablanca sur le thème : « Médias et justice familiale : rôles, influence, éthique ».

La violence numérique ciblant les femmes : pièges, risques et conseils

Au Maroc, la violence basée sur le genre facilitée par la technologie (TFGBV) est devenue une préoccupation majeure. Ces formes de violence prennent de multiples formes et entraînent de graves conséquences pour les victimes, affectant leur intégrité physique et psychologique, leur dignité, ainsi que leur vie familiale et professionnelle.

Dans cette interview, Karima Rhanem, Présidente de l'ICD, explique comment les outils numériques contribuent à la propagation de ce type de violence et partage des exemples concrets et des conseils pour sensibiliser et protéger les femmes et les jeunes filles de ces dangers croissants en ligne.

L'événement a été initié par le Centre international de diplomatie (ICD), en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), l'Agence espagnole pour la coopération internationale.

En mettant en lumière des histoires et des témoignages inspirants de femmes défendant leurs droits, les médias jouent un rôle clé dans la mise en valeur de leur lutte et dans la déconstruction des stéréotypes — Sidi Ahmed El

Alami

La Coopération au Développement (AECID), l'Ecole Nationale de Commerce et de Gestion de Casablanca (ENCG), l'Association Jeunesse pour la Jeunesse (AJJ) et l'Association Nationale d'Assistance Sociale au Secteur Judiciaire (ANASSJ).

L’objectif de l’atelier, comme l’explique Karima Rhanem, présidente de l’ICD, était de « souligner l’importance du rôle des médias dans la promotion de la justice et de l’équité familiale ». Les médias face aux défis de l’influence

"El Alami souligne que cette responsabilité s'étend également au choix judicieux des titres et des images, qui peuvent profondément façonner la perception du public. Il est convaincu qu'en optant pour des contenus qui illustrent la diversité et la force des femmes, les médias favorisent un dialogue constructif et encouragent un changement social positif.

Pour lui, l’engagement des médias à présenter des histoires authentiques et respectueuses est essentiel à la construction d’une société plus égalitaire et plus juste.

L'expert a également relevé que les médias doivent faire face à l'impact souvent négatif des influenceurs sur les questions liées à l'évolution de la femme marocaine. Il a expliqué que de nombreuses jeunes filles, en quête de modèles, imitent des comportements superficiels promus par certains « influenceurs », ce qui peut perturber leur parcours scolaire et leurs aspirations personnelles.

« Cette glorification de l’apparence et du statut social peut les détourner de priorités essentielles telles que l’éducation et l’autonomie », a-t-il prévenu.

Toutefois, M. El Alami a pris soin d'ajouter que ce constat ne doit pas être généralisé, car certains influenceurs utilisent leurs plateformes pour partager des contenus enrichissants et respectueux, abordant des questions cruciales comme la santé mentale et physique. « Ce type de contenu peut véritablement inspirer un changement positif », a-t-il nuancé.

La nécessité d’un effort collectif

Pour améliorer la situation des femmes et promouvoir une véritable équité familiale, il est important que les efforts convergent dans tous les secteurs de la société. Selon M. El Alami, les médias, les éducateurs, les parents et les influenceurs ont tous un rôle à jouer.

« En collaborant pour diffuser des messages positifs et inclusifs, ils peuvent créer un environnement propice à l'épanouissement des jeunes filles et à une meilleure compréhension des enjeux entourant la justice familiale », a-t-il expliqué.

Il a en outre souligné que les initiatives de sensibilisation, les programmes éducatifs et le soutien communautaire doivent se conjuguer pour encourager des modèles authentiques et constructifs. « Ce travail collectif est essentiel pour construire une société où chacun peut s’épanouir pleinement, sans être limité par des stéréotypes ou des pressions sociales néfastes », a-t-il insisté.

Traduisant cette nécessité d'effort collectif, un groupe de mise en réseau a été créé à l'issue de l'atelier de formation, regroupant une trentaine de journalistes engagés dans la promotion du rôle des femmes dans la société.

La présidente de l'ICD, Karima Rhanem, a souligné qu'il devenait de plus en plus urgent de doter les journalistes des outils nécessaires pour promouvoir un discours neutre et non discriminatoire. Cela, a-t-elle souligné, contribuera à transformer la réalité des femmes et à construire un avenir où des notions telles que le respect au sein des couples et l'équité familiale ne seront pas de simples idéaux, mais des réalités quotidiennes. Source : Le Matin

Ride4InclusionEquality : un voyage vers l'égalité
2022–20252022–2025

Ride4InclusionEquality : un voyage vers l'égalité

La Caravane Ride4Inclusion&Equality sous le thème : Le Maroc que nous voulons : sans violence, sans discrimination est un voyage sans précédent pour l’égalité.

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La Caravane Ride4Inclusion&Equality sous le thème : Le Maroc que nous voulons : sans violence, sans discrimination est un voyage sans précédent pour l’égalité. Organisée par le Centre international de diplomatie (ICD), en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), l'Agence espagnole de coopération internationale au développement (AECID), le ministère de la Solidarité, de l'Intégration sociale et de la Famille, le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication et le district d'Al Fida à Casablanca, et plusieurs associations nationales et locales, la Caravane visait à promouvoir l'égalité à travers des initiatives menées par les hommes et les garçons, en renforçant la masculinité positive et la parentalité responsable.

En parcourant l'itinéraire Casablanca-Beni Mellal-Azilal en juillet 2024, la caravane a sensibilisé les populations locales à ces enjeux cruciaux et a touché environ 1098 personnes, dont 700 hommes engagés pour l'égalité, entre Casablanca, Beni Mellal et Azilal. Parallèlement, l'ICD a pu toucher 388.903 personnes sur les réseaux sociaux (75,25% M, et 24,75% F).

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) et vise à faciliter la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle des femmes chefs de famille, tout en renforçant leur protection sociale.

Bouleversées par la vulnérabilité des femmes, les Road Brothers, association marocaine de motards, se consacrent à l'égalité et à la protection des droits humains à travers la signature d'une charte d'engagement pour renforcer le sport comme moyen d'atteindre l'égalité.

« La visite au refuge pour femmes maltraitées lors de la Caravane Ride4InclusionEquality m'a donné une idée concrète de ce que les femmes maltraitées en général peuvent endurer et des efforts déployés par les autorités locales et les associations. Il est désormais nécessaire de renforcer davantage l'assistance juridique et d'améliorer l'efficacité et la rapidité des procédures judiciaires, déclare Adil Ziani, président de Road Brothers.

De son côté, Issam Salhi, pharmacien et membre du club des « Road Brothers » des motards touristiques, a exprimé sa fierté d'agir en tant qu'ambassadeur pour l'ancrage des concepts de masculinité positive et de parentalité responsable, afin de faire avancer la famille, structure centrale de la société, vers le changement, le développement et la prospérité.

Saad Zahi, un autre membre des Road Brothers, a déclaré que cette caravane corrigeait aussi chez lui plusieurs idées reçues véhiculées par la société sur le danger des féministes et de leurs idées « radicales ». "Je réalise que ces défenseures des droits des femmes sont avant tout des défenseures de la famille, de la santé et du bien-être de tous. Avant, ce n’étaient pour moi que des slogans lus et vus sur les réseaux sociaux et les médias. Aujourd’hui, c’est une réelle compréhension du problème et des motivations qui animent les forces sociales. J'ai vu, entendu et enduré la douleur et la souffrance des femmes qui ont été victimes de discrimination, de harcèlement et de violence", a-t-il déclaré au New Africa Magazine.

La caravane à travers ses différentes actions de sensibilisation à travers le débat, l'art et le théâtre a préconisé la reconnaissance légale du travail domestique des femmes chefs de famille tout en renforçant leur protection sociale, la mise en œuvre de programmes visant à lutter contre la violence économique des femmes, la facilitation des procédures d'assistance juridique pour les groupes vulnérables et les procédures d'obtention d'allocation, et la promotion d'un modèle familial où les responsabilités sont partagées équitablement, favorisant l'harmonie et le bien-être de tous les membres à travers des programmes éducatifs et des reportages médiatiques.

Le sport pour l’égalité des genres : Pour un soutien aux équipes de football plus responsable et civique, sans violence ni discrimination
2022–20252022–2025

Le sport pour l’égalité des genres : Pour un soutien aux équipes de football plus responsable et civique, sans violence ni discrimination

Le samedi 21 septembre 2024, un match de football emblématique dédié à la sensibilisation à l'égalité a eu lieu au stade sportif « Mustapha Choukri » de Casablanca, au Maroc.

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Le samedi 21 septembre 2024, un match de football emblématique dédié à la sensibilisation à l'égalité a eu lieu au stade sportif « Mustapha Choukri » de Casablanca, au Maroc. Cet événement, organisé par le Centre International de Diplomatie en partenariat avec l'UNFPA, l'AECID, le quartier Al Fida, l'ENCG Casablanca, la Jeunesse pour la Jeunesse, l'Association Palais des Sports et l'Association Nationale d'Assistance Sociale du Secteur Justice, sous le thème "Soutien responsable et citoyen des équipes de football, sans violence ni discrimination".

Le match de football a réuni des équipes de jeunes étudiants de l'Ecole nationale de commerce et de gestion (ENCG) et d'anciens joueurs des prestigieux clubs du Raja et du Wydad de Casablanca. Ce match amical a conjugué la passion du football avec l'engagement en faveur de valeurs fondamentales telles que l'égalité et l'inclusion, tout en promouvant un comportement sportif exemplaire, tant sur le stade qu'en dehors, à travers un accompagnement responsable et civique, rejetant toute forme de violence et de discrimination.

Un hommage a été rendu à Nadia Moukdi, surnommée « Tigana », première capitaine de l'équipe nationale féminine. Tigana", a exprimé sa joie de recevoir cet hommage dans un stade où elle a souvent joué au football. Il est important de noter qu'après le succès inévitable de l'équipe nationale marocaine de football à la Coupe du monde au Qatar, les femmes et les jeunes filles se sont davantage intéressées au football en tant que joueuses ou supportrices potentielles. La Fédération royale marocaine de football (FRMF) estime que 90 000 femmes pratiquent le sport, citant l'impact social positif d'une plus grande inclusion.

Le roi du Maroc appelle à une « révolution bleue » et à une stimulation des investissements productifs
2022–20252022–2025

Le roi du Maroc appelle à une « révolution bleue » et à une stimulation des investissements productifs

Le roi Mohammed VI du Maroc a appelé à une « révolution bleue » centrée sur la conservation de l’eau et l’investissement durable, dans un discours prononcé devant le Parlement marquant l’ouverture de la deuxième année législative de la 11e législature.

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Le roi Mohammed VI du Maroc a appelé à une « révolution bleue » centrée sur la conservation de l’eau et l’investissement durable, dans un discours prononcé devant le Parlement marquant l’ouverture de la deuxième année législative de la 11e législature.

Le Roi a averti que l'accès à l'eau est en train de devenir un défi économique et stratégique mondial, susceptible de déclencher des tensions internationales à l'avenir. Ses remarques interviennent alors que le Maroc est confronté à sa pire sécheresse depuis des décennies, avec un stress hydrique important lié au changement climatique.

Lutter contre la pénurie d’eau

Depuis son accession au trône, le roi Mohammed VI a supervisé la construction de 50 barrages, et 20 autres sont prévus, et a encouragé la construction d'usines de dessalement d'eau de mer afin de réduire la dépendance aux précipitations.

Le pays met également en œuvre un programme de soutien à l’eau s’étalant de 2020 à 2027 pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable et aider les agriculteurs.

Karima Rhanem, présidente du Centre international de diplomatie (ICD), a décrit ce discours comme un signal d'alarme pour que tous les Marocains adoptent des pratiques rationnelles de gestion de l'eau. « La sécheresse en Europe, la pire depuis au moins 500 ans, montre que le stress hydrique est un problème mondial, et pas seulement marocain », a-t-elle souligné.

La gestion de l’eau sera également un thème central du prochain sommet climatique COP27 en Égypte.

Le climat de l’investissement au cœur des préoccupations

Au-delà de l’eau, le Roi a placé l’investissement au cœur des priorités économiques du Maroc. Il a appelé à intensifier les efforts pour attirer les investisseurs, simplifier les procédures et permettre aux Centres régionaux d’investissement de mieux accompagner les entrepreneurs, les petites entreprises et la diaspora marocaine.

Rhanem a souligné que stimuler l’investissement productif est essentiel à la croissance économique, à la création d’emplois et à l’exploration de nouveaux secteurs tels que l’économie numérique, l’économie du savoir et l’économie verte.

« L’amélioration du climat des affaires est désormais une nécessité », a-t-elle déclaré, en présentant la nouvelle Charte nationale de l’investissement du Maroc comme un cadre essentiel.

Les femmes marocaines en première ligne du changement climatique, prévient une nouvelle étude
2024–20252022–2025

Les femmes marocaines en première ligne du changement climatique, prévient une nouvelle étude

Le changement climatique remodèle la vie quotidienne au Maroc, mais une nouvelle étude prévient que son impact touche de manière disproportionnée les femmes et les filles, les obligeant à un travail domestique plus pénible, à des conditions économiques fragiles et même à des mariages précoces.

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Le changement climatique remodèle la vie quotidienne au Maroc, mais une nouvelle étude prévient que son impact touche de manière disproportionnée les femmes et les filles, les obligeant à un travail domestique plus pénible, à des conditions économiques fragiles et même à des mariages précoces.

Le rapport, publié par le Centre international pour la diplomatie (ICD) en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), est le premier du genre dans le cadre de la coalition We-Men Engaged for Change, une plateforme de la société civile réunissant des groupes pour la justice sociale, de genre et climatique.

« Cette coalition marque un tournant historique », note l'étude, « alors que le Maroc lie ses engagements climatiques à la promotion des droits des femmes et des filles, renforçant ainsi la résilience de l'ensemble de la société. »

Voix du terrain

Les conclusions sont tirées d’un vaste processus de consultation :

• 11 groupes de discussion avec plus de 100 femmes et filles dans 10 communes, cinq provinces et deux régions.

• 51 réponses à l'enquête en ligne, dont 54% d'ONG, 20% de coopératives, 16% d'acteurs institutionnels et 2% d'organisations politiques.

• Cinq entretiens avec des experts et entretiens téléphoniques semi-structurés.

• Participation de 12 des 17 membres de la coalition, couvrant neuf régions marocaines, de Tanger–Tétouan–Al Hoceima à Souss-Massa.

Derrière les chiffres se cachent de dures réalités. Dans les provinces frappées par la sécheresse, les femmes ont déclaré parcourir quotidiennement des kilomètres pour aller chercher de l'eau, une corvée qui ne leur laisse que peu de temps pour l'école ou un travail générateur de revenus. Les agriculteurs ont signalé une baisse des récoltes et des bénéfices des coopératives, privant ainsi de nombreuses femmes de leur principale source de revenus.

CHANGEMENT CLIMATIQUE

Risques sanitaires et sociaux

L'étude met en lumière des préoccupations croissantes en matière de santé : davantage de cas de maladies respiratoires et digestives liées à une mauvaise qualité de l'air et de l'eau, et un accès limité aux services de santé sexuelle et reproductive, en particulier dans les zones rurales. Les complications de santé maternelle, les problèmes d’hygiène menstruelle et la malnutrition chez les mères et les nouveau-nés sont de plus en plus courants.

Violence et mariage précoce

Les conséquences sociales sont tout aussi préoccupantes. Le rapport documente une augmentation de la violence sexiste, les pressions financières alimentant les tensions au sein des ménages et des communautés. Les familles de certaines zones rurales ont recours au mariage des enfants comme stratégie de survie, retirant les filles de l'école pour réduire les dépenses du ménage.

« Le changement climatique n’est pas neutre en termes de genre », a déclaré un membre de la coalition. « Cela amplifie les inégalités et, sans une action urgente, les femmes et les filles continueront à payer le prix le plus élevé. »

Les femmes ripostent

Malgré les défis, les femmes mènent des stratégies de résilience au niveau local. Beaucoup diversifient leurs revenus grâce au travail artisanal et au petit commerce, tandis que d’autres expérimentent l’irrigation goutte à goutte, la récupération de l’eau de pluie et la réutilisation des eaux grises.

L'étude a révélé que 76 % des personnes interrogées ont mentionné la diversification des revenus comme leur principale stratégie d'adaptation, tandis que plus de la moitié ont souligné les efforts de conservation de l'eau. Pourtant, ces initiatives restent fragiles sans soutien institutionnel et financier.

Un appel pour une action climatique sensible au genre

Le rapport exhorte le Maroc à intégrer pleinement les femmes dans ses politiques climatiques. Les principales recommandations comprennent :

• Fixer des objectifs clairs en matière d'égalité des sexes dans les stratégies climatiques.

• Élargir l'accès des femmes au microcrédit et aux technologies durables.

• Veiller à ce que les femmes soient représentées dans les organes décisionnels à tous les niveaux.

• Renforcer les programmes visant à prévenir la violence basée sur le genre pendant les crises.

• Reconnaître et intégrer les connaissances traditionnelles des femmes rurales dans les plans nationaux d'adaptation.

Un tournant

Pour la coalition We-Men Engaged for Change, soutenue par l’UNFPA, l’étude est plus qu’une simple recherche : c’est un appel à l’action.

« Les femmes ne sont pas que des victimes de la crise climatique », souligne la coalition. "Ce sont de puissants agents de résilience. Les soutenir n'est pas de la charité, c'est essentiel pour l'avenir du Maroc."

"Pas seulement une plateforme, un mouvement : comment l'ICD du Maroc réinvente la technologie civique pour les jeunes filles d'Afrique"
2023–20252022–2025

"Pas seulement une plateforme, un mouvement : comment l'ICD du Maroc réinvente la technologie civique pour les jeunes filles d'Afrique"

"Derrière une innovation numérique se cache une vision puissante : une appropriation locale, des informations fiables et des filles africaines au cœur de l'avenir."

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"Derrière une innovation numérique se cache une vision puissante : une appropriation locale, des informations fiables et des filles africaines au cœur de l'avenir."

Une bouée de sauvetage numérique pour les filles marocaines

Au cœur de Rabat, une révolution tranquille se dessine. Au milieu des rues animées et des monuments historiques de la ville, un confident numérique nommé « Ask Illy » est sur le point de transformer la vie des jeunes filles à travers le Maroc. Développé par le Centre international de diplomatie (ICD) en 2024, Ask Illy est plus qu'un simple chatbot ; il s'agit d'une plate-forme culturellement sensible et alimentée par l'IA, conçue pour fournir des conseils confidentiels sur des sujets souvent passés sous silence : l'éducation, la santé menstruelle, la violence sexiste, et bien plus encore.

Accessible via le Web et mobile, Ask Illy fait partie d'un écosystème plus large qui comprend

"Rencontrez Illy — le premier chatbot civique du Maroc dédié à donner aux filles des réponses, de la confiance et des informations fiables basées sur les droits" sur le site www.droitsjeunesfilles. Org et l'application mobile Maan (qui signifie « Ensemble »). Ces outils ont été développés dans le cadre d'un processus inclusif impliquant des organisations de la société civile qui défendent les droits humains et les droits des filles, notamment la Coalition nationale pour les droits des jeunes filles, dont l'ICD est membre fondateur. En partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), cette initiative vise à centraliser des informations et des ressources fiables à destination des jeunes filles, notamment celles âgées de 10 à 24 ans.

Au-delà de la technologie : une vision stratégique

TECHNOLOGIE

Partout en Afrique, la technologie civique remodèle l’engagement citoyen – de

Du Nigeria BudgIT au Kenya MajiVoice, et maintenant du Maroc Ask Illy

Bien que les plateformes aient été développées, leur lancement officiel fait partie d’un processus stratégique délibéré. En 2025, l'ICD a entamé des conversations avec divers ministères gouvernementaux pour affiner les formats de contenu et les approches pédagogiques. L’objectif est de garantir l’adhésion des institutions et de produire des informations vérifiées et sans jargon, adaptées aux différents groupes d’âge : 10-13 ans, 14-17 ans et 18-24 ans. Reconnaissant les divers besoins de son public, la plateforme est multilingue et conçue pour inclure les migrants, en particulier ceux d'Afrique subsaharienne, et les personnes handicapées.

De plus, la plateforme comprend un système de redirection vers toutes les plateformes gouvernementales pour signaler tout type d'abus, renforçant ainsi son rôle de ressource complète pour les jeunes filles en quête de soutien et d'informations.

Civic Tech en Afrique : une poussée post-pandémique

La pandémie de COVID-19 a catalysé une montée en puissance des technologies civiques à travers l’Afrique. Au Nigeria, des plateformes comme BudgIT et Tracka ont amélioré la transparence des dépenses publiques. MajiVoice, au Kenya, a permis aux citoyens de signaler les problèmes de service d'eau, ce qui a permis d'améliorer la prestation des services. Le GovChat d'Afrique du Sud a facilité la communication directe entre les citoyens et les services gouvernementaux. Ces initiatives soulignent le potentiel transformateur des technologies civiques dans la promotion de la responsabilité et de l’engagement des citoyens.

Le Maroc a également adopté cette transformation numérique. Des événements comme la 9e Conférence internationale sur le numérique

"Français, arabe, anglais — mais aussi empathie, simplicité et clarté pour tous les âges" Ask Illy est plus qu'un chatbot. Il s’agit d’un allié numérique sûr, convivial et culturellement sensible pour les filles qui s’efforcent de faire valoir leurs droits. Il ne s’agit pas simplement d’une plateforme numérique, mais d’un mouvement collectif donnant aux jeunes filles africaines le droit d’accéder, de demander et d’agir.

L'économie (ICDEc 2024) à Rabat souligne l'engagement du pays à intégrer les technologies émergentes dans son paysage socio-économique. Les initiatives de l'ICD s'alignent sur cette vision nationale, positionnant le Maroc comme un leader dans l'exploitation de la technologie pour un impact social.

Efforts de numérisation plus larges de l'ICD

L'engagement de l'ICD en faveur de l'innovation numérique s'étend au-delà du développement d'Ask Illy. Entre 2020 et 2022, l’organisation a lancé une plateforme de formation gratuite en partenariat avec Africa Next Gen et la classe.ma, démocratisant l’accès aux compétences numériques telles que la cybersécurité, la diplomatie numérique et l’intelligence artificielle. Ce programme a bénéficié directement à 152 jeunes issus de huit pays africains, avec un fort taux de participation féminine de 71 %.

En outre, l'ICD a organisé des ateliers sur le leadership numérique et la gestion agile, dotant les dirigeants de la société civile d'outils pour naviguer dans un paysage numérique en évolution. Leur participation à la 65e session de la Commission des Nations Unies sur la condition de la femme (CSW65) a en outre souligné l'importance d'intégrer les femmes rurales dans les politiques publiques numériques.

Développer l’innovation à travers l’Afrique

L’ICD envisage la plateforme comme un modèle évolutif adaptable à d’autres pays africains. En collaborant avec des organisations locales et en adaptant le contenu aux contextes régionaux, le cadre peut relever les défis uniques auxquels sont confrontées les filles à travers le continent. Partenariats

« Maan signifie « Ensemble » – un espace numérique sécurisé permettant aux jeunes filles d’explorer, d’apprendre et de se connecter. » des initiatives telles que le Fonds de technologie civique de l’Union africaine peuvent fournir le soutien nécessaire à la mise à l’échelle, en facilitant l’échange de connaissances, le financement et l’assistance technique.

Concevoir pour l’inclusivité

Reconnaissant les divers besoins de ses utilisateurs, la plateforme est conçue pour être multilingue et accessible aux migrants et aux personnes handicapées. Le contenu est adapté à différents groupes d'âge, garantissant que les informations sont présentées d'une manière adaptée à l'âge et compréhensible.

La future ONG est

5.0 : numérique, agile, participatif, inclusif

— mais profondément ancré dans sa communauté locale.

L’IA n’est pas réservée au silicium

Vallée. En Afrique, cela devient un outil de justice sociale, de plaidoyer et d’inclusion.

Une jeune fille de 13 ans n’a pas besoin de jargon politique. Elle a besoin de clarté, de gentillesse et d’informations fiables. Accès à

L’information doit être accessible à tous, partout – de Rabat aux villages ruraux, des filles marocaines aux migrants subsahariens, de 10 à 24 ans. Cette approche inclusive garantit qu’aucune fille n’est laissée pour compte dans l’accès aux informations et au soutien vitaux.

L’avenir du plaidoyer dans un monde axé sur l’IA

À mesure que l’intelligence artificielle continue d’évoluer, son rôle dans l’engagement civique devient de plus en plus important. L’IA peut améliorer l’efficacité des campagnes de plaidoyer en analysant l’opinion du public, en optimisant les messages et en prédisant les tendances sociétales. Cependant, il est essentiel de garantir que les applications d’IA sont développées de manière éthique, en tenant compte de la confidentialité et de l’inclusivité.

En Afrique, où coexistent diverses langues et cultures, les modèles d’IA doivent être formés sur des données localisées pour être réellement efficaces. Les efforts de collaboration entre les gouvernements, les entreprises technologiques et la société civile sont essentiels au développement de solutions d'IA qui reflètent la riche diversité du continent.

Regarder vers l’avenir : la prochaine frontière

S'appuyant sur le succès de ses initiatives numériques, l'ICD explore de nouvelles voies pour responsabiliser davantage les organisations de la société civile. Un prochain programme stratégique vise à soutenir 100 ONG marocaines dans la transition vers un nouveau

L’Afrique n’a pas besoin de copier des modèles : elle crée les siens. L’innovation prend du temps lorsqu’elle est construite avec les gens, pour les gens. L’ICD a choisi l’inclusion plutôt que la vitesse – la propriété plutôt que le battage médiatique. Génération d’organisations – numériques, participatives, agiles, inclusives et ancrées localement. Cette initiative vise à aller au-delà de la simple digitalisation technique, en favorisant un modèle marocain et africain d’innovation sociale et numérique au sein des ONG, au service du plaidoyer, des droits humains et de l’inclusion.

Conclusion : un mouvement continental

L'histoire d'Ask Illy est plus qu'un succès marocain ; c'est un modèle pour autonomiser les filles et les communautés à travers l'Afrique grâce à la technologie.

En adoptant les technologies civiques et en tirant parti des écosystèmes numériques inclusifs, l’Afrique démontre que la véritable innovation se produit lorsque la technologie répond aux réalités locales, aux voix des communautés et à l’intelligence culturelle.

Il ne s’agit pas d’exporter partout le modèle marocain, mais d’inspirer des solutions conçues en Afrique, adaptables, évolutives et, surtout, ancrées dans la confiance et l’appropriation.

Alors que l’ICD regarde vers l’avenir, sa vision s’étend au-delà des frontières nationales. L’avenir pourrait bien voir des plateformes comme Ask Illy évoluer vers des pôles à l’échelle africaine – partageant des connaissances, des outils et du contenu localisé – tandis que de nouvelles générations d’« ONG 5.0 » émergent : numériques, participatives, agiles et axées sur la communauté.

Parce que l'avenir numérique de l'Afrique n'appartient pas seulement aux géants de la technologie, mais à toutes les filles qui osent poser une question, chercher une réponse et revendiquer leur place dans la société.

L'ICD et Niras Suède organisent une conférence régionale sur l'autorégulation des médias
2022–20252022–2025

L'ICD et Niras Suède organisent une conférence régionale sur l'autorégulation des médias

Le Centre international de diplomatie (ICD), en partenariat avec Niras Suède, a organisé une conférence régionale historique sur l'autorégulation des médias, réunissant des journalistes et des professionnels des médias du Maroc, de Tunisie, du Liban et de Palestine.

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Le Centre international de diplomatie (ICD), en partenariat avec Niras Suède, a organisé une conférence régionale historique sur l'autorégulation des médias, réunissant des journalistes et des professionnels des médias du Maroc, de Tunisie, du Liban et de Palestine.

Organisé du 12 au 16 juin 2023 à l'Hôtel de Rabat, le rassemblement a accueilli 30 participants représentant les médias imprimés, numériques et audiovisuels. La conférence faisait suite à une formation organisée par Niras Suède à Stockholm et Krusenberg, Uppsala, du 11 au 26 janvier 2023, et cherchait à traduire cette expérience

Délégation de journalistes marocains avec l'ambassadeur du Maroc en Suède à Stockholm SEM Karim Medrek. En projets concrets portés par des journalistes régionaux.

L’événement a fourni une plateforme de dialogue sur la liberté de la presse, l’éthique et l’autorégulation – des thèmes considérés comme de plus en plus essentiels pour restaurer la confiance du public dans les institutions médiatiques.

Tunisie : Promouvoir le médiateur

La délégation tunisienne a axé son projet sur la promotion du rôle du médiateur des médias comme pierre angulaire de l'autorégulation. L'équipe a organisé un séminaire en ligne pour souligner la manière dont l'autorégulation soutient l'indépendance éditoriale et l'éthique professionnelle, et a produit un podcast pour présenter le concept de médiateur à un public plus large.

Maroc : création d'un médiateur des médias

Au Maroc, les participants ont dévoilé la création d'un mécanisme d'arbitrage faisant office d'ombudsman entre le public et les médias dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Cette initiative répond aux manquements récurrents à la déontologie journalistique malgré l'adoption d'un code national en 2019.

Le rôle a été confié au Dr Abdullah Abu Awad, professeur à l'Université Abdelmalek Al-Saadi et arbitre agréé près la Cour d'appel de Tanger. Son mandat est d'arbitrer les différends et de renforcer la confiance du public dans les médias locaux.

Palestine : construire un forum numérique

L'équipe palestinienne a présenté la première ébauche d'une plateforme en ligne, le Forum palestinien pour l'autorégulation des médias. La plateforme est conçue pour consolider les connaissances sur l'autorégulation, fournir des ressources aux journalistes et évaluer ses implications pour l'environnement médiatique local. La production de contenu pour la plateforme est actuellement en cours.

Des journalistes marocains avec l'ambassadeur de Suède au Maroc, Jörgen Karlsson.

Une délégation de journalistes arabes en visite à la Télévision Nationale d'État SNRT.

Liban : plaider pour un code de conduite

Au Liban, le projet a mis l'accent sur le plaidoyer. L'équipe a commencé à former une coalition pour faire pression en faveur d'un code national de conduite pour les médias et de la mise en place de mécanismes de plainte internes. Leur travail comprenait également un atelier de vérification des faits pour lutter contre la désinformation et une table ronde avec des journalistes pour débattre de l'avenir de l'autorégulation dans le pays.

Un pas en avant régional

En partageant diverses expériences nationales, la conférence a souligné la dynamique croissante dans la région vers une plus grande responsabilité des médias. Les organisateurs ont décrit l'initiative comme une étape essentielle dans la promotion d'un journalisme éthique, la sauvegarde de la liberté de la presse et la réduction du fossé entre les institutions médiatiques et le public.

Protection des droits des jeunes filles en Afrique : le travail collectif est essentiel pour relever les défis
2022–20252022–2025

Protection des droits des jeunes filles en Afrique : le travail collectif est essentiel pour relever les défis

La Déclaration de Rabat sur la protection des droits des jeunes filles en Afrique a débuté son parcours au cours du premier trimestre 2025 avec la rédaction d'un premier guide de bonnes pratiques sur les droits des jeunes en Afrique.

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La Déclaration de Rabat sur la protection des droits des jeunes filles en Afrique a débuté son parcours au cours du premier trimestre 2025 avec la rédaction d'un premier guide de bonnes pratiques sur les droits des jeunes en Afrique. La déclaration appelle à des partenariats interafricains plus stratégiques et à un travail collectif entre les différentes parties prenantes afin de relever les défis auxquels les jeunes filles d'Afrique continuent d'être confrontées.

A l'occasion du Séminaire international sur les droits de la fille en Afrique tenu le 26 octobre 2024 à Rabat au Maroc, organisé par le Centre international de diplomatie en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population et le Conseil national des droits de l'homme, un guide de bonnes pratiques pour la protection des droits des jeunes filles en Afrique a été élaboré pour guider les actions des différentes initiatives continentales de protection des jeunes filles.

Le guide présente des analyses et des initiatives comparatives sur les moyens de lutter contre la discrimination, le mariage des enfants, la résilience, la sécurité et l'accès à l'éducation par des moyens juridiques, politiques et associatifs.

Les participants à ce séminaire, à travers la Déclaration de Rabat, ont souligné la nécessité de renforcer le travail collectif entre les institutions, les organisations et les gouvernements pour assurer la protection et l'autonomisation des jeunes filles, appelant à des actions concrètes et à des réformes législatives adaptées, basées sur des expériences partagées et contextualisées.

Principes de la Déclaration de Rabat sur la protection des droits des jeunes filles en Afrique

La cohésion sociale, la réduction des inégalités et le développement humain doivent désormais figurer en tête des priorités tant au niveau national que continental. Les États africains doivent veiller à ce que chaque fille soit protégée et habilitée à contribuer à la société et au progrès collectif.

L’autonomie et la protection des droits des jeunes filles en Afrique constituent un puissant levier pour le développement du continent.

La participation effective des jeunes filles, et plus largement des organisations de jeunesse, est indispensable pour promouvoir et protéger les droits des jeunes filles en Afrique.

Les inégalités entre les sexes, la violence basée sur le genre (VBG), les stéréotypes et autres formes de discrimination, ainsi que les pratiques néfastes telles que le mariage des enfants, continuent d’entraver la réalisation et l’efficacité des droits fondamentaux des filles.

La participation des jeunes filles aux processus inclusifs, que ce soit aux niveaux local, national ou continental, est cruciale pour construire une Afrique inclusive et prospère. Elles doivent être reconnues comme des actrices essentielles du changement, capables de contribuer activement à la définition des politiques publiques, des stratégies de développement, à la transformation des normes sociales et à la déconstruction des discours et actions discriminatoires.

La coopération Sud-Sud est essentielle pour l’autonomisation et la protection des droits des jeunes filles en Afrique.

En Afrique, les jeunes filles sont souvent confrontées à des défis majeurs tels que la discrimination fondée sur le sexe, l'accès limité à l'éducation, les mariages précoces, la violence et les inégalités socio-économiques. Face à cette situation, un travail collectif et coordonné entre les différentes institutions reste essentiel, voire incontournable, pour protéger les jeunes filles et favoriser leur autonomisation.

Réformes législatives et actions concrètes : vers la protection et l’autonomisation des jeunes filles

Lors de cet événement, plusieurs institutions ont souligné l'importance des réformes législatives pour s'aligner sur les normes internationales sur les droits des jeunes filles.

Marielle Sander, Représentante Résidente du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) au Maroc, a souligné l'engagement de son institution à promouvoir l'autonomisation des jeunes, en particulier des filles, dans des domaines tels que l'éducation, la santé et l'accès aux services de santé sexuelle et reproductive. Elle a également souligné l’importance du processus de réforme législative, notamment les amendements apportés au Code de la famille et au Code pénal, visant à assurer une meilleure protection des droits des jeunes filles.

Kaoutar Mansouri, directrice de l'Enfance et de la Femme au sein du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, a présenté les efforts de son institution pour promouvoir l'autonomisation des jeunes filles. Elle a précisé que grâce à des initiatives telles que l'augmentation des activités de formation et de sensibilisation des jeunes filles, le ministère a réalisé des progrès significatifs. Elle a également renforcé l'accès aux services de soutien, notamment en matière de santé mentale et de lutte contre la violence.

Il convient de noter que le Maroc a également pris des mesures concrètes pour lutter contre la traite des êtres humains. Dr. Amina Dardouri, commissaire judiciaire au ministère de la Justice, a rappelé l'engagement du pays à mieux protéger les victimes, notamment les enfants, à travers l'adoption de lois et de conventions internationales. Elle a également évoqué la mise en place en 2023 d'un mécanisme national d'orientation pour mieux coordonner l'accompagnement et la protection des victimes.

Réinsertion des jeunes filles : actions et accompagnement institutionnels

Concernant la réinsertion des jeunes filles en conflit avec la loi, M. Hmina Hassan, directeur du greffe judiciaire au sein de la Délégation générale à l'administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), a insisté sur l'importance d'adapter les institutions pénitentiaires aux besoins spécifiques des jeunes filles, notamment en termes de santé mentale et de protection contre les violences. Il a également souligné le rôle crucial des organisations de la société civile dans la réhabilitation et la réinsertion de ces jeunes filles.

Mécanismes de protection des droits des jeunes filles

Lors de cet événement, le rôle du Conseil National des Droits de l'Homme (CNDH), représenté par Malak Benssghir, membre du système ONU Femmes, a également été mis en avant. En effet, le CNDH continue de défendre l’égalité femmes-hommes et la protection des droits des jeunes filles à travers ses rapports et recommandations annuels.

Pour le CNDH, les droits des femmes et des filles sont abordés de manière transversale dans ses actions, notamment à travers sa stratégie « Triple P » : Protection, Promotion et Prévention.

Cette initiative continue vise à alimenter le débat autour des droits des femmes, à évaluer les progrès et à formuler des recommandations. Ses actions, qui visent à optimiser et à renforcer l'effectivité des droits, comprennent le suivi des engagements internationaux, le plaidoyer en faveur de réformes législatives, le traitement des plaintes, le reporting sur les violations et la promotion de l'éducation aux droits de l'homme.

Engagé dans la dynamique internationale, le CNDH continue, à travers ses réseaux et partenaires, à renforcer la coopération Sud-Sud en permettant l’épanouissement du Réseau africain des institutions nationales des droits de l’homme.

La Déclaration de Rabat recommande :

• Garantir un accès juste et équitable à une éducation de qualité pour toutes les filles, en éliminant les obstacles tels que le mariage des enfants et les normes de genre oppressives. • Renforcer les efforts pour garantir les droits en matière de santé sexuelle et reproductive (SDSR), en garantissant aux filles l'accès à des services de santé et de soins complets tout en les protégeant contre les pratiques néfastes telles que les mutilations génitales féminines. • Donner la priorité à la lutte contre les violences basées sur le genre en adoptant des lois strictes et en les appliquant rigoureusement, avec des campagnes de sensibilisation et des services de soutien. • Promouvoir une masculinité positive en impliquant les hommes et les garçons dans la lutte pour l'égalité des sexes. • Prendre en compte les droits des jeunes filles lors de crises, de conflits, de catastrophes naturelles et d'événements climatiques extrêmes. • Encourager des environnements qui valorisent les jeunes filles et leur permettent de s'épanouir dans toutes les sphères de la société.

« Les inégalités entre les sexes restent omniprésentes et affectent profondément tous les aspects de la vie des filles, de l’éducation à la participation économique, en passant par leur accès aux soins de santé. » — Karima Rhanem, présidente du Centre international de diplomatie

Afrique : Des progrès remarquables en matière de droits fondamentaux marqués par des défis structurels

De son côté, Karima Rhanem, Présidente du Centre International de Diplomatie, a souligné lors de cette conférence que la question de l’autonomisation et de la protection des filles doit rester au cœur de l’action des acteurs, reconnaissant qu’elle constitue non seulement un impératif moral mais aussi un levier fondamental pour le développement des sociétés africaines.

Pour elle, il s’agit loin d’être une simple question de développement ; elle touche aux fondements mêmes des sociétés africaines et à l’avenir de millions de jeunes filles aspirant à une vie juste, libre et prospère.

Elle a noté que l’Afrique avait fait des progrès remarquables dans la promotion des droits des filles, soulignant des réalisations bien documentées dans les domaines de l’éducation, de la santé et des droits fondamentaux. Cependant, malgré ces efforts, l’Afrique continue de faire face à des défis structurels qui freinent l’épanouissement des jeunes filles et limitent leur accès aux opportunités.

Elle a ajouté que ces inégalités sont profondément ancrées dans les normes culturelles et les pratiques traditionnelles, comme le mariage des enfants, qui reste un problème endémique.

Ces normes culturelles et sociales persistent et pèsent lourdement sur les droits des filles. La culture du viol, le blâme des victimes et les préjugés associés à la sexualité des filles exacerbent ces inégalités.

Messages de bonne volonté

Ce séminaire a été marqué par des messages de bonne volonté de personnalités influentes, telles que Yude Ndieng, avocat au Barreau de Genève, Hajer Hachbi, directeur exécutif de l'Institut africain des droits de l'homme, et Aicha Duhji, présidente de l'Observatoire international pour la paix, la démocratie et les droits de l'homme. Leurs contributions illustrent l'engagement international en faveur des droits des filles africaines et soulignent l'importance de la coopération entre les différents acteurs.

En conclusion, même si des progrès notables ont été réalisés, de nombreux défis demeurent. La collaboration entre les gouvernements, les organisations internationales et la société civile est essentielle pour garantir l’égalité des sexes et la protection des jeunes filles en Afrique. L'autonomisation des filles doit se poursuivre grâce à des actions concrètes soutenues par des réformes législatives et une attention particulière à l'éducation, à la santé et à la protection contre la violence et la discrimination.

Des experts africains réfléchissent à la vision royale de la transformation continentale
20252022–2025

Des experts africains réfléchissent à la vision royale de la transformation continentale

Dans le cadre du lancement de l’édition spéciale royale du New Africa Magazine, l’École nationale de commerce et de gestion (ENCG) de Casablanca a accueilli un panel d’experts axé sur le leadership souverain, la diplomatie et le développement du continent.

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Dans le cadre du lancement de l’édition spéciale royale du New Africa Magazine, l’École nationale de commerce et de gestion (ENCG) de Casablanca a accueilli un panel d’experts axé sur le leadership souverain, la diplomatie et le développement du continent. Organisée en partenariat avec le Centre international de diplomatie et l'Observatoire international pour la paix, la démocratie et les droits de l'homme – Genève, la session a réuni d'éminentes voix marocaines et africaines et a été modérée par le journaliste Said Maouaj.

Dr Gift Chidimma Nnamoko Orairu :

L’éditeur du New Africa Magazine, a réaffirmé le soutien indéfectible du magazine à la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud, décrivant les

Le Sahara marocain comme « une porte d’entrée pour le commerce, la coopération et la connectivité panafricaine ». Elle a salué le leadership royal qui a transformé un conflit de longue date en une opportunité d'intégration continentale.

Karima Rhanem :

Président du Centre international de diplomatie et rédacteur en chef mondial du magazine, a présenté le « Modèle stratégique de prospective souveraine » basé sur dix piliers, dont le développement centré sur l'humain, la stratégie atlantique, le leadership religieux modéré et la préparation aux crises. Elle l’a décrit comme « un modèle marocain avec une âme africaine, ancré dans la souveraineté, ouvert sur le monde et orienté vers l’avenir ».

Smaïl Kabbaj :

Directeur par intérim de l’ENCG Casablanca, a ouvert l’événement en soulignant le rôle civique de l’école dans la formation d’une génération alignée sur la vision de Sa Majesté pour l’Afrique. Il a souligné l'importance des partenariats entre le monde universitaire et les institutions d'influence et a annoncé une nouvelle collaboration entre l'ENCG et le New Africa Global Economic Institute pour renforcer la formation au leadership à travers le continent.

Dr Mustapha Sarhiri :

Docteur en droit public et sciences politiques, a mis en avant les trois dimensions fondamentales de l’orientation stratégique du Maroc sous Sa Majesté le Roi Mohammed VI : la sécurité spirituelle, l’intégration atlantique et la justice pour les femmes marocaines. Il a souligné le modèle marocain unique d'islam modéré en tant que pilier à la fois de l'unité nationale et du soft power à travers l'Afrique, ancré dans la coexistence et institutionnalisé à travers l'Institut Mohammed VI des Imams et la restauration du patrimoine religieux.

Sarhiri a également souligné le rôle transformateur de la coopération atlantique, faisant référence à des initiatives d'infrastructure clés telles que le gazoduc Nigeria-Maroc et le port atlantique de Dakhla. Concernant la justice de genre, il a souligné les réformes constitutionnelles et la montée en puissance des femmes professionnelles du droit comme reflets de l’engagement du Roi en faveur d’une gouvernance inclusive. Il a qualifié ces réformes de « piliers fondamentaux d’une renaissance africaine souveraine qui harmonise tradition et progrès ».

Dr Gift Chidimma Karima Rhanem

Smail Kabbaj Dr Mustapha Sarhiri

Maître Souad Batal Amine Sami

Maître Souad Batal :

Avocate et présidente du Comité des femmes et des enfants de l’Organisation africaine des droits de l’homme, a axé son intervention sur les avancées législatives du Maroc en matière de droits des femmes. Elle a retracé une trajectoire juridique depuis la réforme du Code de la famille de 2004 jusqu'à la criminalisation des violences basées sur le genre à travers la loi 13-103, en soulignant leur impact combiné sur l'autonomisation juridique et l'équité sociétale.

Batal renforce le positionnement du Maroc

Nidal Benali en tant qu'acteur régional de défense du genre à travers la coopération Sud-Sud, notamment dans le partage de modèles juridiques avec les États africains. Elle a souligné l’importance d’intégrer les droits des femmes dans une diplomatie plus large des droits de l’homme et a recommandé l’augmentation des plateformes régionales d’échange juridique. « L’autonomisation des femmes », a-t-elle conclu, « n’est pas seulement un devoir social, mais une nécessité stratégique pour la justice continentale ».

Amine Sami :

Expert en développement territorial et planification stratégique, a introduit le concept de « diplomatie de la rareté » comme modèle marocain pour convertir des ressources sous-utilisées en actifs stratégiques. Il a expliqué comment le Maroc identifie les espaces négligés ou sous-évalués, comme la lagune de Cocody en Côte d'Ivoire, et les transforme grâce à des investissements urbains et environnementaux intégrés. Ces espaces, autrefois considérés comme des passifs, deviennent des leviers de compétitivité durable et de branding territorial.

Sami a en outre souligné que ce modèle est guidé par l'identification précoce de « signaux du futur » – des indicateurs économiques, écologiques et sociaux subtils qui anticipent les besoins régionaux. Il a présenté Dakhla comme un exemple phare : autrefois un avant-poste isolé, aujourd’hui une plaque tournante atlantique en plein essor. « En alignant la vision sur l’action », a-t-il déclaré, « le Maroc démontre à quel point il

Salahadine Haggar pense que le développement devient un outil d’influence et de positionnement régional.

Nidal Benali :

Spécialiste de la politique de jeunesse et ambassadeur de la paix de l’ICESCO, a exploré l’évolution de la jeunesse marocaine, de militants de l’ère de l’indépendance à agents centraux de la stratégie de développement actuelle. Il a souligné que sous le Roi Mohammed VI, les jeunes ne sont plus des bénéficiaires passifs d'opportunités mais sont reconnus comme des leaders du changement, la Constitution de 2011 institutionnalisant la participation des jeunes et les mécanismes de consultation.

Benali a également souligné les principales étapes nationales et continentales, telles que la CAN 2025 et la Coupe du monde 2030, comme plates-formes pour l'inclusion et le leadership des jeunes. Il a appelé à des politiques et programmes publics davantage centrés sur les jeunes dans toute l’Afrique. "L'autonomisation", a-t-il souligné, "n'est pas un cadeau. C'est une responsabilité confiée à la génération qui définira l'avenir de l'Afrique".

Salahadine Haggar :

Doctorant en Droit Public et expert du Sahel, a analysé les implications de l'Initiative Atlantique annoncée par Sa Majesté. Il l’a présenté comme un cadre géopolitique révolutionnaire qui accorde aux pays enclavés du Sahel l’accès au commerce maritime et aux corridors de développement. Cette initiative, a-t-il soutenu, représente une réponse africaine souveraine à la marginalisation chronique de la région.

Haggar a souligné que la vision du Maroc redéfinit la sécurité régionale non pas à travers des coalitions militaires, mais à travers les infrastructures, la solidarité et l’interdépendance économique. En recadrant le Sahel comme une zone d’opportunité et pas seulement de crise, le Maroc promeut un modèle de sécurité ancré dans la dignité, la coopération et la souveraineté. « La paix », a-t-il conclu, « n’est plus l’absence de guerre, c’est la présence d’opportunités ».

Le panel s'est terminé sur une reconnaissance commune que la vision royale offre un modèle reproductible de développement souverain pour l'Afrique, un modèle qui équilibre l'identité, l'innovation et l'inclusion. Un livre blanc complet des recommandations politiques sera publié dans un prochain numéro du New Africa Magazine.

L'ICD appelle à une campagne internationale pour enregistrer les détenus à Tindouf
2022–20252022–2025

L'ICD appelle à une campagne internationale pour enregistrer les détenus à Tindouf

Le Centre international de diplomatie (ICD) a exprimé le 28 octobre 2022 sa profonde préoccupation face aux conditions de vie désastreuses dans les camps de Tindouf, appelant à une campagne d'engagement international urgente pour lutter contre la malnutrition, la militarisation des enfants et à réaliser un recensement…

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Le Centre international de diplomatie (ICD) a exprimé le 28 octobre 2022 sa profonde préoccupation face aux conditions de vie désastreuses dans les camps de Tindouf, appelant à une campagne d'engagement international urgente pour lutter contre la malnutrition, la militarisation des enfants et à réaliser un recensement des populations détenues dans ces camps.

Dans un communiqué, la présidente de l'ICD, Karima Rhanem, a salué l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU de la résolution 2654, qui reconfirme le cadre du processus politique, ses acteurs et son objectif ultime. Elle a souligné que le format « table ronde » sous les auspices de l'ONU reste le seul cadre de discussion pour parvenir à une solution définitive à ce différend régional.

Rhanem a souligné l’importance du rappel du Conseil de sécurité sur l’enregistrement des populations des camps de Tindouf et l’adhésion aux « meilleures pratiques » de l’ONU en matière d’acheminement de l’aide humanitaire.

Elle s'est déclarée alarmée par les conclusions d'une enquête préliminaire des Nations Unies sur la nutrition dans les camps de Tindouf en Algérie, condamnant ce qu'elle a décrit comme de graves violations des droits de l'homme et un détournement flagrant des fonds d'aide internationale.

« Ces populations, privées de tous droits, y compris des droits fondamentaux garantis par la Charte des droits de l'homme de l'ONU, se retrouvent une fois de plus exposées, dans le silence alarmant de la communauté internationale », a-t-elle déclaré.

Rhanem a exhorté la communauté internationale à assumer ses responsabilités et à travailler avec le pays hôte pour garantir les droits fondamentaux de ces populations, à commencer par le recensement. Elle a en outre souligné l'importance de la responsabilité et a appelé l'Algérie, en tant que pays hôte, à remplir ses obligations pour garantir que l'aide humanitaire parvienne à ses destinataires.

Elle s’est également dite préoccupée par l’endoctrinement et le recrutement d’enfants par les milices armées du groupe terroriste « Polisario », le dénonçant comme un crime contre l’humanité, un déni des droits fondamentaux des enfants et une violation flagrante des résolutions du Conseil de sécurité.

Rhanem a souligné le paradoxe : bien que ces camps soient parmi les plus anciens au monde, ils n'ont jamais été soumis à un recensement, malgré les demandes répétées du HCR, les résolutions du Conseil de sécurité et un récent appel de l'Union européenne.

Appelant l'Algérie à faciliter la mise en œuvre du mandat du HCR et à protéger les populations retenues sur son territoire, elle a déploré la réticence persistante des autorités algériennes à examiner ou à traiter les cas de violations contre les réfugiés dans les camps de Tindouf.

Les voix des jeunes et l’intersectionnalité au cœur du dialogue Sud-Sud sur la réforme juridique
2022–20252022–2025

Les voix des jeunes et l’intersectionnalité au cœur du dialogue Sud-Sud sur la réforme juridique

Le Centre international de diplomatie (ICD), en partenariat avec l'UNFPA Maroc, a organisé la deuxième réunion consultative sur « Les perspectives croisées sur les droits des jeunes filles dans la justice pénale et le code de la famille dans le cadre de la coopération Sud-Sud ».

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Le Centre international de diplomatie (ICD), en partenariat avec l'UNFPA Maroc, a organisé la deuxième réunion consultative sur « Les perspectives croisées sur les droits des jeunes filles dans la justice pénale et le code de la famille dans le cadre de la coopération Sud-Sud ». La réunion a rassemblé 110 participants du Maroc et de l'étranger, dont des délégations de Palestine, de Jordanie, du Nigeria, d'Allemagne et de Tunisie, ainsi que des représentants gouvernementaux, des universitaires, des acteurs de la société civile et des défenseurs de la jeunesse.

La consultation a mis en évidence la demande croissante de réforme du Code de la famille et du Code pénal marocain et a placé la voix des jeunes femmes au centre des discussions. Les organisateurs ont souligné que la réunion n'était pas seulement un dialogue juridique mais aussi une plateforme de participation inclusive, avec un accent particulier sur les défis intersectionnels auxquels sont confrontés les filles, les femmes handicapées, les migrants et d'autres groupes marginalisés.

Selon les chiffres officiels, l'événement a atteint un équilibre et une diversité remarquables : sur les 110 participants, 65 étaient des femmes et 45 des hommes. Le public représentait plusieurs générations, avec 18 participants âgés de 15 à 25 ans, 14 de 25 à 30 ans, 10 de 30 à 35 ans, huit de 35 à 40 ans et 60 de plus de 40 ans. En termes de profils professionnels, 21 étaient des décideurs publics, parmi lesquels de hauts représentants des ministères marocains, le vice-président de la région Casablanca-Settat, des juges, des avocats et des responsables internationaux de Palestine et du Nigeria. Les 89 participants restants provenaient de la société civile, du journalisme, du monde universitaire et d'organisations internationales. Il est important de noter que la réunion a réuni 12 participants handicapés et 11 délégués étrangers, garantissant ainsi qu'un large éventail de perspectives façonne le dialogue.

La séance d’ouverture a donné le ton avec des appels forts en faveur d’une réforme inclusive. Abdelilah Yacoubd, Représentant résident adjoint de l'UNFPA Maroc, a souligné que les réformes doivent refléter les réalités vécues plutôt que de se limiter aux textes juridiques. La présidente de l'ICD, Karima Rhanem, a souligné l'importance de rassembler les décideurs, la société civile et les jeunes femmes, y compris celles handicapées, pour garantir que leurs préoccupations soient pleinement intégrées dans les programmes de réforme. Fadwa Rih, représentant le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, a décrit la plateforme comme un renforcement de la démocratie participative. Du côté de la société civile, Nouzha Bouchareb, présidente de la Fondation Connecting Group International, a salué l'échange d'expériences Sud-Sud comme étant essentiel à la construction de réformes adaptées au contexte. Le Conseil national des droits de l'homme, représenté par Anas Sadoun, a réitéré son plaidoyer de longue date en faveur d'une protection renforcée des femmes et des enfants.

La séance a également donné la parole à des voix jeunes. Fatima Zaho, chercheuse et défenseure de la société civile, a présenté les recommandations de la première consultation, notamment la criminalisation du mariage des enfants, la réforme des règles en matière de pension alimentaire et de divorce et l'alignement des lois nationales sur les conventions internationales. La militante des droits des personnes handicapées, Samira Bakhti, a ajouté des revendications spécifiques de la part des jeunes femmes handicapées : lever les restrictions en matière de tutelle, garantir une justice accessible, protéger les droits de garde et garantir l'égalité en matière d'héritage. Leurs témoignages ont illustré les obstacles multiples et superposés auxquels les jeunes femmes sont confrontées et ont renforcé la nécessité de réformes attentives à l'intersectionnalité.

La première séance de fond a élargi le débat grâce à des expériences comparatives. L'universitaire marocain Dr Anas Saadoun a appelé à l'alignement de la législation nationale sur les traités internationaux tels que la CEDAW et la CRC, notant des lacunes persistantes en matière de filiation et d'accès au Fonds de solidarité. L'expert juridique allemand Sebastian

Vacht a retracé la trajectoire de son pays, rappelant comment les femmes n’ont obtenu le droit de poursuivre une carrière indépendante qu’en 1974, tout en reconnaissant les débats contemporains sur les mariages d’enfants réfugiés et la réforme de l’avortement. Hafidha Chekir, de Tunisie, a souligné la légalisation historique de l’avortement dans son pays en 1973 et la loi de 2017 contre la violence envers les femmes, mais a averti que la mise en œuvre reste inégale. Du Nigeria, le Dr Jummai Ahmadu a décrit une réalité troublante : 43 pour cent des filles se marient avant l'âge de 18 ans, et la société civile joue un rôle crucial dans la promotion de l'alphabétisation et dans le retardement du mariage. Kafa Yasser Mustafa Al-Hroub, de Jordanie, a présenté les réformes du droit du statut personnel, notamment l'abolition de l'article 308 du Code pénal et l'introduction de mesures de filiation basées sur l'ADN, même si des défis persistent.

La deuxième session a apporté des preuves basées sur le terrain et s'est davantage concentrée sur les droits des personnes handicapées. L'avocate marocaine Fatiha Chtatou a souligné les contradictions entre la Constitution et le droit de la famille, appelant à l'abolition de la polygamie, à garantir l'égalité en matière d'héritage et à reconnaître le travail domestique non rémunéré des femmes. Zouhair Addaoui, représentant Y-Peer Maroc, a présenté une recherche de Khénifra qui associe le mariage des enfants à la pauvreté, aux pressions culturelles, aux grossesses précoces et aux relations adolescentes. Il a appelé à une interdiction totale du mariage des enfants ainsi qu’à des investissements dans l’éducation. Samira Bakhti est revenue pour souligner une nouvelle fois l'urgence d'intégrer les voix des filles handicapées dans la réforme juridique, notamment en ce qui concerne la garde, l'héritage et l'égalité des chances dans le mariage et la vie familiale. Les participants ont également souligné le problème croissant de la sextorsion dans l'éducation et l'emploi, appelant à des protections plus renforcées et à un soutien socio-économique complet pour les groupes vulnérables.

La séance de clôture, modérée par l'expert en politiques publiques Fahd Assila, a consolidé les recommandations. Les intervenants ont convenu que le mariage des enfants doit être éliminé grâce à des réformes globales, combler les vides juridiques et renforcer les mécanismes d’application. Ils ont souligné l'importance d'aligner les lois nationales sur les normes internationales, tout en respectant les contextes culturels et sociaux. Les participants ont appelé à un engagement soutenu de la société civile, à des partenariats plus solides entre les acteurs Sud-Sud et Nord-Sud et, surtout, à une inclusion continue des voix des jeunes dans les processus d'élaboration des politiques.

À la fin de la réunion, les intervenants ont souligné que les réformes des codes de la famille et pénal marocains ne peuvent réussir sans l’intersectionnalité et la participation inclusive. En rassemblant les perspectives du Maroc, de la Tunisie, de la Jordanie, du Nigeria, de l'Allemagne et d'ailleurs, la consultation de Rabat a démontré que les leçons mondiales peuvent éclairer les réformes nationales. Plus qu’un exercice juridique, le dialogue a rappelé que les voix des jeunes femmes – en particulier les plus marginalisées – doivent être placées au centre des réformes de la justice et du droit de la famille pour garantir des changements significatifs et durables.

À la suite des panels, un hommage a rendu hommage à des personnalités clés pour leurs contributions à l’avancement des droits des femmes et des filles. Parmi les lauréats figurent : Anas Saadoun (CNDH), la juge Fatima Ougadoum (Union des femmes juges marocaines), Nouzha Bouchareb (Fondation internationale Connecting Group), Soumaya Doha Alaoui El Ismaili (Union nationale des femmes marocaines), Dr Rokia Achmal (Université Mohammed V) et Amal Idrissi (UNFPA).

Les lauréats ont exprimé leur gratitude, soulignant que la réforme est une responsabilité partagée entre les institutions, le monde universitaire et la société civile.

« « Rien pour elles sans elles » : l’appel de Rabat appelle à la protection et à l’égalité des filles »
2022–20252022–2025

« « Rien pour elles sans elles » : l’appel de Rabat appelle à la protection et à l’égalité des filles »

Le Centre international de diplomatie (ICD), en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et la Coalition ISRAR, a organisé un séminaire historique à Rabat sous le thème « Les droits des filles au Maroc : leviers de transformation sociale ».

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Le Centre international de diplomatie (ICD), en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et la Coalition ISRAR, a organisé un séminaire historique à Rabat sous le thème « Les droits des filles au Maroc : leviers de transformation sociale ». L'événement, qui s'est tenu le 10 octobre à l'hôtel Farah, a rassemblé 64 participants, dont des représentants du gouvernement, des dirigeants de la société civile, des magistrats et des représentants des médias.

Le séminaire a coïncidé avec la Journée nationale de la femme et la Journée internationale de la fille, soulignant l’urgence de réviser le Code de la famille de 2004 du pays.

Mariage précoce et inégalités persistantes

En ouvrant le séminaire, Abdelilah Yacoubd, représentant de l'UNFPA au Maroc, a souligné des chiffres alarmants :

« Près de 12 pour cent des filles au Maroc sont mariées avant l’âge de 18 ans. Le mariage des enfants les prive d’éducation, met leur santé en danger et perpétue le cycle de la pauvreté. »

Il a souligné que la réforme législative à elle seule est insuffisante, appelant à une application plus stricte, à un accès à l'éducation et aux services de santé, ainsi qu'à une éducation sexuelle complète pour protéger les adolescentes.

RIEN POUR EUX SANS EUX

« Rien pour eux sans eux »

Karima Rhanem, présidente de l'ICD, a souligné que les filles doivent être au cœur du processus de réforme :

"Rien ne peut être fait pour eux sans eux. Les jeunes, y compris les filles, réclament une masculinité positive et une culture de l'égalité comme fondements du développement du Maroc."

Elle a appelé à des réformes qui criminalisent le mariage des enfants, garantissent l’égalité de l’autorité parentale, protègent les droits des enfants quel que soit leur statut familial et respectent les engagements internationaux du Maroc.

La société civile exige une justice inclusive

Mariam Zemouri, présidente de la Coalition ISRAR, a averti que les lacunes du Code de la famille actuel compromettent les garanties constitutionnelles d'égalité :

"Même si la réforme de 2004 a été révolutionnaire, sa mise en œuvre a révélé de graves lacunes. Aujourd'hui, nous avons besoin d'un Code de la famille aligné sur la Constitution de 2011 et sur les obligations internationales du Maroc."

De la coalition We-Men Engaged for Change, Leila Amili a exhorté à mettre l'accent sur l'éducation et la protection :

"Lutter contre l'abandon scolaire, la pauvreté et l'analphabétisme, y compris l'analphabétisme juridique, est vital. Les filles ont également besoin d'une éducation sexuelle complète pour les protéger des abus et de la manipulation."

Elle a insisté pour l'élimination de toutes les exceptions autorisant le mariage des enfants et pour l'égalité des droits de garde et de tutelle pour les mères.

Engagement du gouvernement

Représentant le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Fadwa Rih a souligné que l’autonomisation économique des femmes est essentielle au développement national :

"L'autonomisation signifie donner aux femmes les outils nécessaires pour participer au développement tout en préservant leur dignité. Les politiques publiques doivent garantir l'inclusion socio-économique des filles, en particulier des plus vulnérables."

Elle a souligné la volonté du gouvernement

Plan ICRAM 3, qui promeut l’égalité des sexes, lutte contre le harcèlement en ligne et encourage une masculinité positive.

Experts juridiques sur les priorités de réforme

Dans une présentation détaillée, le Dr Anas Saadoune, juge et membre du Club des Magistrats Marocains, a prévenu que :

"Le mariage des enfants est devenu la norme plutôt que l'exception. De nombreux mariages coutumiers s'apparentent à une forme de traite des êtres humains."

Il a appelé à : • criminaliser toutes les formes de mariage d'enfants, • garantir la garde conjointe et l'égalité de l'autorité parentale, • protéger les droits de filiation quel que soit l'état civil des parents, • et inclure des protections spéciales pour les femmes et les filles en cas de catastrophes naturelles.

RIEN POUR EUX SANS EUX

Concernant les droits reproductifs, le Dr Fahd Assila, expert en politiques de jeunesse, a noté que :

« Entre 600 et 800 avortements clandestins ont lieu chaque jour au Maroc, mettant en danger la vie des femmes. »

Il a recommandé de légaliser et de réglementer l'avortement dans le cadre du Code de la santé plutôt que du Code pénal afin de garantir des services sûrs et accessibles.

RIEN POUR EUX SANS EUX

L’Appel de Rabat : une feuille de route collective

Le point culminant du séminaire a été l’adoption de « l’Appel de Rabat », une déclaration commune approuvée par la nouvelle Coalition nationale pour les droits des filles. Loin d’être une simple déclaration d’intention, l’appel sert de feuille de route pour la réforme, appelant la société civile, les législateurs et les institutions à se rassembler autour d’une vision commune.

L’Appel de Rabat appelle à :

• Tolérance zéro pour le mariage des enfants en éliminant toutes les exceptions et lacunes, • Pleine égalité en matière d'autorité parentale et de garde, • Protection des droits des enfants quel que soit leur statut familial, • Accès sûr et légal aux services de santé reproductive, • Programmes d'éducation et de sensibilisation pour favoriser l'égalité et la masculinité positive,

Jeunes, l’Association Tisghnass, Ayadi Houra et l’Union de l’Action Féminine.

• Et veiller à ce que toutes les réformes soient ancrées dans la Constitution et dans les engagements internationaux du Maroc. « Cet appel n'est pas la fin d'un processus mais le début d'une mobilisation nationale plus large », a affirmé la coalition. « Il s’agit d’un pacte visant à garantir que la dignité, l’égalité et l’intérêt supérieur des filles soient enfin placés au centre de la société marocaine. »

En s’unissant sous l’Appel de Rabat, ces organisations ont transformé le débat d’un plaidoyer dispersé en une revendication nationale cohérente. Les observateurs ont noté que cette voix collective pourrait être décisive pour façonner la réforme du Code de la famille actuellement en cours de révision.

Comme le conclut Karima Rhanem :

Un tournant pour le Maroc

"L'Appel de Rabat ne concerne pas les femmes contre les hommes ou les gagnants contre les perdants. Il s'agit du Maroc qui choisit la dignité, l'égalité et la justice pour tous."

Le séminaire a marqué le lancement de la première coalition nationale marocaine dédiée aux droits des filles, réunissant l'ICD, la Coalition ISRAR, l'Association Jeunes pour

Les jeunes filles présentent leurs revendications directement aux législateurs dans le cadre de la réforme du Code de la famille au Maroc
2022–20252022–2025

Les jeunes filles présentent leurs revendications directement aux législateurs dans le cadre de la réforme du Code de la famille au Maroc

Dans une démarche révolutionnaire en matière de participation civique, les jeunes filles marocaines ont fait part de leurs préoccupations et de leurs revendications directement aux législateurs, aux ministres et aux autorités judiciaires en octobre et novembre 2023, dans le cadre des efforts nationaux visant à…

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Dans une démarche révolutionnaire en matière de participation civique, les jeunes filles marocaines ont fait part de leurs préoccupations et de leurs revendications directement aux législateurs, aux ministres et aux autorités judiciaires en octobre et novembre 2023, dans le cadre des efforts nationaux visant à réformer le Code de la famille et le Code pénal.

L'initiative, menée par le Centre international pour la diplomatie (ICD), a permis aux filles de rencontrer plus de 60 responsables, dont des membres du Parlement, des ministres du gouvernement, des conseils consultatifs et du pouvoir judiciaire. Le plaidoyer s'est concentré sur des questions sensibles telles que le mariage des enfants, le droit de garde et la protection des mineurs pendant les crises.

Les filles au Parlement : les partis politiques réagissent

Au Parlement, les filles ont présenté des mémorandums et des notes d'orientation décrivant leurs priorités, exhortant les législateurs à abolir les exceptions autorisant le mariage des enfants, à reconnaître l'autorité parentale partagée et à renforcer la protection des enfants vulnérables.

• Le Parti de la Justice et du Développement (PJD) a souligné la nécessité d'examiner la situation réelle des filles au Maroc, en particulier dans les zones reculées où des traditions bien ancrées bloquent les réformes. Le parti a appelé à une stratégie visant à protéger les femmes et les enfants lors des catastrophes naturelles et des crises, en garantissant la cohérence avec les lois existantes.

• Le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS) s'est engagé à organiser des journées d'études sur le Code de la Famille et a formellement invité l'ICD et les filles à y participer. Le groupe a accueilli favorablement les recommandations de l’ICD, s’est engagé à les soutenir et a promis de défendre les droits des filles pendant le processus de réforme.

• Le Groupe Ichtiraki a soutenu que la législation à elle seule ne peut pas éliminer le mariage des enfants. Il réclame depuis longtemps la criminalisation de cette pratique, mais souligne que les réformes doivent s’accompagner d’une action plus large – depuis la lutte contre l’ignorance jusqu’à la lutte contre la fragilité sociale. Le groupe a également souligné l’importance de la garde partagée entre les parents dans le meilleur intérêt des enfants et a appelé à des réformes s’appuyant à la fois sur les normes internationales et sur le cadre religieux du Maroc.

• Le Groupe Haraki a souligné le rôle essentiel de la société civile dans l'élaboration des lois et des politiques. Il décrit le mariage des enfants comme un « crime contre l’humanité » qui doit être éradiqué et appelle à la vigilance dans le traitement de questions aussi sensibles. Le groupe a largement soutenu les recommandations de l’ICD et a déclaré que le moment de la réunion était crucial, juste avant sa propre session avec la Commission royale sur la réforme.

Le parti Istiqlal a également exprimé son soutien aux réformes de la garde partagée, s’alignant sur les propositions de l’ICD.

Ministères et organes consultatifs

Au-delà du Parlement, les filles ont également élevé la voix devant les ministres du gouvernement. Le ministère de la Solidarité, de l’Inclusion sociale et de la Famille a convenu d’une action commune lors de la campagne des 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre, tandis que le ministère de la Jeunesse et de la Culture s’est engagé à utiliser les centres artistiques et communautaires pour sensibiliser aux droits des filles. Le ministère des Affaires étrangères a souligné les obligations du Maroc au titre des conventions internationales relatives à la protection de l’enfance et à la lutte contre la traite.

Au Conseil national des droits de l'homme, deux jeunes filles se sont adressées directement à de hauts responsables, soulignant que les réformes doivent aller au-delà du texte juridique pour apporter de réels changements dans la vie quotidienne. Leurs interventions ont ensuite été reprises devant la Commission royale chargée de rédiger le nouveau Code de la famille, où ils ont insisté pour mettre fin au mariage des enfants et pour une plus grande reconnaissance de l’intérêt supérieur des enfants.

Pouvoir judiciaire et débat public

Lors des réunions avec le pouvoir judiciaire, les discussions ont porté sur l'interdiction des pratiques d'exploitation telles que le « mariage par chèque » et sur l'application d'une vérification stricte de l'âge pour empêcher les unions de mineurs. Les filles ont insisté sur le fait que ces pratiques équivalaient à un trafic d'êtres humains et ont exigé que les tribunaux et les procureurs rendent des comptes.

Leur participation a attiré l'attention des médias, les reportages de la télévision nationale sur leur plaidoyer étant visionnés des dizaines de milliers de fois.

« Les filles ont leur place à l'école, pas au mariage », ont déclaré les jeunes défenseurs, insistant sur le fait que la pauvreté et la vulnérabilité sociale ne peuvent justifier des pratiques qui les privent de leurs droits.

Un changement dans le processus de réforme

Alors que le Maroc avance dans cette réforme historique, la présence de jeunes filles dans les lieux du pouvoir a déplacé le débat – des discussions à leur sujet vers des discussions avec elles. Leurs interventions directes, soutenues par la coordination de l’ICD, ont permis de garantir que les voix des personnes les plus touchées ne soient pas seulement entendues, mais qu’elles façonnent l’avenir du droit de la famille au Maroc.

Coups de pinceau de justice : de jeunes artistes de Rabat affrontent la violence de genre
2022–20252022–2025

Coups de pinceau de justice : de jeunes artistes de Rabat affrontent la violence de genre

ART Au Théâtre Mohammed V, l’art devient une voix pour les droits des femmes à l’occasion des 16 Journées d’Activisme et du 75ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

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ART Au Théâtre Mohammed V, l’art devient une voix pour les droits des femmes à l’occasion des 16 Journées d’Activisme et du 75ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Rabat, Maroc. Le Théâtre Mohammed V de Rabat a accueilli du 1er au 7 décembre 2023 une exposition où l’art est devenu un puissant outil d’activisme. Organisée par le Centre international de diplomatie (ICD) en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et le Théâtre Mohammed V, l'exposition marquait la campagne mondiale des 16 jours d'activisme contre les violences basées sur le genre et le 75ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Organisée sous le thème « La protection des droits socio-économiques des femmes et des filles : un pilier dans la lutte contre les violences basées sur le genre », l'exposition a réuni plus de 30 artistes. Les peintures, caricatures et œuvres mixtes reflétaient des questions urgentes telles que le mariage des enfants, les droits économiques des femmes, l’égalité au sein du Code de la famille et la protection des droits lors de catastrophes naturelles. Plus de 500 visiteurs ont assisté à l'événement, soulignant le fort intérêt du public pour le lien entre art et justice sociale.

L'exposition a été complétée par deux conférences, l'une sur les relations entre droits de l'homme et arts plastiques et l'autre sur la caricature comme miroir des enjeux de société. Les deux sessions ont souligné l'importance de la culture en tant que catalyseur de débat et de transformation.

L'ICD a également lancé une campagne numérique sous le slogan #MyVoice_He a r d _ My R i g h t _ P r o t e c t e d (#MaVoix_Ecoutée_MonDroit_ Protégé) pour sensibiliser aux violences basées sur le genre et amplifier son plaidoyer en faveur d'une réforme du Code de la famille. Le 15 novembre 2023, le Centre avait déjà soumis une note à la commission officielle chargée de réviser le Code, appelant à l'abolition des dispositions légales autorisant le mariage des enfants, à la reconnaissance des droits de filiation pour protéger les enfants, à la garde et à la tutelle partagées, à des droits plus forts pour les personnes handicapées et à des cadres juridiques plus équitables pour les Marocains de l'étranger et les résidents étrangers.

Cette exposition s'inscrit dans une stratégie plus large de l'ICD visant à mobiliser l'art et la culture au service des droits de l'homme et du progrès social. Pendant la pandémie de COVID-19, le Centre a engagé des artistes pour sensibiliser et documenter l’impact de la crise. En 2020, elle a organisé une conférence internationale sur l’avenir des arts plastiques dans l’ère post-COVID, à laquelle ont participé 40 artistes de 17 pays. À cette époque, l’ICD facilitait le dialogue entre des artistes marocains et internationaux comme Afif Bennani, surnommé le « Roi des Kasbahs », qui a été honoré lors de l’exposition de 2023 pour sa contribution de toute une vie à l’art et à l’engagement social.

En 2023, juste avant l'exposition de Rabat, l'ICD a organisé des ateliers et des séances de coaching pour jeunes artistes, axés sur les arts plastiques et la caricature comme outils d'illustration des débats juridiques et sociaux. Ces ateliers ont permis à plus de 30 artistes émergents de créer des œuvres abordant les droits des femmes, l’égalité des sexes, la masculinité positive et la lutte contre le mariage des enfants. Leurs peintures, dessins et caricatures ont été exposés au Théâtre Mohammed V, donnant à la créativité des jeunes un rôle central dans l'exposition.

En plaçant l'art au cœur du militantisme, l'exposition réaffirme le rôle des artistes en tant que défenseurs de l'égalité et de la dignité humaine. Cela a également démontré la détermination de l’ICD à jeter des ponts entre la société civile, les institutions et le secteur culturel afin de lutter contre la violence et la discrimination. Alors que le Maroc continue de débattre des réformes de ses cadres juridiques et sociaux, ces coups de pinceau de justice rappellent que l’art peut être à la fois le reflet de la société et un agent de sa transformation.

L’exposition et les ateliers préparatoires de 2023 s’inscrivent dans une trajectoire plus longue du travail de l’ICD visant à autonomiser les jeunes à travers l’art, la culture et le dialogue. En créant des plateformes permettant aux jeunes artistes d’exprimer leurs visions de justice et d’égalité, le Centre continue d’investir dans une nouvelle génération de leaders culturels qui façonnent l’avenir du Maroc avec créativité, courage et engagement.

Un juriste propose un cadre national pour le soutien aux victimes au Maroc
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Un juriste propose un cadre national pour le soutien aux victimes au Maroc

Alors que le Maroc traverse une phase de réforme juridique majeure, le juriste Mustapha Sarhiri propose une étape complémentaire et attendue depuis longtemps : établir un système national structuré pour soutenir les victimes de la criminalité.

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Alors que le Maroc traverse une phase de réforme juridique majeure, le juriste Mustapha Sarhiri propose une étape complémentaire et attendue depuis longtemps : établir un système national structuré pour soutenir les victimes de la criminalité. Sa proposition introduit un cadre inspiré de ce que de nombreux systèmes juridiques étrangers reconnaissent comme la « victimologie » – une approche qui se concentre sur les expériences, les droits et le rétablissement des personnes lésées par le crime, et pas seulement sur la pénalisation des auteurs.

Sarhiri, qui a travaillé en étroite collaboration avec diverses associations juridiques et organisations de la société civile, affirme que la loi marocaine offre trop peu de protection ou de soutien aux victimes, notamment dans les cas de violence, d'abus ou de vulnérabilité sociale. Il estime qu'un système judiciaire axé uniquement sur les poursuites est incomplet s'il ne parvient pas à fournir des soins et un accès au rétablissement aux individus les plus directement touchés par des actes criminels.

S'appuyant sur son expérience en matière de soutien juridique aux anciens détenus, aux femmes survivantes d'abus et aux jeunes touchés par la violence scolaire et l'exclusion sociale, Sarhiri souligne la nécessité de développer des mécanismes de soutien coordonnés. Sa vision inclut la création de centres locaux qui offriraient aux victimes des conseils psychologiques, une assistance juridique et des conseils administratifs. Ces centres seraient liés au système judiciaire et dotés de professionnels formés pour gérer les traumatismes et les procédures juridiques d'une manière sensible aux victimes.

Sarhiri souligne également l'importance de la formation des professionnels du droit. Les juges, les policiers, les avocats et les travailleurs sociaux – qui jouent tous un rôle dans l’expérience de justice des victimes – doivent être dotés à la fois de connaissances juridiques et d’une compréhension approfondie des dimensions psychologiques et sociales de la victimisation. Il propose d'intégrer cette matière dans les programmes universitaires de droit et les académies judiciaires, ainsi que d'offrir du développement professionnel continu à ceux qui travaillent déjà dans le domaine.

En termes législatifs, Sarhiri voit des lacunes évidentes. La loi marocaine, telle qu’elle existe actuellement, ne définit pas le statut juridique d’une victime de manière à garantir le droit à une assistance, à la participation à une procédure judiciaire ou à l’accès à une indemnisation. Il estime que ces lacunes peuvent être comblées dans le cadre de la réforme en cours du Code pénal et du Code de procédure pénale. Une partie de sa proposition implique l'introduction de garanties juridiques permettant aux victimes d'accéder aux services sociaux, de recevoir une protection si nécessaire et d'obtenir une compensation équitable. Dans les cas où une victime ne peut pas demander réparation devant les tribunaux – parce que l’auteur est inconnu, indigent ou inaccessible – Sarhiri appelle à la création d’un fonds d’indemnisation soutenu par l’État et administré de manière transparente.

Le timing, dit-il, est important. Le Maroc révise actuellement plusieurs cadres juridiques majeurs, notamment le droit de la famille, les condamnations pénales et la justice procédurale. L’émergence de politiques autour des peines alternatives, en particulier, ouvre la porte à des formes de justice plus réparatrices – mais celles-ci doivent également inclure des mécanismes significatifs pour soutenir les victimes, et pas seulement réduire les sanctions infligées aux délinquants.

La proposition de Sarhiri s’inspire également des expériences marocaines et internationales. Au niveau national, il considère la Commission Équité et Réconciliation du Maroc comme un précédent pertinent – ​​un organisme national qui a fourni reconnaissance, réparation et guérison publique aux victimes de violences d’État passées. Bien que cette initiative se soit concentrée sur les violations historiques des droits de l’homme, il estime que les principes fondamentaux – reconnaissance institutionnelle du préjudice, réadaptation psychologique et indemnisation équitable – sont applicables aux contextes de justice pénale modernes.

À l’échelle internationale, sa réflexion s’inspire de modèles de pays comme la France, le Royaume-Uni et le Canada, où le soutien aux victimes est intégré au système judiciaire par le biais de bureaux spécialisés, de chartes formelles des droits et de partenariats multisectoriels. Selon lui, le Maroc peut tirer des leçons de ces modèles tout en adaptant sa propre approche à son contexte culturel et juridique.

Cependant, Sarhiri reconnaît que la proposition sera confrontée à plusieurs défis. Le principal problème est le manque de sensibilisation du public aux droits des victimes, en particulier dans les communautés où la stigmatisation ou le silence entourent des questions telles que la violence domestique ou les abus sexuels. En outre, l’infrastructure juridique et institutionnelle du Maroc reste sous-financée en matière de services psychosociaux et d’aide juridique.

Pour résoudre ces problèmes, Sarhiri appelle à des investissements soutenus par l’État, à une réforme juridique et à une coordination entre les secteurs. Il estime que les institutions telles que le ministère de la Justice, le ministère de la Santé et les organisations de la société civile doivent travailler ensemble pour construire un modèle efficace et durable. Il souligne également l’importance de la collecte de données, du suivi des programmes et de l’évaluation indépendante – non seulement pour guider la mise en œuvre, mais aussi pour démontrer l’impact et construire un soutien politique à long terme.

Fondamentalement, la proposition vise à élargir la définition de la justice au Maroc. Pour Sarhiri, la justice ne peut se mesurer uniquement en termes de peines ou de verdicts. Il faut également tenir compte de la manière dont le système juridique contribue à la guérison, à la sécurité et à la réintégration. Un système qui ne parvient pas à reconnaître ou à aider les victimes, affirme-t-il, est incomplet – et risque d’aggraver les dommages plutôt que de les réparer.

Alors que le Maroc prépare son avenir en matière de réforme de la justice, la proposition de Sarhiri soulève des questions fondamentales sur la manière dont l’État traite ses citoyens les plus vulnérables. Cela invite à un changement de pensée juridique et sociale : de la punition seule à un modèle plus équilibré qui centre également la dignité, la protection et le bien-être à long terme des personnes touchées par la criminalité.

Femmes chefs de famille : entre défis, résilience et appel à l’égalité des droits
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Femmes chefs de famille : entre défis, résilience et appel à l’égalité des droits

Sous la bannière de l’autonomisation des femmes, le Centre international de diplomatie a réuni à Rabat un large éventail de juges, de chercheurs, de dirigeants de la société civile et d’acteurs sociaux.

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Sous la bannière de l’autonomisation des femmes, le Centre international de diplomatie a réuni à Rabat un large éventail de juges, de chercheurs, de dirigeants de la société civile et d’acteurs sociaux. La réunion a mis en lumière les défis urgents auxquels sont confrontées les femmes chefs de famille, qui doivent composer avec le difficile équilibre entre devoirs professionnels et responsabilités familiales, et a formulé des recommandations concrètes en faveur de réformes.

Dans son discours d'ouverture, Karima Rhanem, présidente du Centre international de diplomatie, a donné le ton en soulignant l'urgence de la question. Elle a présenté des statistiques alarmantes sur le nombre de femmes chefs de famille au Maroc, insistant sur le fait qu'elles constituent une pierre angulaire à la fois de la stabilité familiale et du développement national. Elle a souligné que le Centre a choisi ce thème pour mettre en évidence non seulement les inégalités structurelles auxquelles ces femmes sont confrontées, mais également les opportunités de réforme.

Smail Kabbaj, directeur du Centre, a accueilli les participants de divers secteurs – juges, société civile, chercheurs, journalistes – et a exhorté à ce que la conférence ne reste pas au niveau du diagnostic mais s'oriente vers des recommandations concrètes et un changement de politique.

La justice et le code de la famille sous surveillance

La conférence s'est ouverte par un panel dédié à la dimension juridique.

La juge Malika Chgoura a souligné les lacunes du Code de la famille marocain, notamment en matière de garde des enfants et de pension alimentaire, soulignant que le cadre actuel laisse trop souvent aux femmes le fardeau le plus lourd.

Faisant écho à cette préoccupation, Anas Saadoun, membre du Club des juges marocains, a souligné l'importance d'intégrer la sensibilité au genre dans le système judiciaire. Il a fait valoir que les tribunaux doivent s’adapter aux changements sociaux et garantir aux femmes chefs de famille une protection efficace et équitable.

Les voix de la société civile sur le terrain

La deuxième séance a donné la parole aux dirigeants et praticiens de la société civile.

Samira Labiad, présidente de l'association Al-Nada pour l'accueil et la réinsertion des femmes vulnérables, a offert un témoignage saisissant des luttes auxquelles sont confrontées les femmes en situation précaire. Elle a souligné la nécessité d'un soutien psychosocial et de mécanismes pratiques de réintégration.

Hamza Koundi a porté une attention particulière aux athlètes féminines qui sont également chefs de famille, décrivant le dilemme auquel elles sont confrontées lorsqu'il s'agit de concilier obligations familiales et carrières sportives exigeantes. Il a appelé à des mesures adaptées, notamment un soutien aux familles pendant les compétitions et des réformes juridiques, afin que les athlètes n'aient pas à choisir entre carrière et famille.

Clôturant la séance, Halim Salah Eddine, chercheur en affaires parlementaires et représentant de l'association Challenge for Equality and Citizenship, a souligné le rôle essentiel de la société civile dans la conduite du changement législatif. Il a rappelé que les femmes chefs de famille – la moitié de la société – doivent être reconnues comme des partenaires essentielles du développement économique et social. Il a insisté pour que les politiques publiques adoptent une approche systématique basée sur le genre afin d’améliorer véritablement la condition des femmes.

Le poids du double fardeau

La question de la santé mentale et de l’épuisement était également au cœur du débat.

Mohamed Houbib, président de l'Association nationale des travailleurs sociaux du secteur judiciaire, a présenté des données alarmantes sur les conséquences du surmenage et des tensions familiales. Il a souligné que l'épuisement professionnel, désormais reconnu par l'OMS, touche de manière disproportionnée les femmes chefs de famille. Il a appelé à des conditions de travail flexibles et à une plus grande reconnaissance institutionnelle de cette réalité.

Des ateliers vers l'action

Des ateliers interactifs ont traduit les discussions en propositions.

Le premier atelier s’est concentré sur la réforme législative, soulignant la nécessité urgente de mettre à jour le Code de la famille et la loi 30.09 sur le sport afin de mieux protéger les droits des femmes et de fournir un soutien financier et social ciblé.

Le deuxième atelier, animé par Anas Saadoun et Mohamed Houbib, a abordé les stratégies de prévention de l'épuisement professionnel. Les participants ont proposé des modalités de travail flexibles, des garderies accessibles et des programmes structurés de soutien psychologique.

Recommandations partagées

En conclusion, les participants ont recommandé à l’unanimité :

• Réviser les lois pour consacrer l'égalité,

• Créer des services de garde d'enfants en milieu de travail et des crèches accessibles,

• Prolongation des congés maternité et paternité,

• Assurer l'égalité salariale,

• Lancer des programmes de leadership pour les femmes, et

• Réaliser des campagnes de sensibilisation impliquant les hommes dans le partage des responsabilités familiales.

Un appel collectif au changement

L’événement a souligné une détermination commune : faire progresser les cadres juridiques et sociaux afin que les femmes chefs de famille puissent s’épanouir sans sacrifier leur équilibre personnel. Un message amplifié par Karima Rhanem et Smail Kabbaj, initiateurs du forum, qui ont exhorté à ce que les débats se traduisent en politiques publiques concrètes.

Le soulèvement silencieux au Maroc : comment les femmes en situation de précarité reprennent le pouvoir grâce aux compétences, à la solidarité et à la politique
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Le soulèvement silencieux au Maroc : comment les femmes en situation de précarité reprennent le pouvoir grâce aux compétences, à la solidarité et à la politique

Dans le quartier populaire de Jnan Znata, en bordure d'Ain Harrouda, près de Casablanca, une transition tranquille s'enracine.

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Dans le quartier populaire de Jnan Znata, en bordure d'Ain Harrouda, près de Casablanca, une transition tranquille s'enracine. Dans un modeste atelier où les machines à coudre résonnent avec rythme et détermination, un groupe de femmes, autrefois isolées par les difficultés, remodèlent leur avenir avec du fil, une vision et une confiance retrouvée.

Au centre de ce mouvement se trouve l’Association Nada pour l’accueil et la réinsertion des femmes en situation difficile, une organisation de base qui propose bien plus qu’une formation professionnelle. Il offre une voie – loin de l’exclusion économique et du traumatisme émotionnel – vers l’autonomie, la stabilité et la communauté. Pour beaucoup de ces femmes, c’est leur première chance d’être vues, entendues et soutenues.

L’association a récemment organisé son premier forum national sur l’autonomisation économique des femmes, où le personnel recoupe le politique. Les participants ont partagé non seulement leurs parcours de réinvention, mais aussi leur insistance sur le fait que l'autonomisation doit aller au-delà de la charité ou d'une intervention temporaire. Elle doit être institutionnelle, soutenue et ancrée dans la justice.

Bouchra, une femme d’une vingtaine d’années, a parlé franchement de la façon dont l’échec scolaire a fait dérailler son sens du but. «Je pensais que ne pas réussir le baccalauréat signifiait que j'avais fini», dit-elle. Mais après avoir rejoint les ateliers de couture et de développement personnel de Nada, elle a commencé à reconstruire son identité et ses ambitions. "Maintenant, je conçois mon propre projet. Je ne suis plus coincé dans cette version unique de l'échec."

À proximité, Zohra, la cinquantaine et autrefois vendeuse de fruits de mer, réalisant ses ventes quotidiennes, a finalement réalisé le rêve qu'elle avait abandonné lorsqu'elle était enfant : devenir couturière. «Je pensais qu'il était trop tard», dit-elle. "Mais cet espace m'a donné la permission de réessayer." Aujourd’hui, elle se prépare à lancer sa propre entreprise de couture à domicile.

Leurs histoires représentent bien plus que des transformations individuelles : elles reflètent un mouvement plus profond qui se déroule dans la société marocaine. Selon Karima Rhanem, experte en politiques publiques et présidente du Centre international de diplomatie, le travail de Nada est un « exemple vivant » de la manière dont un soutien croisé – économique, psychologique, juridique – peut générer une réelle mobilité sociale. « On ne peut pas séparer l’autonomisation des systèmes politiques et économiques plus larges », a-t-elle expliqué. "Ce que nous voyons ici, c'est que le soutien doit être multidimensionnel. Ce n'est pas seulement une question de formation, c'est une question de confiance, de suivi et de voix."

Cette vision plus large a également été reprise par l’universitaire et contributeur politique Mustapha Sarhiri, qui s’est adressé au forum avec un appel à l’action ancré dans le paysage politique national. Dans ses remarques, il a souligné que l’approche du Maroc en matière d’autonomisation des femmes, en particulier pour celles qui se trouvent dans des circonstances vulnérables, doit aller au-delà des programmes fragmentés vers une coordination systémique et interministérielle. « L’autonomisation ne peut pas dépendre d’efforts isolés », a-t-il déclaré. « Cela doit s’inscrire dans la logique de développement de l’État. »

Sarhiri a souligné le Programme national marocain pour l’autonomisation économique des femmes d’ici 2030, ainsi que le cadre élargi de protection sociale et les réformes juridiques du pays pour lutter contre la violence sexiste. Ces efforts, soutenus par la Vision Royale du Roi Mohammed VI, reflètent un changement stratégique : permettre aux femmes de participer pleinement à l’économie n’est pas seulement une question d’inclusion : c’est un impératif de croissance nationale.

Pourtant, le chemin n’est pas sans obstacles. Malgré la dynamique politique, des défis demeurent : accès limité au financement pour les entreprises dirigées par des femmes, procédures administratives complexes et préjugés culturels persistants qui découragent l'entrepreneuriat des femmes, en particulier en dehors des grandes villes. Les associations de terrain comme Nada fonctionnent souvent avec un financement limité, répondant à des demandes importantes avec de petits budgets.

C’est pourquoi Sarhiri et Rhanem soulignent la nécessité d’un alignement plus fort entre les institutions étatiques et la société civile. « Le succès d’associations comme Nada ne dépend pas seulement de la passion, mais aussi d’un soutien structurel. »

Rhanem a noté. « Les marchés publics, l’accès aux financements locaux et la simplification administrative pourraient tous être transformateurs s’ils étaient mis en œuvre dans une perspective de genre. »

Pour Samira Labied, fondatrice de Nada, l’objectif n’a jamais été de proposer une aide temporaire. « Nous voulons que les femmes reprennent le pouvoir sur leur vie », a-t-elle déclaré. "Certains sont arrivés ici sans être sûrs de leur valeur, et maintenant ils élaborent des plans d'affaires et encadrent d'autres. Voilà à quoi ressemble l'autonomisation : autonome, partagée et durable."

Alors que le Maroc continue de redéfinir son modèle de développement, ce qui se passe dans des endroits comme Ain Harrouda offre une leçon convaincante. Le progrès national ne se manifeste pas uniquement dans les bureaux gouvernementaux ou lors des sommets internationaux. Parfois, cela commence dans de petites pièces sans prétention remplies de femmes qui ont osé croire que la vulnérabilité n’est pas permanente et que la dignité peut être recousue, une couture à la fois.

Caravane Ride4Inclusion & Equality : Ouvrir la voie à la justice sociale et à l’inclusion
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Caravane Ride4Inclusion & Equality : Ouvrir la voie à la justice sociale et à l’inclusion

Lace Sraghna, dans l'arrondissement Al Fida, a assisté au lancement officiel de la Caravane Ride4Inclusion & Equality, une initiative nationale de sensibilisation sous le thème « Le Maroc que nous voulons : sans violence, sans discrimination ».

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Lace Sraghna, dans l'arrondissement Al Fida, a assisté au lancement officiel de la Caravane Ride4Inclusion & Equality, une initiative nationale de sensibilisation sous le thème « Le Maroc que nous voulons : sans violence, sans discrimination ».

L'événement a été organisé par le Centre international de diplomatie (ICD), avec le soutien du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, du ministère de la Solidarité, de l'Inclusion sociale et de la Famille, de la Direction générale de la sécurité nationale (DGSN), et en collaboration avec l'arrondissement Al Fida.

Le gouverneur de la préfecture d'Al Fida – Mers Sultan a officiellement lancé la caravane, à la suite d'un défilé des motards Road Brothers. Les motocyclistes ont ensuite pris les devants alors que la caravane quittait Casablanca, accompagnée d'un bus transportant une soixantaine d'acteurs divers de la société civile, mettant le cap sur Beni Mellal et Azilal.

Dans son discours d'ouverture, Mohamed Glouine, président de l'arrondissement Al Fida, a souligné la responsabilité des conseils locaux d'intégrer l'égalité et l'inclusion dans leurs politiques, en s'alignant sur les stratégies nationales visant à renforcer la justice sociale et l'égalité des chances.

Représentant le ministère de la Solidarité, de l'Inclusion sociale et de la Famille, Mohamed Ait Azizi, directeur de la protection de la famille, de l'enfance et des personnes âgées, a mis en avant les axes stratégiques de travail du ministère, notamment les lois et programmes visant à lutter contre les violences et les discriminations, tout en promouvant l'autonomisation économique et sociale des femmes comme pierre angulaire du développement durable.

De la communauté internationale,

Marielle Sander, représentante résidente de l'UNFPA au Maroc, a réaffirmé l'engagement de l'UNFPA à soutenir les efforts du Maroc pour éliminer les violences basées sur le genre et promouvoir l'égalité des sexes, notant que l'autonomisation des femmes reste essentielle pour une croissance durable et inclusive.

Au nom du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Sanaa Rida, directrice régionale, a souligné le rôle transformateur des arts, de la culture et des médias dans la lutte contre les stéréotypes et dans l'autonomisation des jeunes pour qu'ils deviennent des champions de l'égalité et de l'inclusion.

Représentant la DGSN, Saliha Najeh, commissaire principale et chef de l'unité des femmes victimes de violences à la préfecture de police de Casablanca, a souligné l'importance de la prévention, de la protection et des services spécialisés en faveur des femmes et des filles, tout en renforçant la disposition de la police à collaborer avec les institutions et la société civile pour assurer la sécurité des femmes dans tous les espaces publics.

S'exprimant au nom des organisateurs, Karima Rhanem, présidente de l'ICD, a déclaré que la caravane est une plate-forme pour faire progresser l'autonomisation économique et l'inclusion sociale des femmes, en particulier pour les femmes chefs de famille, à travers la diplomatie citoyenne, le partenariat et l'engagement populaire.

Issam Salhi, représentant Road Brothers, a exprimé la fierté de l'association de participer à la caravane et a annoncé la signature d'une Charte de l'égalité, réaffirmant l'engagement de l'association à promouvoir l'égalité et la solidarité à travers le sport, notamment le cyclotourisme. Il a noté que le sport est un outil efficace pour favoriser les liens sociaux, sensibiliser à la violence et à la discrimination et renforcer la tolérance et l'inclusion dans la société.

L'Association nationale d'assistance sociale dans le secteur de la justice a également signé une Charte d'engagement pour l'égalité, s'engageant à respecter les principes d'équité, de non-discrimination et d'inclusion sociale dans ses pratiques professionnelles au sein du secteur de la justice. En outre, l'association a conclu un accord de partenariat avec l'ICD visant à renforcer le soutien psychosocial des femmes chefs de famille, à promouvoir l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée et à renforcer les programmes favorisant l'égalité et la justice.

La caravane rassemble un réseau diversifié d'associations, dont l'Association des Frères de la Route (Motards), l'Association nationale d'assistance sociale dans le secteur de la justice, l'Association Jeunes pour Jeunes, l'Association EchoArt, l'Association Zouhour Beni Mellal et l'Association Azilal pour le Développement, l'Environnement et la Communication. Leur implication active garantit que les messages d’égalité, d’inclusion et de non-discrimination de la caravane résonnent dans les quartiers et les communautés alors que le voyage se poursuit vers Beni Mellal et Azilal.

Caravane pour l’inclusion et l’égalité : Beni Mellal et Azilal unis pour les droits des femmes
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Caravane pour l’inclusion et l’égalité : Beni Mellal et Azilal unis pour les droits des femmes

Eni Mellal / Azilal – 20 et 21 juillet 2024 — La Caravane pour l'inclusion et l'égalité a fait escale à Beni Mellal et Azilal pour deux journées intenses de sensibilisation, de formation et d'animation citoyenne.

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Eni Mellal / Azilal – 20 et 21 juillet 2024 — La Caravane pour l'inclusion et l'égalité a fait escale à Beni Mellal et Azilal pour deux journées intenses de sensibilisation, de formation et d'animation citoyenne. Portée par le Centre international de diplomatie, en partenariat avec l'UNFPA et l'AECID, l'initiative a rassemblé plus de sept cents participants autour d'une ambition claire : promouvoir l'égalité des sexes, l'inclusion sociale et l'autonomisation économique des femmes chefs de famille.

A Beni Mellal, le Centre Social Al-Qods a accueilli la cérémonie d'ouverture. Dans son discours, Karima Rhanem, Présidente du Centre International de Diplomatie, a souligné les enjeux majeurs de cette caravane : « Notre engagement est d'accompagner les femmes et les filles dans leur inclusion sociale et économique, afin que leurs droits soient pleinement reconnus et respectés. Amal El Idrissi, chargée de programme Droits de l'Homme et Genre à l'UNFPA Maroc, a quant à elle souligné l'alignement du projet avec les efforts nationaux : "La caravane fait partie du programme "Femmes chefs de famille" et du projet "Jisr". L'objectif est de renforcer les compétences, l'accès aux services et l'autonomisation, notamment dans les territoires où les besoins sont les plus pressants."

La dimension sécuritaire était également au premier plan. Khadija Raji, commissaire de police à la préfecture de Beni Mellal, a rappelé le rôle de la DGSN dans la protection des victimes : « Nos unités spécialisées restent disponibles et à l'écoute des victimes de violences, leur assurant protection, orientation et suivi adapté ». Côté associatif, Ichrak Mestassi,

Le président de l'Association Zouhour Beni Mellal, a salué l'impact tangible des activités : "Les ateliers ont permis aux participants de trouver des réponses concrètes aux défis auxquels ils sont confrontés au quotidien. Ils ont apporté des conseils pratiques et une orientation utile, avec un impact immédiat tant sur le plan professionnel que personnel".

A l'intérieur du centre Al-Qods, une centaine de participants se sont engagés dans trois ateliers phares. L'association Ecologie et Art s'est appuyée sur le théâtre et les arts visuels pour sensibiliser aux droits de l'homme à travers l'art et produire des outils visuels de diffusion locale. L'association Jeunes pour Jeunes a animé des séances participatives sur la santé sexuelle et reproductive, intégrant la famille, l'école et la communauté. Enfin, l'expert juridique Anas Saadoun a animé un atelier approfondi sur l'autonomisation économique et l'égalité juridique, soulignant le fardeau inégal du travail domestique, la « double peine » psychologique et sociale à laquelle les femmes sont confrontées, ainsi que le besoin urgent d'une meilleure réglementation du travail domestique et d'une simplification de l'aide juridique.

Au Centre des Femmes de Beni Mellal, soixante femmes ont approfondi le débat sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée et sur la masculinité positive. La gestion du temps, la réduction du stress et la communication familiale étaient au cœur des séances. Mohammed Houbib, président de l'Association nationale des travailleurs sociaux du secteur judiciaire, a souligné la valeur ajoutée de ces formations : "Ces ateliers sont une opportunité précieuse pour les bénéficiaires. Ils contribuent non seulement à leur équilibre psychologique et social, mais également à leur performance professionnelle".

La caravane s'est également étendue au-delà des salles d'entraînement jusqu'au cœur de la ville. Sur la place Al Massira, près de six cents personnes, dont 170 mobilisées par le Centre international de diplomatie, ont participé à des animations publiques : jeux pédagogiques sur l'égalité, stands de sensibilisation, et même une peinture collective, symbole visuel d'un engagement partagé pour une société plus juste.

Le lendemain, la caravane s’est terminée à la Maison de la Culture d’Azilal, avec soixante-quinze participants. Le président de l'Association Azilal pour le développement, l'environnement et la communication s'est dit fier d'accueillir l'événement : "La caravane a permis de sensibiliser une large population, notamment dans les zones rurales, aux défis de l'égalité des sexes. De telles initiatives doivent se multiplier, car leur impact durable est indéniable."

En seulement deux jours, plus de sept cents personnes de Beni Mellal et d'Azilal ont participé à une initiative dynamique mêlant ateliers spécialisés, accompagnement social, mobilisation citoyenne et action culturelle dans l'espace public. La Caravane pour l’inclusion et l’égalité a montré que l’égalité n’est pas un concept abstrait mais un chemin construit étape par étape – dans les quartiers, les institutions et les ménages – avec des acteurs unis et déterminés.

Pénurie d’eau et droits humains : de la vulnérabilité à la résilience
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Pénurie d’eau et droits humains : de la vulnérabilité à la résilience

La pénurie d’eau est devenue l’un des défis déterminants du 21e siècle, avec de profondes implications pour les droits humains, le développement et la paix.

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La pénurie d’eau est devenue l’un des défis déterminants du 21e siècle, avec de profondes implications pour les droits humains, le développement et la paix. Au Maroc, l'urgence de cette question a été reconnue au plus haut niveau. Sa Majesté le Roi Mohammed VI a présenté une feuille de route claire à l’intention du Parlement et du gouvernement, soulignant la nécessité de mesures audacieuses pour préserver l’avenir hydrique du Royaume. Cette vision comprend la construction de nouveaux barrages, le dessalement de l'eau de mer, ainsi que le traitement et la réutilisation des eaux usées.

Si les infrastructures sont essentielles, la vision du Roi souligne également l’importance de la sensibilisation et de la responsabilité à tous les niveaux de la société. La sécurité de l’eau n’est pas seulement une question de politique gouvernementale, mais aussi d’engagement de la société civile pour garantir l’égalité d’accès, protéger les groupes vulnérables et renforcer la résilience face aux crises futures.

C’est dans ce cadre que le Centre International de Diplomatie (ICD) a lancé son projet phare Diplomatie et droit à l’eau : médiation et résilience face à la pénurie d’eau. L'initiative s'attaque à l'une des dimensions les plus urgentes de la pénurie d'eau : la reconnaissance de l'eau comme un droit humain et l'engagement de garantir que personne ne soit laissé pour compte, en particulier au niveau territorial.

L'eau comme droit humain

L’accès à l’eau est un droit fondamental reconnu par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2010. Sans accès fiable à une eau salubre et abordable, les sociétés sont confrontées à des risques en cascade pour la santé publique, la sécurité alimentaire, l’éducation, l’égalité des sexes et la stabilité sociale. Au Maroc et dans toute la région, les sécheresses récurrentes et les impacts du changement climatique exacerbent ces défis. Les communautés vulnérables, les ménages ruraux, les femmes et les enfants sont souvent les premiers et les plus durement touchés.

En considérant la pénurie d’eau sous l’angle des droits de l’homme, le projet ICD souligne que les politiques relatives à l’eau doivent être inclusives et équitables. L'égalité d'accès n'est pas seulement une question de justice mais aussi une pierre angulaire de la cohésion sociale et du développement durable.

Le rôle de la diplomatie de l’eau

L’initiative ICD met également fortement l’accent sur la diplomatie de l’eau, reconnaissant que la rareté peut alimenter les tensions entre les communautés, les régions et les nations. La médiation et le dialogue sont essentiels pour transformer l’eau d’une source de conflit potentiel en un véhicule de coopération.

Grâce à des programmes de formation, des ateliers et des efforts de plaidoyer, l’ICD renforce les capacités de négociation et de médiation à plusieurs niveaux. La solidarité territoriale au Maroc est encouragée pour garantir que les régions les plus touchées par la sécheresse ne soient pas laissées pour compte. Au niveau régional, la coopération entre les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient est considérée comme vitale pour relever les défis communs. Sur la scène internationale, le projet souligne que le changement climatique, la pénurie d’eau et les droits de l’homme sont profondément interconnectés et doivent être abordés collectivement pour prévenir de futures crises géopolitiques.

Renforcer la résilience

Le travail de l’ICD s’étend au-delà de la sensibilisation et s’étend aux outils pratiques de résilience. Des formations à la diplomatie de l’eau et à la médiation sont combinées à des campagnes de sensibilisation du public et à des conférences pour favoriser le partage des connaissances. Ces efforts sont renforcés par des partenariats internationaux. Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) apporte son expertise sur la dynamique des populations, l'égalité des sexes et la protection des groupes vulnérables, tandis que la Fondation Hans Seidel s'est associée à l'ICD pour organiser une conférence régionale sur la pénurie d'eau et les droits de l'homme.

En reliant les réalités locales aux meilleures pratiques mondiales, l’ICD aide le Maroc et ses partenaires à passer de la vulnérabilité à la résilience. Le projet démontre qu’une gouvernance efficace de l’eau nécessite à la fois des infrastructures et une responsabilité sociale, ancrées dans la justice, l’inclusion et la coopération.

Une responsabilité partagée

La pénurie d’eau ne peut pas être abordée uniquement comme un défi environnemental ou technique. C’est aussi une question politique et morale qui touche directement à la dignité et aux droits des personnes. Le projet ICD souligne que la sauvegarde de l'eau est une responsabilité partagée entre les institutions, la société civile et les partenaires internationaux.

"L'eau est un droit et une responsabilité partagée. En combinant les infrastructures avec la sensibilisation, les droits de l'homme et la diplomatie, nous pouvons garantir que personne ne soit laissé pour compte. La résilience, la solidarité et la paix doivent devenir l'héritage de notre réponse à la pénurie d'eau", a souligné l'ICD.

L’urgence de l’autonomisation des jeunes filles : une clé pour l’avenir de l’Afrique et du Maroc
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L’urgence de l’autonomisation des jeunes filles : une clé pour l’avenir de l’Afrique et du Maroc

Chaque jour, des millions de jeunes filles en Afrique voient leurs droits compromis et leur avenir entravé par les crises sociales, économiques et environnementales.

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Chaque jour, des millions de jeunes filles en Afrique voient leurs droits compromis et leur avenir entravé par les crises sociales, économiques et environnementales. Face à cette réalité, l’urgence d’agir n’a jamais été aussi grande. Le Centre International de Diplomatie, en réunissant experts et décideurs, lance un appel fort et clair : il est temps de passer des paroles aux actes pour assurer la protection des jeunes filles et favoriser leur autonomisation. Plus qu’une simple question de protection des droits individuels, l’enjeu dépasse l’obligation morale : c’est une condition sine qua non d’un développement durable et équitable en Afrique. Il est inacceptable qu’aujourd’hui des millions de jeunes filles en Afrique soient encore privées de leurs droits les plus élémentaires. Les obstacles qui les empêchent d’accéder à l’éducation, aux soins de santé, à l’autonomie économique et à la participation politique ne doivent plus exister. Si l’Afrique souhaite réellement se développer, il est urgent d’agir pour libérer le potentiel de ces filles. Leur autonomisation n’est pas une option mais un impératif. Sans eux, aucun progrès durable n’est possible.

Ce message fort était le thème central du panel sur les droits des jeunes filles en Afrique dans le contexte de

RAPPORT changement climatique et catastrophes naturelles, organisé dans le cadre d'une conférence internationale à Rabat.

Initiée par le Centre international de diplomatie (ICD), en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et le Conseil national des droits de l'homme (CNDH), la rencontre s'est tenue sous le thème : « Autonomisation et protection des droits des jeunes filles : un levier pour le développement en Afrique ».

Cette conférence, qui a réuni des experts de plusieurs pays africains et de Suisse, visait avant tout à proposer des solutions concrètes pour protéger et autonomiser les jeunes filles. Il visait également à sensibiliser collectivement à la nécessité d’agir ensemble pour transformer l’avenir de l’Afrique.

Des défis persistants malgré certains progrès

S'exprimant lors de l'événement, Mohamed Yahya Taleb Brahim, expert en jeunesse et ancien président du Haut Conseil de la Jeunesse en Mauritanie, a affirmé que les jeunes filles peuvent jouer un rôle central dans la transformation sociale et économique, particulièrement dans un contexte marqué par une multiplication des crises et des conflits.

Les contraintes économiques et les normes socioculturelles restrictives limitent la mobilité et le développement des jeunes femmes, compromettant ainsi leurs opportunités de croissance.

Il déplore également l'absence importante des jeunes filles dans les processus politiques.

Mais malgré les progrès réalisés, il a souligné que plusieurs défis persistent, notamment en Afrique subsaharienne et au Sahel. Parmi ces défis figurent la difficulté d’accéder à une éducation de qualité, les contraintes économiques et les normes socioculturelles restrictives.

Pour surmonter ces défis, Mohamed Yahya Taleb Brahim a recommandé de privilégier l'éducation et la formation des jeunes filles en créant des écoles de la deuxième chance, mais aussi en instaurant des quotas de bourses et de programmes de formation.

Il a également préconisé de soutenir l’entrepreneuriat féminin en créant des entreprises dirigées par des femmes et en mettant en place un réseau régional de femmes pour favoriser les échanges Sud-Sud.

L’expert a souligné qu’il est temps de promouvoir la participation des femmes à la politique en introduisant des quotas pour les postes de décision, tout en respectant les critères de compétence.

« Ces mesures améliorent non seulement les conditions de vie des femmes mais renforcent également le tissu socio-économique du continent », a-t-il résumé, soulignant que l’autonomisation des jeunes filles est non seulement un droit mais aussi une condition préalable au développement durable de l’Afrique.

Les femmes plus vulnérables aux effets du changement climatique

Comme si ces difficultés ne suffisaient pas, les femmes restent particulièrement exposées aux effets du changement climatique. L’impact de ces perturbations environnementales a de profondes conséquences sur leur vie quotidienne.

Le lien entre le changement climatique et l’érosion des droits des femmes ne semble pas évident à première vue, mais il est bien réel.

Selon Naïma Korchi, présidente du Forum des femmes africaines, l’Afrique se réchauffe plus vite que le reste du monde, entraînant des vagues de chaleur, des inondations, des sécheresses et des cyclones.

Ces catastrophes naturelles touchent particulièrement les filles et les femmes, les exposant à des déplacements forcés, à l’insécurité alimentaire et à des formes de violence telles que les mariages précoces et les violences sexuelles.

Pour atténuer cet impact néfaste, Naïma Korchi a insisté sur la nécessité d'inclure les femmes et les filles dans les décisions politiques liées au climat. Compte tenu de leur rôle essentiel dans la gestion des ressources naturelles et de leur position de première ligne dans la lutte contre les crises climatiques, ils doivent être davantage impliqués dans les stratégies locales d’adaptation et de réponse.

Elle a également souligné l'importance de protéger leurs droits fondamentaux, notamment l'accès à l'éducation, à la santé et à la sécurité alimentaire. Selon elle, l’inclusion des femmes dans la transition écologique et dans la prise de décision politique est un levier crucial pour renforcer leur autonomisation et trouver des solutions durables aux défis climatiques.

Dans le même esprit, Anass Saadoun, membre du Club des juges marocains, a souligné la nécessité de renforcer la protection des droits des jeunes filles lors de catastrophes, comme le séisme d’Al Haouz.

Selon lui, les jeunes filles sont particulièrement vulnérables dans de telles situations, car elles sont confrontées à des violences basées sur le genre, à des mariages forcés et à diverses formes d'exploitation. En temps de crise, leurs besoins spécifiques sont souvent ignorés, ce qui aggrave leurs souffrances.

L'expert a souligné que les catastrophes naturelles exacerbent les inégalités entre les sexes existantes, les filles étant souvent les premières à souffrir de l'abandon scolaire, du mariage précoce, de l'exploitation par le travail et de la traite des êtres humains. Pour lui, il est impératif d'établir des mécanismes de protection juridique et sociale renforcés pour garantir la sécurité et les droits fondamentaux des jeunes filles dans les moments d'extrême vulnérabilité.

L’aide sociale : une bouée de sauvetage pour les femmes en détresse

Les crises mondiales actuelles, qu’elles soient environnementales, économiques ou politiques, exercent une pression accrue sur les jeunes filles, exacerbant ainsi leur vulnérabilité face aux inégalités entre les sexes.

À une époque où le Maroc connaît des changements sociaux rapides, tels que l’exode rural, l’évolution des structures familiales et les transformations économiques et culturelles redéfinissant les modes de vie, ces défis sont devenus encore plus pressants.

Comme le soulignent des expertes comme Naïma Korchi et Anass Saadoun, ces bouleversements ont des répercussions directes sur les droits des femmes et des filles, qui se retrouvent souvent au cœur de situations précaires et violentes.

Mohammed Houbib, président de l'Association nationale de l'assistance sociale

L’assistance sociale devant les tribunaux est un levier indispensable pour accompagner les jeunes filles et renforcer leur résilience face à des défis souvent invisibles. - MOHAMMED HOUBIB, président de l’AssociatiPrésident de l’Association Nationale des Sociétés Sociales

Assistance dans le

Secteur de la justice en

Le Maroc, dans le secteur de la justice, a souligné la nécessité d'adapter les mécanismes de protection sociale pour répondre à ces nouvelles réalités.

Selon lui, l'assistance sociale devant les tribunaux est cruciale comme levier pour accompagner les jeunes filles et renforcer leur résilience face à des défis souvent invisibles.

Houbib a souligné qu'en raison de la violence, de l'exploitation et de la discrimination auxquelles sont confrontées de nombreuses jeunes filles, l'intégration des services sociaux dans les structures judiciaires est devenue essentielle.

« Cette approche apporte non seulement un soutien psychologique pour aider les jeunes filles à surmonter les traumatismes liés aux violences et à l'abandon familial mais propose également une assistance juridique pour garantir la défense de leurs droits fondamentaux.

Il a ajouté que face à des problèmes tels que le mariage précoce, le travail des enfants ou l'abandon scolaire, l'assistance sociale offre une bouée de sauvetage aux jeunes filles, en leur donnant accès à un soutien juridique et psychologique essentiel en temps de crise.

L’importance de l’assistance sociale dans ce cadre est d’autant plus évidente qu’elle s’appuie sur des lois nationales et internationales conçues pour protéger les droits des jeunes filles. Les textes juridiques tels que le Code de la famille et les lois contre les violences domestiques constituent une base solide pour les travailleurs sociaux, leur permettant d'intervenir de manière efficace et adaptée.

Ces services comprennent un soutien psychologique, ainsi qu'une médiation familiale, qui joue un rôle clé dans la prévention des conflits et des mariages forcés.

« Grâce à la médiation, des espaces de dialogue s'ouvrent entre les parties concernées, offrant une alternative à la violence et aux décisions arbitraires qui pourraient affecter l'avenir des jeunes filles. » Naviguer dans des situations complexes

Mais l’assistance sociale devant les tribunaux ne se limite pas à des interventions ponctuelles.

« Cela joue également un rôle crucial dans la construction d’un avenir plus stable pour les jeunes filles. En leur fournissant

Les initiatives visant à déconstruire les stéréotypes de genre en impliquant les hommes et les garçons dans la lutte contre les violences faites aux femmes se multiplient, mais elles manquent encore de coordination et de ressources. Il s’agit d’un défi intergénérationnel qui doit mobiliser toutes les forces, car ce n’est qu’ensemble que nous pourrons briser les stéréotypes de genre. -KARIMA RHANEM,

Président du Centre international de diplomatie, des outils pour comprendre et défendre leurs droits, notamment à travers un accompagnement juridique, ces services visent à redonner confiance en elles aux jeunes filles et à les aider à traverser des situations complexes », a expliqué Houbib.

Pour lui, l’objectif est double : répondre aux besoins immédiats tout en posant les bases d’un développement social durable.

L'expert a souligné qu'en investissant dans ces services, le Maroc s'engage clairement en faveur des droits individuels et du développement social, contribuant ainsi à une société plus juste et plus équitable pour les générations futures.

En fin de compte, l’autonomisation des jeunes filles en Afrique est un enjeu crucial pour le développement durable du continent. Chaque jeune fille a le droit de jouir pleinement de ses droits, de réaliser ses ambitions et de participer à la vie économique, sociale et politique.

Les participants à cette conférence ont souligné à l’unanimité que les défis auxquels sont confrontées les femmes, notamment ceux liés au changement climatique, aux crises sociales et aux normes culturelles restrictives, ne doivent pas les empêcher d’aspirer à un avenir meilleur.

Ainsi, selon ces intervenants, il faut redoubler d'efforts pour renforcer la protection des femmes en leur garantissant l'accès à l'éducation et à la santé, et en leur offrant les mêmes opportunités qu'aux hommes.

La transformation de la vie de millions de jeunes filles dépend de cet engagement collectif. Car leur avenir est aussi l’avenir de toute l’Afrique.

Karima Rhanem, Présidente du Centre International de Diplomatie :

« Il est impératif d’impliquer les hommes et les garçons dans la lutte contre les stéréotypes de genre »

"L'Afrique a fait des progrès notables dans le renforcement des droits des filles. Des progrès ont effectivement été réalisés dans les domaines de l'éducation, de la santé et des droits fondamentaux. Mais malgré ces efforts, le continent continue de faire face à des défis structurels qui entravent l'épanouissement des jeunes filles et limitent leur accès aux opportunités qui pourraient améliorer leurs conditions de vie. Selon l'OMS, 33 % des femmes en Afrique signalent des violences conjugales. Ces statistiques ne sont pas que des chiffres ; ce sont des histoires de vies brisées, de potentiels étouffés et de rêves compromis. Il est impératif que nous agissions pour que ces Les réalités finissent par devenir des anomalies du passé. Les initiatives visant à déconstruire les stéréotypes de genre en impliquant les hommes et les garçons dans la lutte contre la violence à l’égard des femmes se multiplient, mais elles manquent encore de coordination et de ressources. Il s’agit d’un défi intergénérationnel qui doit mobiliser toutes les forces, car ce n’est qu’ensemble que nous pourrons briser les stéréotypes de genre.

Messages de bonne volonté : des voix s'élèvent pour la protection des femmes et l'autonomisation des jeunes filles
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Messages de bonne volonté : des voix s'élèvent pour la protection des femmes et l'autonomisation des jeunes filles

Lors du Séminaire, des personnalités engagées dans la défense des droits humains ont partagé leurs visions et leurs rêves pour l'avenir des femmes et des filles, notamment en Afrique.

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Lors du Séminaire, des personnalités engagées dans la défense des droits humains ont partagé leurs visions et leurs rêves pour l'avenir des femmes et des filles, notamment en Afrique. Ces messages de bonne volonté, exprimés par des militants, des experts et des dirigeants d'organisations, illustrent l'importance de la solidarité internationale et de l'action collective pour garantir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes. A travers leurs discours inspirants, ils ont rappelé les défis à relever et les engagements à prendre pour faire de l'égalité des droits une réalité tangible et durable à l'échelle mondiale.

Ndaté DIENG, avocat au Barreau de Genève, ancien juriste international au Bureau du Procureur du Tribunal Pénal International pour le Rwanda à Arusha (Sénégal – Suisse)

Ndaté DIENG a exprimé son profond désir de partager un rêve : qu'un jour, toutes les filles et toutes les femmes d'Afrique puissent vivre dans la dignité et le respect, et que cette valeur devienne une norme universelle. Elle rêve d’un monde où les droits fondamentaux des filles ne sont pas perçus comme des droits spécifiques, mais comme des droits humains universels. Elle aspire à un avenir où toutes les formes de violence et de discrimination contre les femmes et les enfants auront disparu. Son rêve est celui d’un monde paisible, où nos filles puissent vivre sereinement et profiter pleinement de la beauté de la vie.

Hajer Habchi, directrice exécutive de l'Institut arabe des droits de l'homme (Tunisie)

Hajer Habchi a exprimé sa profonde conviction que la collaboration entre les institutions publiques, les organisations internationales et la société civile est essentielle pour promouvoir et protéger les droits des femmes et des filles, notamment en Afrique. Elle a insisté sur la nécessité de renforcer ces partenariats à travers des actions concrètes et concertées visant à intégrer les droits des femmes et des filles dans les politiques nationales.

Elle a également souligné l’importance cruciale de l’éducation, appelant à investir dans des programmes éducatifs garantissant l’accès des filles à leurs droits. Rappelant l'expérience de l'Institut arabe, elle a exprimé son enthousiasme pour le travail accompli pour intégrer la santé globale dans les programmes éducatifs, levier essentiel pour transformer les réalités.

Selon Habchi, cet engagement partagé représente une responsabilité collective de promouvoir les droits des femmes et des filles sur tout le continent africain.

Aicha Duihi, Présidente de l'Observatoire international pour la paix, la démocratie et les droits de l'homme à Genève (Maroc – Genève)

Dans son témoignage, Aicha Duihi a souligné, avec sincérité et émotion, que ses paroles venaient du cœur, rappelant que Mme Ndaté Dieng avait partagé un rêve soutenu par des actions concrètes et une grande détermination. Elle a souligné l'importance de l'unité des voix présentes : celles des acteurs des droits de l'homme, des institutions, des organisations internationales et de la société civile, unies autour d'une cause commune : la fille africaine et la garantie de ses droits fondamentaux.

Duihi a évoqué ce rêve commun de la jeunesse africaine et l'espoir d'en faire une réalité grâce à des partenariats prometteurs. Elle a rappelé les nombreux efforts consacrés à l'autonomisation des jeunes filles africaines, soulignant qu'elles restent la

Ndaté DIENG maillon le plus vulnérable, non seulement en temps de paix mais encore plus en temps de conflit.

Face aux défis croissants d'un monde en constante évolution, Mme Duihi a souligné l'urgence de soutenir les droits des jeunes filles et des femmes en diversifiant les initiatives et en les adaptant aux contextes changeants, notamment à travers les enseignements tirés des récentes crises sanitaires.

Elle a conclu en exprimant l'ambition collective de faire de cette rencontre, et des rencontres futures, une véritable plateforme pour les droits des jeunes filles, qu'elle considère comme le pilier essentiel de toute famille et de toute société. Selon Aicha Duihi, il est impossible de parler de durabilité ou de paix pour le continent africain sans garantir l'autonomisation de la jeune fille africaine et lui assurer l'accès à tous ses droits. Elle a remercié tous les participants pour leur engagement et a exprimé l’espoir d’un avenir meilleur pour les jeunes africains.

Transformer la réalité des jeunes filles en Afrique et promouvoir leurs droits nécessite un engagement commun et une responsabilité partagée. Filles.

Shireen de Visser, Spécialiste de la gouvernance publique et budgétaire (Afrique du Sud – Pays-Bas)

Dans son témoignage, Shireen de Visser a affirmé que, trente ans après la fin de l'apartheid en Afrique du Sud, son héritage et les inégalités qu'il a créées persistent et restent profondément enracinés dans toutes les régions du pays. Les femmes et les filles supportent souvent les conséquences de manière disproportionnée.

Aïcha Duihi

Hajer Habchi

Shireen de Visser

Bien que l’Afrique du Sud soit signataire des principales conventions internationales visant à promouvoir l’égalité des sexes et à protéger les droits des femmes, soutenues par des instruments juridiques nationaux solides, des progrès concrets dans l’amélioration des conditions de vie des femmes et des filles restent difficiles à réaliser.

Le taux d’abandon scolaire des filles reste alarmant, malgré l’accès gratuit à l’éducation de base et les investissements publics dans l’enseignement primaire et secondaire. La grossesse chez les adolescentes est un facteur majeur d’abandon scolaire. De plus, les femmes constituent encore la majorité des personnes analphabètes. En 2022, parmi environ 10,2 millions de jeunes âgés de 15 à 24 ans, 35,7 % n'étaient ni en emploi, ni scolarisés, ni en formation (NEET), les filles étant plus touchées que les garçons.

Même si des progrès ont été réalisés dans le domaine des soins de santé primaires, des défis majeurs demeurent, notamment en ce qui concerne le VIH et le sida, qui touchent de manière disproportionnée les femmes. Le pays connaît également l’un des taux de violence les plus élevés au monde, notamment de violence sexuelle. Au premier trimestre 2022, la police a signalé 10 818 cas de viol, un chiffre alarmant qui met en évidence l’ampleur du problème. Une femme sur cinq en couple a subi des violences physiques de la part de son partenaire, et de nombreux cas ne sont pas signalés, en partie à cause du sentiment d'une gestion inadéquate de la part des forces de l'ordre.

Il est essentiel de garantir l’inclusion financière des femmes et d’accompagner les filles à chaque étape de leur développement afin d’atteindre une véritable égalité des sexes.

Les femmes sont également sous-représentées dans de nombreux secteurs professionnels, notamment dans les emplois qualifiés et mieux rémunérés. Environ 12 % des femmes employées travaillent dans le secteur informel comme employées de maison, où elles dépendent souvent de la bonne volonté des employeurs pour recevoir des salaires équitables et des droits tels que le congé de maternité. Les politiques d’inclusion financière restent insuffisantes et de nombreuses femmes ont du mal à accéder au crédit ou aux produits financiers. Les femmes entrepreneures, par exemple, sont souvent contraintes de s’associer à un homme pour être prises au sérieux par les acteurs financiers.

Malgré un cadre juridique et des investissements publics favorisant l’autonomisation des femmes, les conditions socioculturelles freinent encore, notamment, leurs perspectives d’émancipation. Parmi les populations les plus pauvres et les plus marginalisées.

Modèles innovants et adaptables en Afrique : meilleures pratiques en matière d'autonomisation et de protection des droits des jeunes filles
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Modèles innovants et adaptables en Afrique : meilleures pratiques en matière d'autonomisation et de protection des droits des jeunes filles

L’autonomisation des jeunes filles en Afrique repose sur des actions concrètes et une approche collaborative.

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L’autonomisation des jeunes filles en Afrique repose sur des actions concrètes et une approche collaborative. En impliquant les communautés, en renforçant les capacités des filles, en promouvant une masculinité positive, en établissant des cadres juridiques et en collaborant avec des partenaires internationaux, les programmes de développement en Afrique peuvent créer un environnement qui respecte et protège les droits des filles.

Dans cet article, nous passons en revue une sélection de bonnes pratiques sur les droits des jeunes filles en Afrique, présentant des modèles adaptables qui peuvent être reproduits dans d'autres régions pour relever les défis spécifiques auxquels sont confrontées les filles africaines.

Engagement communautaire

Les programmes d'autonomisation les plus efficaces impliquent activement les communautés locales, en particulier les chefs traditionnels et religieux, car leur influence est essentielle pour changer les comportements et les normes culturelles.

Au Kenya, le programme Alternative Rites of Passage collabore avec

MEILLEURES PRATIQUES Les chefs religieux et communautaires doivent proposer des rites d'initiation alternatifs aux filles, évitant ainsi les mutilations génitales féminines (MGF). Des cérémonies symboliques, soutenues par les dirigeants locaux, permettent aux familles de préserver une tradition importante tout en respectant les droits des filles. Cette approche a contribué à réduire les MGF dans certaines régions du Kenya car elle respecte la culture tout en éliminant les pratiques néfastes.

Éducation et sensibilisation

Les initiatives qui éduquent les filles et sensibilisent leurs familles aux avantages de l’éducation des filles contribuent à lutter contre les pratiques.

DES MODÈLES INNOVANTS ET ADAPTABLES EN AFRIQUE tels que le mariage précoce et la discrimination fondée sur le genre.

Au Burkina Faso, le gouvernement, en partenariat avec l’UNICEF, a lancé le programme d’éducation des filles, qui offre des bourses aux filles des zones rurales. Grâce à ces bourses, plus de 10 000 filles ont pu poursuivre leur scolarité, tandis que des campagnes de sensibilisation ont ciblé les familles pour souligner l'importance de l'éducation.

Le programme a contribué à une réduction des mariages précoces dans les communautés ciblées.

Renforcement des capacités

Former les jeunes filles à des compétences professionnelles pratiques est essentiel pour leur autonomie financière et sociale. Ces programmes contribuent également à réduire leur dépendance économique, souvent facteur de vulnérabilité.

Au Nigeria, l'initiative Girls Skill Up propose des formations en couture, en informatique et en gestion d'entreprise aux jeunes filles des communautés rurales. Grâce à cette formation, plusieurs filles ont lancé des petites entreprises, créant ainsi des sources de revenus pour elles-mêmes et leur famille.

Ce programme renforce l’autonomie des filles et les protège contre l’exploitation économique.

Promotion de la masculinité positive

Pour transformer la dynamique de genre et protéger les filles, il est essentiel d’impliquer les hommes et les garçons dans la promotion de l’égalité des sexes et de la non-violence. Les programmes de masculinité positive visent à déconstruire les stéréotypes de genre et à promouvoir des modèles de comportement respectueux et égalitaires.

Au Rwanda, le programme Men Engage organise des séances de sensibilisation et des ateliers auprès des jeunes hommes pour les sensibiliser à l'égalité des sexes. Le programme enseigne des compétences de communication non violentes et

L'adoption et l'application de lois qui protègent les droits des jeunes filles sont fondamentales pour garantir leur sécurité et leur bien-être et encouragent les jeunes hommes à défendre les droits des filles et des femmes dans leurs communautés. En travaillant avec les garçons, le programme cherche à créer un environnement plus sûr et plus favorable aux filles.

Cadre juridique et politique

Adopter et appliquer des lois qui protègent les droits des jeunes filles sont fondamentaux pour garantir leur sécurité et leur bien-être. Les gouvernements doivent non seulement adopter des lois protectrices, mais également mettre en œuvre des mécanismes pour garantir leur application.

En Zambie, le gouvernement a révisé sa loi sur le mariage des enfants, fixant l'âge minimum à 18 ans sans exception. Outre la réforme juridique, des campagnes d’information ont été menées pour sensibiliser les communautés rurales aux nouvelles lois et encourager la scolarisation des filles.

Ces initiatives ont renforcé l’engagement familial et contribué à réduire les mariages précoces dans les régions concernées.

Collaboration avec les institutions internationales

Les partenariats avec des organisations internationales permettent aux gouvernements et aux ONG locales de bénéficier de ressources financières, d’expertise et de soutien dans la mise en œuvre de programmes protégeant les droits des filles.

Au Maroc, le projet « La voix de la jeune fille dans les réformes du code pénal et du code de la famille », réalisé par le Centre international de diplomatie avec le soutien du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), vise à offrir une plateforme permettant aux jeunes filles de s'exprimer et de participer aux processus de réforme juridique.

Ce partenariat permet aux ONG locales de bénéficier de l’expertise de l’UNFPA en matière de droits reproductifs et de genre, ainsi que de ressources financières pour organiser des ateliers et des consultations avec les jeunes filles.

Ezinne Kufre-Ekanem, Fondatrice d'UpYouWomen (Nigéria)
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Ezinne Kufre-Ekanem, Fondatrice d'UpYouWomen (Nigéria)

Ezinne Kufre-Ekanem, fondatrice d'UpYouWomen au Nigeria, a fait part de ses profondes inquiétudes quant au sort de nombreuses jeunes filles nigérianes.

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Ezinne Kufre-Ekanem, fondatrice d'UpYouWomen au Nigeria, a fait part de ses profondes inquiétudes quant au sort de nombreuses jeunes filles nigérianes. Elle a souligné que beaucoup trop de filles sont privées de leur avenir en raison des mariages précoces et de la violence sexiste.

Le mariage des enfants prive les filles de leur éducation, met leur santé en danger et les prive de la liberté de faire des choix concernant leur propre vie. Bien que l’âge légal du mariage soit fixé à 18 ans, des exceptions continuent d’être faites, comme dans d’autres régions d’Afrique, où les pratiques culturelles néfastes priment souvent sur les lois en vigueur.

Elle a insisté sur le fait que le problème ne réside pas uniquement dans la législation, mais dans la volonté de faire appliquer rigoureusement ces lois. Ezinne a appelé le gouvernement à renforcer et à appliquer strictement la loi sur les droits de l'enfant dans tous les États du Nigeria.

Elle a également souligné le rôle vital des acteurs de la société civile, y compris des organisations comme la sienne, dans la sensibilisation, le soutien et la promotion de réformes législatives lorsque cela est nécessaire.

"Ensemble", a-t-elle déclaré, "nous pouvons mettre fin au mariage des enfants et à la violence contre les filles. Nous pouvons garantir que chaque jeune fille nigériane est libre de poursuivre ses rêves, sans peur et sans limites".

« Le problème ne réside pas uniquement dans la législation, mais dans la volonté de faire appliquer rigoureusement les lois. » — Ezinne Kufre-Ekanem, fondatrice d’UpYouWomen, Nigeria

Autonomiser les filles en Afrique : défis, progrès et perspectives pour une coopération renforcée
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Autonomiser les filles en Afrique : défis, progrès et perspectives pour une coopération renforcée

Droits de l'homme (Tunisie) Au niveau mondial, des millions de filles et de jeunes femmes continuent de se heurter à des difficultés considérables pour accéder à leurs droits humains, en particulier en matière d'éducation et de protection contre la violence et la discrimination.

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HAJER CHEHBI HABCHI, Exécutif

Directeur de l'Institut Arabe pour

Droits de l'homme (Tunisie) Au niveau mondial, des millions de filles et de jeunes femmes continuent de se heurter à des difficultés considérables pour accéder à leurs droits humains, en particulier en matière d'éducation et de protection contre la violence et la discrimination. Cela est particulièrement préoccupant en Afrique, où l’accès à l’éducation, la protection contre la violence sexiste et l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive restent insuffisants pour une grande partie de la population féminine.

Aujourd'hui, on estime que 118,5 millions de filles âgées de 6 à 18 ans sont exclues du système éducatif. En 2021, plus de 132 millions de filles âgées de 6 à 17 ans ont été privées de leur droit à l'éducation. Le phénomène est encore plus aigu dans les pays en développement, où une fille sur quatre n’est pas scolarisée. Ce manque d'accès à l'éducation a de nombreuses conséquences sur la vie des filles : beaucoup quittent l'école prématurément en raison de mariages forcés, de grossesses précoces et de responsabilités domestiques accrues. Chaque année, 12 millions de filles sont contraintes au mariage avant l’âge de 18 ans, soit environ 33 000 par jour, et 63 millions de filles dans le monde sont contraintes au travail forcé.

En Afrique, malgré les progrès réalisés dans l’enseignement primaire, de nombreuses filles ne poursuivent pas leurs études. En 2011, 23 millions de filles étaient inscrites à l’école primaire en Afrique subsaharienne, contre 20 millions dix ans plus tôt. Cependant, dans des pays comme le Niger, le Burkina Faso et le Nigeria, le taux d'alphabétisation des filles reste inférieur de 12 à 26 pour cent à celui des garçons. Les taux de scolarisation des filles chutent considérablement après l'école primaire, en raison de facteurs tels que les mariages précoces et les grossesses précoces.

Le phénomène de la violence sexiste constitue une menace sérieuse pour les filles en Afrique. Une fille de moins de 20 ans sur dix a été victime de violences sexuelles. Dans des pays comme l’Afrique du Sud, la probabilité qu’une fille soit violée est plus élevée que la probabilité de terminer ses études. Cette violence augmente dans les contextes de conflit armé, comme en République démocratique du Congo, où les filles sont souvent la cible d'affrontements.

En plus de ces défis, le changement climatique et les catastrophes naturelles augmentent la vulnérabilité des filles, réduisant encore davantage leurs chances de fréquenter l'école et augmentant le risque de violence et de mariage précoce. Selon l'UNICEF, les filles sont 25 fois plus susceptibles que les garçons d'être retirées de l'école en temps de crise pour subvenir aux besoins de leur famille ou d'être contraintes à se marier. 80 % des personnes déplacées par le climat dans le monde sont des femmes et des filles, ce qui illustre la nécessité d'intégrer une approche sensible au genre dans les politiques de résilience climatique et de gestion des crises humanitaires.

La situation des filles en Afrique s'inscrit dans un cadre juridique international et régional complexe, comprenant des instruments tels que la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples et la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant. Ces lois fournissent une base juridique pour protéger les droits des filles, mais leur mise en œuvre se heurte à des résistances culturelles et institutionnelles. S’appuyer sur les objectifs de développement durable (ODD), notamment l’ODD 5, qui vise l’égalité des sexes et l’autonomisation de toutes les femmes et filles, est essentiel pour progresser vers l’égalité des sexes.

Dans les pays d'Afrique du Nord, comme la Tunisie, l'Algérie et le Maroc, des réformes législatives ont été introduites pour renforcer les droits des filles, mais des défis importants subsistent. Par exemple, bien que la Tunisie ait abrogé la loi autorisant le mariage des filles à partir de 13 ans, le mariage des enfants reste une pratique préoccupante dans certaines régions. L'Algérie a également mis en œuvre des lois pour protéger les droits des femmes, mais leur application reste inégale, souvent entravée par les normes culturelles et les pratiques traditionnelles. Le Maroc a entrepris des réformes du Code de la famille, mais des lacunes subsistent dans la protection des droits des filles. Dans le même temps, l’intégration des services de santé sexuelle et reproductive dans les politiques de couverture sanitaire universelle est cruciale pour garantir un accès équitable aux soins, en particulier dans les zones rurales où les informations et les services sont souvent limités.

Pour relever ces défis, la coopération Sud-Sud est essentielle. Grâce au partage d’expériences et de bonnes pratiques, les pays africains peuvent s’inspirer mutuellement pour adopter une législation plus inclusive et plus protectrice pour les filles. Par exemple, les politiques de soutien à l'inclusion et à l'égalité des sexes en Suède et au Rwanda montrent qu'il est possible d'obtenir des résultats concrets en matière de droits des filles. Le Maroc, en accueillant des événements tels que la conférence internationale sur « Le renforcement de la coopération Sud-Sud pour l'autonomisation des filles et la protection de leurs droits » le 26 octobre 2024, se positionne comme un acteur incontournable de ce mouvement de solidarité régionale.

Les recommandations internationales de l'UNICEF, du Comité des droits de l'enfant des Nations Unies et du CEDAW soulignent l'importance d'améliorer l'accès des filles à une éducation de qualité, de renforcer les mécanismes de protection contre la violence sexuelle et de promouvoir des politiques de santé reproductive appropriées. Pour y parvenir, il est nécessaire de renforcer les capacités de la société civile et d’impliquer les jeunes filles elles-mêmes dans les processus de décision afin qu’elles puissent devenir actrices du changement social.

En conclusion, la protection et l’autonomisation des filles en Afrique nécessitent une approche globale et rigoureuse, combinant réformes juridiques, coopération internationale et engagement des communautés locales. En garantissant l'égalité d'accès aux opportunités éducatives, en protégeant les filles de la violence et en leur fournissant des services de santé appropriés, nous pouvons construire un avenir où les droits des filles seront pleinement respectés et où elles pourront s'épanouir dans un environnement sûr et équitable.

Chaque fille instruite, chaque femme formée et chaque voix féminine entendue contribuent à briser le cycle de la pauvreté et de la marginalisation.
2022–20252022–2025

Chaque fille instruite, chaque femme formée et chaque voix féminine entendue contribuent à briser le cycle de la pauvreté et de la marginalisation.

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Chaque fille instruite, chaque femme formée et chaque voix féminine entendue contribuent à briser le cycle de la pauvreté et de la marginalisation.

Dans un contexte marqué par des crises et des conflits croissants, l’autonomisation des jeunes femmes devient un véritable levier de transformation. En accédant à de meilleurs services de santé, à l’éducation, aux opportunités économiques et en participant aux processus décisionnels, ils peuvent jouer un rôle encore plus important dans le développement de notre continent, faisant de l’Afrique un meilleur endroit où vivre.

En effet, l’autonomisation des jeunes femmes d’Afrique et du Sahel est non seulement une nécessité mais aussi une condition sine qua non pour assurer un développement durable sur notre continent.

Les jeunes filles et les femmes de cette région représentent un énorme potentiel souvent sous-utilisé en raison des barrières socioculturelles, économiques et éducatives persistantes.

Investir dans les femmes est essentiel pour accélérer les progrès vers la réalisation de l’ODD 5 (égalité des sexes) et de tous les objectifs de développement durable des Nations Unies.

Chaque fille instruite, chaque femme formée et chaque voix féminine entendue contribue à briser le cycle de la pauvreté et de la marginalisation.

De plus, dans les régions en proie aux conflits et au changement climatique, les femmes jouent un rôle clé dans la résilience des communautés et la gestion des ressources.

C’est pourquoi il est temps que les gouvernements, les acteurs de la société civile et la communauté internationale s’unissent pour promouvoir et protéger les droits des jeunes femmes. Cela inclut l’accès à une éducation de qualité, la mise en place de services de santé adaptés et la création de plateformes leur permettant de s’impliquer activement dans les décisions politiques et économiques.

Seule une approche inclusive centrée sur les jeunes femmes peut transformer durablement le Sahel et l’Afrique.

Par M. MOHAMED YAHYA TALEB BRAHIM : Expert Jeunesse, ancien Président du Haut Conseil de la Jeunesse en Mauritanie, Membre du groupe de travail sur les femmes, la jeunesse, la paix et la sécurité, et membre de l'Alliance des Leaders Panafricains.

Nous devons créer des environnements où chaque fille a la possibilité de s'épanouir
2022–20252022–2025

Nous devons créer des environnements où chaque fille a la possibilité de s'épanouir

Par MOHAMMED HOUBIB, Expert en Psychosociologie et Assistance Sociale

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Par MOHAMMED HOUBIB, Expert en Psychosociologie et Assistance Sociale

« La situation des jeunes filles en Afrique reste un défi majeur dans notre quête d'un développement durable et inclusif. En tant que psychosociologue et présidente de l'Association nationale d'assistance sociale dans le secteur de la justice, j'ai été témoin des combats de ces jeunes filles, qu'il s'agisse du mariage précoce, des violences basées sur le genre ou du manque d'accès à une éducation de qualité.

A travers notre travail auprès des tribunaux et de la société civile, nous avons constaté que l'autonomisation des jeunes filles passe avant tout par la promotion de leurs droits humains, notamment en termes de santé reproductive et d'accès à la justice. Il est crucial d’adopter une approche holistique qui tienne compte des spécificités culturelles et des besoins de chaque communauté. Le développement d’un cadre législatif solide, couplé à des politiques publiques inclusives, est la clé pour assurer un avenir meilleur à ces jeunes filles, qui sont non seulement l’avenir de notre continent, mais déjà des actrices du changement.

Nous devons intensifier nos efforts pour créer des environnements où chaque fille a la possibilité de s'épanouir, d'acquérir une éducation de qualité et de participer pleinement à la vie économique et sociale de son pays. C'est ainsi que nous bâtirons une Afrique où les droits de tous seront respectés. »

L’autonomisation et la protection des droits des jeunes filles en Afrique nécessitent notre réflexion et notre action collectives.
2022–20252022–2025

L’autonomisation et la protection des droits des jeunes filles en Afrique nécessitent notre réflexion et notre action collectives.

Empowerment and protection of the rights of young girls in Africa, require our collective thinking and action

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Empowerment and protection of the rights of young girls in Africa, require our collective thinking and action

By AICHA DUIHI, president of the International Observatory of Peace, Democracy, and Human Rights in Geneva

Today, millions of young girls in Africa are still deprived of access to education and exposed to various forms of violence and discrimination. The figures are alarming: one in four girls in developing countries does not go to school. This underlines the urgent need to take action to improve this situation and guarantee a better future for these girls.

Le Séminaire international sur la coopération Sud-Sud, qui se tiendra à Rabat le 26 octobre 2024, à la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc, constitue une plateforme importante permettant aux acteurs, experts et décideurs africains de promouvoir une réflexion collective et un dialogue constructif entre les principales parties prenantes du continent.

Il est grand temps aujourd’hui de montrer notre engagement collectif à renforcer la voix et le leadership des jeunes filles africaines afin de participer efficacement au processus de prise de décision. We completely adhere to the African campaigns Not too Young to Lead or Run for Office.

South-South cooperation is an essential lever for catalyzing change in Africa. En travaillant ensemble, nous pouvons développer des initiatives adaptées aux réalités locales et renforcer les capacités des organisations de la société civile, qui jouent un rôle clé dans la défense des droits des jeunes filles. En partageant nos expériences et nos stratégies, nous pourrons identifier les meilleures pratiques et élaborer des recommandations concrètes pour des mesures qui protègent efficacement les droits des filles.

Je voudrais également féliciter le Centre international pour la diplomatie, organisateur de ce séminaire et plusieurs autres initiatives conçues pour promouvoir l’égalité des sexes en Afrique. Grâce à sa campagne de sensibilisation à la santé reproductive des jeunes filles, ainsi qu'au programme « OutSpoken Girls », qui œuvre à l'autonomisation des jeunes filles à travers des formations en leadership et en plaidoyer, de nombreuses filles ont pu développer leurs compétences et prendre des initiatives pour défendre leurs droits.

I am convinced that this seminar is a crucial platform for fruitful exchanges and dynamic collaboration. Il s’agit d’une occasion unique de faire entendre la voix des jeunes filles, de promouvoir leur autonomisation et de renforcer les efforts visant à protéger leurs droits.

Aminata Mbengue : Restaurer la dignité des femmes et des filles est un acte politique quotidien
2022–20252022–2025

Aminata Mbengue : Restaurer la dignité des femmes et des filles est un acte politique quotidien

Aminata Libain Mbengue, psychologue clinicienne et féministe intersectionnelle du Sénégal, estime que les femmes et les filles d'Afrique s'efforcent chaque jour de mettre fin à la violence sexiste.

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Aminata Libain Mbengue, psychologue clinicienne et féministe intersectionnelle du Sénégal, estime que les femmes et les filles d'Afrique s'efforcent chaque jour de mettre fin à la violence sexiste. Pour elle, il est crucial de lutter contre toutes les formes de discrimination et de violence à l’égard des femmes et des filles, ainsi que les stéréotypes qui perpétuent ces dérives. Elle appelle également les gouvernements à agir fermement pour garantir la protection de ces droits. Elle estime également que restaurer la dignité des femmes et des filles est un acte politique quotidien. Elle pense que la dignité et le plein épanouissement des femmes et des filles ne devraient jamais être mis de côté.

« La lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre au Sénégal est au cœur de nos actions, tant individuelles que collectives », a-t-elle déclaré au New Africa Magazine. Cofondatrice du Collectif féministe sénégalais, Aminata mène plusieurs initiatives auprès des jeunes et des communautés visant à lutter contre la culture du viol, profondément ancrée dans la société patriarcale. Le viol n’a été criminalisé qu’en 2020, suite à une mobilisation de la société civile. Des cas de viol largement médiatisés au Sénégal ont ouvert la voie à une modification de la loi. Les femmes qui gardaient le silence ont commencé à faire campagne pour donner la parole aux victimes de viol. La loi fixe un minimum de 10 ans et un maximum de durée de vie.

Cependant, malgré ces progrès, il reste beaucoup à faire pour améliorer le soutien aux survivantes de violences sexuelles. Malheureusement, la honte retombe toujours sur les survivants, en raison de la stigmatisation de ceux qui osent dénoncer ces abus, ce qui a un impact sur l'ensemble du processus de signalement des abus. « Par conséquent, nous devons réfléchir collectivement à de meilleurs mécanismes pour encourager les femmes à signaler les pratiques néfastes et les abus tout en les protégeant de toute éventuelle violence ou représailles », a-t-elle conclu.

Aminata Libain Mbengue a travaillé plusieurs années sur les questions de migration et de protection de l'enfance auprès des organisations de la société civile sénégalaise, puis auprès des Nations Unies. Actuellement, elle collabore avec des organisations féministes au Sénégal et en Afrique de l'Ouest, notamment pour créer des espaces sûrs et défendre les droits des femmes et des filles.

Eouani Mambia Morelline, Présidente du Collectif des Femmes Migrantes au Maroc (Congo-Brazzaville)
2022–20252022–2025

Eouani Mambia Morelline, Présidente du Collectif des Femmes Migrantes au Maroc (Congo-Brazzaville)

Eouani Mambia Morelline, présidente du Collectif des femmes migrantes au Maroc (originaire du Congo-Brazzaville), a commencé son témoignage en se présentant comme mère de quatre enfants, dont des jumeaux et deux garçons.

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Eouani Mambia Morelline, présidente du Collectif des femmes migrantes au Maroc (originaire du Congo-Brazzaville), a commencé son témoignage en se présentant comme mère de quatre enfants, dont des jumeaux et deux garçons.

Elle a ensuite décrit les initiatives de son collectif qui se consacre à accompagner les femmes migrantes dans leurs projets personnels et professionnels.

Le collectif a organisé des formations pour aider les femmes à concevoir et développer leurs projets, ainsi que des formations professionnelles en coiffure, esthétique, restauration, cuisine et pâtisserie. De plus, le collectif distribue des paniers alimentaires et organise des campagnes de dons pour soutenir les femmes en situation précaire.

Morelline a partagé l’histoire d’une jeune femme rencontrée dans les locaux de l’association. La femme, venue initialement chercher une aide sociale, a vite pris confiance et a confié sa situation. Au cours de son voyage, elle était tombée sous le contrôle de son passeur, qui l'exploitait comme « épouse » avant de l'abandonner enceinte, sans argent ni soutien. Livrée à elle-même, elle a ensuite rencontré un autre homme avec qui elle a eu un deuxième enfant, avant d'être à nouveau abandonnée.

Dès sa troisième grossesse, la jeune femme se tourne vers le collectif. Mme Morelline et son équipe l'ont guidée et inscrite dans un programme de planification familiale. C’est grâce à elle qu’elle découvre des méthodes de contraception fiables et gratuites, lui permettant de mieux prendre en main sa vie et son avenir.

« Nous devons protéger les femmes migrantes et réfugiées contre l’exploitation sexuelle et la traite des êtres humains. Au Maroc, nous travaillons pour aider ces femmes à se réapproprier leur vie. » — Eouani Mambia Morelline, présidente du Collectif des femmes migrantes au Maroc

Aya Chebbi, Présidente fondatrice du Collectif NalaFeminist, Ancienne Envoyée de la Jeunesse de l'Union Africaine (Tunisie-Kenya)
2022–20252022–2025

Aya Chebbi, Présidente fondatrice du Collectif NalaFeminist, Ancienne Envoyée de la Jeunesse de l'Union Africaine (Tunisie-Kenya)

Aya Chebbi, présidente fondatrice du Collectif NalaFéministe et ancienne Envoyée de l'Union africaine pour la jeunesse (Tunisie-Kenya), a témoigné qu'elle avait été honorée de délivrer un message de bonne volonté.

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Aya Chebbi, présidente fondatrice du Collectif NalaFéministe et ancienne Envoyée de l'Union africaine pour la jeunesse (Tunisie-Kenya), a témoigné qu'elle avait été honorée de délivrer un message de bonne volonté.

Elle a rappelé que plusieurs pays africains, dont le Royaume du Maroc, ont réalisé des progrès significatifs en matière d'égalité des sexes et ont adopté des lois visant à protéger les femmes et les jeunes filles de toutes formes de discrimination et de violence.

Cependant, elle a souligné que si certains pays ont obtenu des résultats positifs dans la promotion des droits des femmes et des filles, d'autres restent confrontés à des environnements complexes, dangereux et instables. À cela s’ajoutent des mentalités conservatrices qui exposent les jeunes filles aux risques de mariage précoce, de mutilation génitale féminine, d’abandon scolaire et de violence, augmentant ainsi leur vulnérabilité à la discrimination dans divers domaines, notamment les lois, les coutumes et les pratiques déloyales.

Elle a rappelé à l'auditoire que la Charte africaine de la jeunesse et d'autres politiques de l'Union africaine constituent une base solide pour protéger les droits des jeunes sur le continent. Elle a appelé à des efforts supplémentaires au niveau des États membres pour aligner leurs politiques locales sur celles adoptées au niveau continental.

Aya Chebbi a également partagé un moment historique de son mandat, lorsque les questions de la jeunesse africaine ont été portées devant le Conseil de sécurité des Nations Unies. Elle a exprimé l'espoir que les efforts se poursuivraient pour mettre en œuvre la résolution 2250 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la jeunesse, la paix et la sécurité, tout en s'appuyant sur les progrès réalisés dans le cadre de la résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité.

Mme Chebbi a conclu en affirmant que davantage de jeunes doivent avoir une place à la table des négociations, surtout à une époque où le monde et le continent sont confrontés à de multiples défis sécuritaires et climatiques. Donner aux jeunes une voix dans l’agenda politique, a-t-elle souligné, permettrait à plus de 60 % de la population jeune d’Afrique de s’approprier les solutions aux problèmes auxquels ils sont confrontés, contribuant ainsi de manière tangible à l’amélioration de leurs vies et de leurs communautés.

Elle a terminé en transmettant ses meilleurs vœux aux participants de cette journée de travail et a exprimé son espoir de collaboration dans la mise en œuvre des résultats du séminaire.

Déclaration de Casablanca adoptée le jour de l'Indépendance pour renforcer le plaidoyer civil et numérique en faveur du Sahara marocain
18.11.20242022–2025

Déclaration de Casablanca adoptée le jour de l'Indépendance pour renforcer le plaidoyer civil et numérique en faveur du Sahara marocain

En commémoration du 69ème anniversaire de l’Indépendance du Maroc, l’Espace Culturel Al Amal de Casablanca a accueilli une journée d’étude sur la diplomatie parallèle, culminant avec l’adoption de la Déclaration de Casablanca pour le plaidoyer civil et numérique sur le Sahara marocain.

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En commémoration du 69ème anniversaire de l’Indépendance du Maroc, l’Espace Culturel Al Amal de Casablanca a accueilli une journée d’étude sur la diplomatie parallèle, culminant avec l’adoption de la Déclaration de Casablanca pour le plaidoyer civil et numérique sur le Sahara marocain. L'événement, placé sous le thème «Pour une société civile active dotée d'outils de plaidoyer public et numérique pour la défense de la cause nationale», a été organisé par le Centre international de diplomatie en partenariat avec l'arrondissement d'Al Fida.

Le rassemblement a réuni des élus, des juristes, des universitaires, des dirigeants de la société civile et des jeunes militants, soulignant le rôle des acteurs non gouvernementaux dans la promotion de la cause nationale du Maroc. Les débats ont débuté avec l'hymne national marocain, suivi d'un discours d'ouverture de Mohammed Gliouine, président de l'arrondissement d'Al Fida, qui a souligné la profonde symbolique de la tenue d'un tel événement le jour de l'Indépendance. « Cette journée d'étude n'est pas seulement une commémoration mais un engagement renouvelé envers notre intégrité territoriale », a déclaré Gliouine. « C'est aussi l'occasion pour les organisations de la société civile de notre arrondissement d'apprendre les outils de plaidoyer nécessaires pour défendre la cause nationale, et cela illustre l'engagement des gouvernements territoriaux à jouer un rôle actif dans la diplomatie parallèle.

Dans son discours, Dr Karima Rhanem,

MEILLEURES PRATIQUES

Président du Centre international de diplomatie, a souligné que le plaidoyer civil et numérique représente des outils essentiels pour renforcer la position du Maroc à l’international. Elle a souligné la valeur de l'orientation pratique de l'événement : "En mobilisant nos homologues et experts de Laâyoune et de Dakhla - des individus qui ont mené un plaidoyer en temps réel auprès des Nations Unies sur le Sahara - nous démontrons notre engagement à fournir une expérience pratique aux OSC marocaines. Ces experts viennent de régions souvent qualifiées par les opposants de zones de conflit, mais ils incarnent la paix et le développement obtenus dans les provinces du sud. Leur témoignage et leur expertise fournissent une preuve convaincante que la société civile peut jouer un rôle décisif dans le plaidoyer international pour La juste cause du Maroc.

La journée d'étude a réuni un groupe d'orateurs distingués, parmi lesquels Khalid Behmout, quatrième vice-président du Conseil d'Al Fida ; Dr Saïd Khamri, professeur de droit public et de sciences politiques à l'Université de Mohammedia ; El Mamoun Chafki, expert en transformation numérique et intelligence artificielle ; Mohamed Qammar, président de l'Observatoire marocain de lutte contre le terrorisme et l'extrémisme ; Dr Mina Laghzal, coordinatrice de la Coalition des ONG sahraouies ; Mohamed Salem Ben Abdelfattah, président de l'Observatoire sahraoui des médias et des droits de l'homme ; Abdelouahab El Gain, coordinateur adjoint de la Coalition des ONG sahraouies ; Lahbib Aideed, membre de l'Union des écrivains marocains et chercheur en droits de l'homme ; et Mrabih Chammakh, membre fondateur de l'Organisation de jeunesse pionnière.

Les débats lors de la séance plénière, présidée par Khalid Behmout, ont porté sur les dimensions juridiques et politiques de la question du Sahara, la chronologie du conflit artificiel et les stratégies d'un plaidoyer international efficace. Les intervenants ont également analysé l’importance des droits culturels hassani dans la défense de l’unité du Maroc, tandis que d’autres ont abordé les implications de la reconnaissance internationale, en particulier la récente reconnaissance par la France de l’initiative d’autonomie du Maroc et le nombre croissant de pays soutenant ce plan comme une solution politique réaliste.

Le programme proposait également quatre ateliers thématiques visant à doter les participants de compétences pratiques. Abdelouahab El Gain a animé une séance sur les techniques de plaidoyer public, en s'appuyant sur l'expérience des ONG sahraouies. El Mamoun Chafki a présenté des stratégies de plaidoyer numérique, en mettant l'accent sur l'utilisation de campagnes sur les réseaux sociaux. Mohamed Qammar a animé un atelier sur le plaidoyer culturel et éducatif, soulignant le rôle de l'éducation dans la lutte contre les discours extrémistes. La dernière séance, dirigée par Mrabih Chammakh, s’est concentrée sur l’autonomisation des jeunes grâce au réseautage et à la construction de partenariats régionaux et internationaux pour la défense de la souveraineté du Maroc.

La Déclaration de Casablanca en détail

La Déclaration de Casablanca a été adoptée à l’unanimité à l’issue de la journée d’étude et définit une feuille de route claire pour renforcer le plaidoyer civil et numérique du Maroc. Les participants ont souligné qu’une défense efficace de l’intégrité territoriale du Maroc nécessite non seulement une diplomatie traditionnelle mais également une société civile dynamique dotée de solides connaissances, de compétences pratiques et de stratégies de communication innovantes.

La déclaration appelle à un cadre juridique et historique de la question du Sahara, garantissant que tout plaidoyer soit fondé sur la souveraineté de longue date du Maroc sur la région et soutenu par le droit international. Il met en avant l’Initiative marocaine d’autonomie comme la pierre angulaire de toute solution politique et cite la dernière résolution 2694 du Conseil de sécurité de l’ONU comme preuve de la reconnaissance internationale de la position légitime du Maroc.

Sur le front numérique, la déclaration souligne la nécessité de stratégies de communication proactives pour contrer la désinformation et la propagande séparatiste. Les organisations de la société civile sont invitées à investir dans la narration numérique, les campagnes sur les réseaux sociaux et la création de contenu multilingue pour amplifier le récit du Maroc à l’échelle mondiale et atteindre de nouveaux publics dans les forums internationaux.

L’autonomisation des jeunes est au centre des préoccupations, la déclaration appelant à investir davantage dans des programmes de formation qui préparent les jeunes Marocains à s’engager dans des activités de plaidoyer auprès de l’ONU, du Parlement européen et d’autres plateformes internationales. Les universités sont encouragées à développer des programmes académiques dédiés à la question du Sahara, offrant des opportunités de recherche en droit international, droits de l'homme et diplomatie.

La déclaration appelle également au renforcement des partenariats avec les ONG, tant au niveau national qu’étranger, pour élargir l’influence du Maroc dans les débats mondiaux. Il souligne l’importance de soutenir les ONG sahraouies à Laayoune et Dakhla, dont l’expérience sur le terrain constitue un témoignage vivant de paix, de développement et de stabilité dans les provinces du sud, contredisant les affirmations séparatistes de conflit et de marginalisation.

En outre, les participants ont appelé à une plus grande visibilité des succès de développement du Maroc au Sahara, des projets d’infrastructures aux initiatives culturelles et éducatives, comme preuve de l’engagement du gouvernement en faveur du bien-être de ses régions du sud. Ils ont également souligné la nécessité de documenter les violations des droits humains dans les camps de Tindouf, poussant les organismes internationaux à demander des comptes aux responsables des violations contre les populations vulnérables.

Engagements de clôture

L’événement s’est clôturé par la lecture d’un message de loyauté et d’allégeance à Sa Majesté le Roi Mohammed VI, saluant son leadership dans la sauvegarde de l’unité du Maroc, la promotion du développement durable et l’élévation du statut international du Maroc.

En adoptant la Déclaration de Casablanca, les participants se sont engagés à consolider les acquis diplomatiques du Maroc et à garantir que la société civile continue de jouer un rôle décisif dans la défense de l’intégrité territoriale du Royaume, de Tanger à Lagouira. La déclaration constitue un modèle pour une stratégie nationale de diplomatie parallèle, unissant les autorités locales, la société civile, la jeunesse, les universitaires et les institutions étatiques dans la mission commune de garantir la souveraineté du Maroc.

Dakhla : partenariat avec l’Institut arabe des droits de l’Homme
04.11.20242022–2025

Dakhla : partenariat avec l’Institut arabe des droits de l’Homme

Convention de partenariat avec l’Institut arabe des droits de l’Homme, signée à Dakhla le 4 novembre 2024, pour promouvoir des programmes relatifs aux droits humains au Maroc et dans le monde arabe.

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Convention de partenariat avec l’Institut arabe des droits de l’Homme, signée à Dakhla le 4 novembre 2024, pour promouvoir des programmes relatifs aux droits humains au Maroc et dans le monde arabe.

Recherche sur la justice avec le Centre démocratique marocain
27.09.20242022–2025

Recherche sur la justice avec le Centre démocratique marocain

Convention de partenariat avec le Centre démocratique marocain, signée le 27 septembre 2024, pour promouvoir la recherche scientifique sur la justice familiale et pénale et sur les questions liées à l’égalité et aux droits humains.

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Convention de partenariat avec le Centre démocratique marocain, signée le 27 septembre 2024, pour promouvoir la recherche scientifique sur la justice familiale et pénale et sur les questions liées à l’égalité et aux droits humains.

Kelaat Sraghna : culture des droits et participation des jeunes
24.09.20242022–2025

Kelaat Sraghna : culture des droits et participation des jeunes

Convention de partenariat avec la Faculté des sciences juridiques de Kelaat des Sraghna, signée le 24 septembre 2024, pour promouvoir une culture des droits humains, notamment les droits des jeunes filles et la participation des jeunes aux réformes législatives.

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Convention de partenariat avec la Faculté des sciences juridiques de Kelaat des Sraghna, signée le 24 septembre 2024, pour promouvoir une culture des droits humains, notamment les droits des jeunes filles et la participation des jeunes aux réformes législatives.

Travailleuses sociales et accès des femmes à la justice
29.07.20242022–2025

Travailleuses sociales et accès des femmes à la justice

Convention de partenariat avec l’Association nationale des assistants sociaux du secteur de la justice, signée le 29 juillet 2024, pour soutenir les femmes en situation de vulnérabilité, promouvoir leur accès à la justice et renforcer l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale des femmes cheffes de ménage.

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Convention de partenariat avec l’Association nationale des assistants sociaux du secteur de la justice, signée le 29 juillet 2024, pour soutenir les femmes en situation de vulnérabilité, promouvoir leur accès à la justice et renforcer l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale des femmes cheffes de ménage.

La Conférence de Genève appelle à l'autonomisation des femmes africaines dans les situations de paix et de conflit
12.03.20242022–2025

La Conférence de Genève appelle à l'autonomisation des femmes africaines dans les situations de paix et de conflit

Les participantes à une conférence internationale tenue le 12 mars 2024 à Genève ont appelé à libérer le potentiel des femmes africaines en temps de paix et de guerre, soulignant que leur pleine émancipation est essentielle à la construction d'un continent sûr et stable.

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Les participantes à une conférence internationale tenue le 12 mars 2024 à Genève ont appelé à libérer le potentiel des femmes africaines en temps de paix et de guerre, soulignant que leur pleine émancipation est essentielle à la construction d'un continent sûr et stable.

L'événement, organisé par l'Observatoire international de Genève pour la paix, la démocratie et les droits de l'homme (OIPDHR) en marge de la 55e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, a souligné le rôle central des femmes dans la consolidation de la paix dans le cadre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l'ONU sur les femmes, la paix et la sécurité. La réunion a été modérée par Karima Rhanem, présidente du Centre international pour la diplomatie (ICD), reflétant l’engagement international de l’ICD et sa stratégie de diplomatie préventive, de paix et de sécurité. En dirigeant les discussions, l’ICD a souligné son engagement à faire progresser la participation des femmes à la résolution des conflits et aux processus de paix à travers l’Afrique.

Les intervenants ont attiré l’attention sur les contributions cruciales mais souvent négligées des femmes dans les zones de conflit. Ndaté Dieng, avocate et présidente d'Afrodyssée, a souligné le rôle des femmes dans la

Sahel, en particulier au Burkina Faso, où ils ont fait preuve de résilience et de leadership dans la consolidation de la paix malgré leur marginalisation des processus décisionnels. Elle a souligné la nécessité d’investir davantage dans l’éducation et les soins de santé des filles comme fondement d’un changement durable.

Naima Korchi, présidente du Forum des femmes africaines, a appelé à l’intégration structurelle des femmes dans les efforts de paix, exhortant la communauté internationale à ne pas les considérer uniquement comme des victimes du conflit. Elle a dénoncé la violence sexuelle utilisée comme arme de guerre et a souligné la Conférence de Pékin et la résolution 1325 comme des jalons dans la promotion des droits des femmes dans les zones de conflit.

Achille Pende, coordinateur du Fonds humanitaire et pour la paix des femmes, a souligné l’importance d’adapter les politiques de paix pour refléter les diverses réalités des femmes dans différents contextes de conflit. Il a mis en garde contre la négligence des approches inclusives qui répondent aux divers besoins et aspirations des femmes.

Aicha Duihi, présidente de l'OIPDHR, a condamné la discrimination sexuelle persistante et l'utilisation persistante des femmes comme instruments de guerre. Elle a soutenu que les réalisations des femmes africaines dans divers secteurs ne devraient pas éclipser les obstacles importants qui subsistent sur le chemin de leur pleine autonomisation. Elle a appelé à des réformes globales pour permettre aux femmes de jouer un rôle constructif et durable dans la consolidation de la paix et de la sécurité.

Pour le Centre international de diplomatie, la participation à la conférence a réaffirmé sa mission de renforcer le dialogue et la diplomatie préventive au niveau mondial. Sous la direction de sa présidente, Karima Rhanem, l’ICD a réitéré son point de vue selon lequel l’autonomisation des femmes n’est pas seulement une question de justice et d’égalité, mais aussi un pilier stratégique pour une paix et une sécurité durables. Garantir la participation active des femmes à la médiation, à la résolution des conflits et à la reconstruction post-conflit reste au cœur de l’engagement international de l’ICD.

La conférence s’est terminée par un appel aux gouvernements, aux organisations internationales et à la société civile pour qu’ils éliminent les obstacles qui entravent la participation des femmes et qu’ils investissent dans leur éducation, leur santé et leur leadership. Les participants ont convenu que la stabilité et la prospérité de l’Afrique ne peuvent être atteintes sans la pleine inclusion des femmes dans les processus de paix et de sécurité.

Le partenariat ICD-UNFPA place les jeunes filles marocaines au cœur de la réforme
2023–20242022–2025

Le partenariat ICD-UNFPA place les jeunes filles marocaines au cœur de la réforme

Le Centre international de diplomatie (ICD) et l'UNFPA Maroc ont conclu deux accords de partenariat révolutionnaires, signés en 2023 et 2024, qui transforment la manière dont la diplomatie s'engage dans la société en plaçant les jeunes filles marocaines au centre de la réforme législative, du plaidoyer et de l'égalité.

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Le Centre international de diplomatie (ICD) et l'UNFPA Maroc ont conclu deux accords de partenariat révolutionnaires, signés en 2023 et 2024, qui transforment la manière dont la diplomatie s'engage dans la société en plaçant les jeunes filles marocaines au centre de la réforme législative, du plaidoyer et de l'égalité.

Première phase (2023) : construire le dialogue et briser les barrières

L’accord de 2023 a jeté les bases du dialogue entre les jeunes filles et les principales parties prenantes du processus de réforme au Maroc. Cela a créé une opportunité historique pour les filles âgées de 15 à 24 ans de s’asseoir à la table des représentants du gouvernement, des groupes parlementaires et des décideurs.

Grâce aux arts, à la culture et à une narration innovante, des concepts juridiques complexes ont été simplifiés et rendus accessibles, permettant aux filles de proposer activement des amendements concrets. Leur plaidoyer a abouti à un mémorandum sur la réforme du Code de la famille présenté à la Commission royale chargée de réviser la Moudawana, avec un accent particulier sur les droits des filles et la protection de l’enfance.

Une jeune fille, représentant tous les bénéficiaires du projet, a même rejoint une réunion du conseil d’administration de l’ICD pour exprimer directement ses préoccupations – un acte d’inclusion symbolique mais puissant.

La première phase s’est également étendue au-delà du Maroc. Grâce à la coopération Sud-Sud, les filles marocaines ont comparé leurs expériences à celles de leurs pairs d’autres pays, renforçant ainsi l’idée selon laquelle l’égalité des sexes est un programme diplomatique mondial.

Autres faits saillants inclus :

• Ateliers de renforcement des capacités en matière de plaidoyer et d'engagement législatif.

• Possibilités pour les filles de rencontrer des représentants du gouvernement et de plaider directement.

• Un mémorandum sur les droits des filles dans les situations de catastrophe, introduit dans le débat national après le tremblement de terre d'El Haouz, démontrant la réactivité du programme aux problèmes urgents.

À la fin de la première phase, les jeunes filles marocaines étaient passées du statut de bénéficiaires passives à celles de militantes actives et d’influenceuses politiques.

Cette première étape a été soutenue par Affaires mondiales Canada.

Deuxième phase (2024) : De la réforme à la prise de conscience et à l'action

Fort de ces résultats, le deuxième partenariat signé en 2024 a compris que la réforme du droit à elle seule ne suffit pas. La sensibilisation, la culture et l’engagement du public étaient nécessaires pour donner vie aux réformes.

Cette phase a continué à travailler avec les filles de la première phase, garantissant cohérence et continuité.

Ensemble, ils :

• Lancé un débat sur le Code pénal, en se concentrant sur les droits des filles dans la législation pénale et en proposant des amendements. • Suivi des réformes du Code de la Famille : plus de 50% des

Les propositions de l’ICD ont été acceptées par le gouvernement, une étape importante dans l’impact du plaidoyer. • Plaidoyer sur la route avec les caravanes Ride4Inclusion, Égalité et Citoyenneté, voyageant au-delà de Rabat vers Casablanca, Beni Mellal, Marrakech, Azilal, Amizmiz (à El Haouz) et Kelaat Sraghna. • Utiliser les sports et les espaces publics comme outils de campagnes pour l'égalité, atteignant les communautés touchées par le tremblement de terre. • Aborder de nouvelles questions, notamment l'hygiène menstruelle, l'équilibre entre vie familiale et vie professionnelle pour les femmes chefs de famille, et même une étude sur l'impact du changement climatique sur les droits des femmes et des filles. Le soutien de l’ambassade du Danemark et de l’Agence espagnole de coopération internationale au développement (AECID) a permis à cette phase d’atteindre les zones rurales et les régions touchées par des catastrophes, portant le plaidoyer bien au-delà des centres urbains.

Le modèle YOULEAD : apprendre, responsabiliser, défendre, développer

Au cœur du programme se trouve YOULEAD :

• Apprendre : acquérir des connaissances sur les droits, les lois et les conventions internationales. • Autonomiser : renforcer la confiance et les compétences en leadership des filles. • Plaider : les former à s'adresser directement aux décideurs politiques, à rédiger des propositions et à défendre leurs droits. • Développer : les préparer à des rôles à long terme dans la vie civique et politique, aux niveaux national et international. YOULEAD n'est pas seulement un programme pour les jeunes : c'est un incubateur de leadership diplomatique, préparant les filles marocaines à de futurs rôles dans le plaidoyer civique, la politique et même la diplomatie mondiale.

Diplomatie aux niveaux national et mondial

Pour l’ICD, ce partenariat illustre que la diplomatie ne concerne pas seulement les traités internationaux mais aussi le dialogue national. En aidant les filles à exprimer leurs droits au Maroc, l'ICD relie le plaidoyer local aux cadres mondiaux tels que l'agenda CIPD+30, les objectifs de développement durable des Nations Unies et les plateformes de coopération Sud-Sud.

Cette approche montre comment les efforts de réforme nationaux peuvent alimenter les discussions diplomatiques mondiales, tout en préparant la prochaine génération de femmes dirigeantes à s’engager au niveau international.

« Donner aux jeunes filles les moyens de faire entendre leur voix aujourd'hui les prépare à des rôles à plus grande échelle dans le plaidoyer civique et politique de demain », a déclaré l'ICD. « C’est une diplomatie en action, qui fait le lien entre le local et le mondial. »

Vers un Maroc plus juste

Ensemble, les partenariats de 2023 et 2024 marquent une approche stratégique par étapes :

• Premièrement, en créant un dialogue et en donnant du pouvoir aux voix. • Ensuite, en renforçant la protection, en sensibilisant et en élargissant le mouvement à l'échelle nationale. Et aujourd’hui, ce sont les filles qui ont commencé par dialoguer qui mènent la scène : elles proposent des lois, sensibilisent et portent les engagements du Maroc dans la vie publique. Leur voix étant amplifiée, ils ne sont plus des participants à la réforme, mais des moteurs du changement.

Comment les jeunes voix redessinent le contrat social du Maroc
2023–20242022–2025

Comment les jeunes voix redessinent le contrat social du Maroc

Ils venaient de dortoirs, de salles de classe, de villes rurales et de camps suite à un tremblement de terre.

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Ils venaient de dortoirs, de salles de classe, de villes rurales et de camps suite à un tremblement de terre. Pas pour qu'on parle, mais pour parler. Partout au Maroc, les jeunes filles pénètrent dans un espace longtemps réservé aux experts et aux élites : l’espace où les lois sont imaginées et façonnées. Il ne s’agit pas seulement d’une histoire de réforme : il s’agit d’un nouveau type de pouvoir qui émerge de la base, et des femmes et des filles qui remodèlent tranquillement le contrat social du pays.

Depuis des années, le processus de réforme juridique du Maroc a été nourri par le travail constant des institutions et de la société civile. Des salles d’audience aux salles de classe, d’innombrables acteurs ont soutenu les groupes vulnérables, contesté les normes et plaidé pour la justice. Mais entre 2023 et 2024, au milieu du dialogue national sur la réforme du Code de la famille et au lendemain du tremblement de terre dévastateur, quelque chose a commencé à changer en termes d’ampleur, de visibilité et d’impact.

Les voix des filles des régions éloignées, des jeunes issus de milieux sous-représentés et des citoyens longtemps exclus de l’élaboration des politiques ont commencé à résonner dans les débats nationaux. Ce n’étaient pas seulement des histoires de difficultés, c’étaient des histoires de résistance, de clarté et d’aspiration.

Dans ce paysage en évolution, le Centre international pour la diplomatie (ICD) a joué un rôle central en aidant à transformer ces voix en un plaidoyer structuré. En partenariat avec des institutions et des communautés, l’ICD s’est efforcé de transformer les réalités locales en propositions politiques – non pas en remplaçant le travail des autres, mais en établissant des ponts entre l’expérience vécue et la réforme législative.

Une réforme qui respire – À l’intérieur de l’écosystème construit par l’ICD

Au cours des années les plus cruciales de la réforme au Maroc, alors que les débats nationaux se déroulaient autour du Code de la famille et du Code pénal, une organisation a discrètement réécrit les règles régissant la manière dont le changement se produit. Le

Le Centre international de diplomatie (ICD) n'a pas attendu que ses portes s'ouvrent à Rabat. Il est allé là où peu de gens regardaient : dans les écoles rurales, les régions frappées par des tremblements de terre, les stades et la vie des filles trop souvent réduites au silence.

Il ne s’agissait pas seulement de rédiger des propositions. Il s’agissait de construire tout un écosystème – une méthode de réforme qui appartient aux gens avant la loi.

Entre 2023 et 2024, avec le soutien de l’UNFPA Maroc, l’ICD a été le fer de lance d’un processus de réforme participative contrairement à beaucoup d’autres de mémoire récente. D’une portée ambitieuse, ancrée dans les droits de l’homme et profondément liée aux réalités quotidiennes, l’initiative a transformé l’expérience vécue en recommandations politiques concrètes.

L’approche de l’ICD n’était pas une consultation pour le plaisir. C'était la participation comme pouvoir.

Il a organisé 4 consultations nationales, 2 forums internationaux et 2 caravanes régionales. Il a travaillé directement avec plus de 1 425 jeunes, dont plus de 1 000 filles, des jeunes handicapés, des migrants et des étudiants ruraux. Mais l’écho de ces voix s’est répandu bien au-delà des salles de réunion : il a touché des centaines de milliers de Marocains à travers des campagnes numériques, des expositions artistiques, des matchs symboliques et des caravanes traversant des villes oubliées.

Et de ce voyage sont issus des chiffres qui parlent d’eux-mêmes : 82 propositions élaborées, 57 consolidées dans des mémorandums officiels, 15 livrables stratégiques créés et plus de 300 décideurs engagés. Quant à son groupe de réflexion Think Equality in Africa, l’ICD a réussi depuis 2018 à élaborer plus de 50 notes d’orientation sur différentes questions tout en produisant plus de 1 000 propositions politiques et législatives concrètes.

Mais la plus grande réussite de l’ICD était peut-être moins visible : un changement de culture. Un changement d’imagination, c’est une question de Mindset !

Transformer les voix en pouvoir – Les modèles ICD derrière le mouvement

L’ICD savait que donner une place aux filles à la table n’était pas suffisant. Ils devaient s'approprier l'espace, façonner les questions et rédiger les réponses.

Cette vision a pris vie à travers deux modèles transformateurs :

• YOULEAD — Apprendre, responsabiliser, défendre, développer.

Les filles ont été formées à lire des textes juridiques, à comprendre leurs droits et à débattre avec les décideurs.

• CRÉER — Créativité, résilience, empathie, plaidoyer, transformation, autonomisation.

Les filles ont transformé le traumatisme en théâtre, la douleur en poésie et leur vision du Maroc en art public.

Ce qui a commencé comme des ateliers est devenu une voie vers le leadership. Ce qui a commencé dans de petites salles de village s’est transformé en une voix nationale impossible à ignorer.

Le Maroc que nous voulons – Quand les droits descendent dans la rue

Cette vision ne se limitait pas aux bureaux. À l'été 2024, l'ICD a lancé Ride4InclusionEquality, une campagne audacieuse où les droits ont rencontré la route.

Avec les motocyclistes des Road Brothers et une coalition d'ONG, l'ICD a transformé les rues de Casablanca à Amizmiz en écoles à ciel ouvert. Les places publiques sont devenues des salles de classe. Les stades sont devenus des espaces de réflexion.

Les femmes et les filles ont appris leurs droits non pas de manière isolée, mais dans la célébration, à travers l'art, la musique et le théâtre.

L’un des moments les plus révolutionnaires s’est produit dans les stades. Les ateliers avec des supporters de football du Raja et du Wydad n’ont pas seulement abordé la masculinité toxique : ils ont réécrit les règles du fandom.

Une nouvelle Charte pour des stades sûrs et inclusifs a été signée. Garçons et filles jouaient ensemble dans des matchs symboliques. Un jeune supporter a avoué :

"Le football est pour tout le monde. Je veux que ma sœur puisse s'asseoir à côté de moi dans le stade sans crainte."

Il s’agissait d’une réforme au-delà du texte. Il s’agissait d’un changement de culture – en temps réel.

Réforme du Code de la famille : anticiper les limites, protéger les vies

Lorsque le ministère de la Justice a dévoilé ses 17 propositions officielles de révision du Code de la famille (Moudawana) en décembre 2024, il a fait écho à bon nombre des préoccupations et priorités déjà exprimées dans les 26 recommandations détaillées soumises par l'ICD un an plus tôt à la Commission royale chargée de réviser le Code de la famille. Loin de réagir au moment présent, l’ICD avait anticipé les complexités à venir et s’était préparée en conséquence.

Cela n’a été nulle part plus clair que dans la question sensible du mariage des enfants. L’ICD a fermement plaidé en faveur de la criminalisation totale du mariage avant l’âge légal. Mais il a également reconnu les réalités sociopolitiques du Maroc et la probabilité que certaines exceptions perdurent à court terme. En réponse, il propose une architecture préventive : fixer une période minimale et maximale pour l'enquête sociale préalable à toute autorisation judiciaire (pour éviter les cas où l'approbation est accordée dans les 24 heures), exiger des évaluations psychologiques par des professionnels certifiés et exiger des sanctions pénales pour les personnes facilitant les mariages illégaux.

L’ICD a mis un accent particulier sur les pratiques néfastes telles que le « zawaj bil chèque » (mariage par chèque), le « zawaj bidayn » (mariage par dettes) et le « zawaj bil ‘aqd » (mariage par contrat privé) – des arrangements qui masquent souvent la traite des êtres humains ou l’exploitation, en particulier des mineurs. L'ICD a appelé à ce que ces pratiques soient clairement reconnues et sanctionnées par les lois pénales et sur la traite des êtres humains.

Un autre sujet de préoccupation était le « zawaj fatiha » – des mariages religieux rarement enregistrés auprès de l’État. Même si l’ICD a délibérément évité de s’engager dans des débats théologiques, elle a souligné le vide juridique et les violations des droits créés lorsque de tels mariages ne sont pas enregistrés. Les femmes et les enfants vivant dans ces unions sont souvent confrontés à des difficultés en matière de divorce, d'héritage, de reconnaissance des enfants et d'accès aux services publics. L’ICD a plaidé pour la reconnaissance légale uniquement de l’acte de mariage officiel et a appelé à des mesures dissuasives et à des sanctions plus fortes pour empêcher l’utilisation abusive de la zawaj fatiha comme moyen de contourner l’enregistrement – ​​une pratique qui reste répandue malgré son inclusion dans le Code de la famille actuel.

Bon nombre des recommandations de l’ICD – élaborées au cours de consultations sur le terrain qui ont duré un an et formalisées dans son mémorandum – figuraient, entièrement ou partiellement, dans la proposition en 17 points du gouvernement. Cela a marqué un moment important de convergence entre le plaidoyer populaire et la réforme institutionnelle.

Parmi les domaines d’alignement les plus visibles figure la question du mariage précoce. Même si le gouvernement n’est pas allé jusqu’à une criminalisation totale, il a proposé des conditions plus strictes pour autoriser les exceptions, signalant une évolution vers des protections plus strictes. Les propositions de l’ICD en faveur d’une tutelle légale partagée entre les parents – ancrées dans l’équité entre les sexes et l’intérêt supérieur de l’enfant – ont également trouvé une réflexion partielle dans le projet. Concernant le droit des femmes au logement, en particulier en cas de divorce ou de veuvage, le plaidoyer de l’ICD s’est traduit par de nouvelles dispositions renforçant la capacité des femmes à rester dans le domicile familial ou à y accéder dans des conditions spécifiques.

Au total, 14 des 26 propositions de la SID ont été soit explicitement reflétées, soit partiellement intégrées dans le projet du gouvernement, ce qui représente un taux de convergence de plus de 53 %.

Toutefois, 12 propositions n’ont pas été retenues ou mentionnées dans la version communiquée par le gouvernement. Ici, deux facteurs importants doivent être pris en compte. Premièrement, le mémorandum de l’ICD ne se concentrait pas uniquement sur le Code de la famille de manière isolée. Il a également introduit des mesures de protection et de transition visant à harmoniser le Code de la famille avec d'autres législations pertinentes, notamment le code pénal, la loi 103.13 sur la violence à l'égard des femmes et les lois traitant de la traite des êtres humains. L’objectif était de garantir la cohérence juridique et d’éviter les lacunes dans la mise en œuvre qui apparaissent souvent lorsque les lois sont réformées en vase clos.

Deuxièmement, alors que la Commission royale chargée de réviser le Code de la famille aurait reçu plus de 100 propositions de la société civile et des acteurs institutionnels, seules 17 propositions ont été rendues publiques – identifiées comme les plus débattues ou les plus sensibles, et soumises au Conseil suprême des oulémas pour examen religieux et fatwa. Il est donc probable que certaines des recommandations restantes de l’ICD – en particulier celles liées à l’harmonisation du droit et aux mécanismes de protection – pourraient encore être prises en compte dans les versions futures ou pendant la phase de mise en œuvre.

Dans cette optique, l’intégration partielle de 14 propositions représente plus qu’une victoire législative. Il affirme qu’un plaidoyer ancré dans la communauté et fondé sur des preuves peut influencer et influence effectivement la politique nationale – même dans des domaines profondément sensibles. C’est une reconnaissance du fait que la réforme ne vient pas seulement d’experts juridiques ou de commissions fermées, mais aussi du savoir vécu de ceux qui naviguent dans le droit au quotidien – en particulier les filles, les femmes et les acteurs de première ligne.

Réforme du Code pénal – Briser le silence, nommer le préjudice

Si le travail de l’ICD sur le Code de la famille a fait preuve de clairvoyance stratégique, son approche du Code pénal a révélé quelque chose de tout aussi vital : un courage sans faille.

Dans un paysage législatif où le silence entoure souvent les questions sociales les plus sensibles, l’ICD a choisi de ne pas éluder les sujets difficiles : elle a choisi de les nommer, de les documenter et de les affronter de front. Dans son mémorandum de 23 propositions soumises dans le cadre du processus national de réforme du Code pénal, l'ICD a abordé des questions qui sont souvent sous-représentées ou totalement exclues des discussions politiques officielles : le viol conjugal, le harcèlement en ligne, la traite des êtres humains déguisée en mariage, les abus au sein des institutions et la détention temporaire de filles mineures.

Grâce à un travail de terrain ciblé dans les centres judiciaires, les institutions de protection et les services sociaux, l’ICD a découvert comment des filles non accompagnées – dont beaucoup étaient elles-mêmes victimes de violence, d’exploitation ou d’abandon – étaient soumises à une détention prolongée sans garanties juridiques appropriées. Il ne s’agissait pas de cas abstraits. Il s’agissait de vies réelles, prises entre la lettre de la loi et sa pratique.

En réponse, l’ICD a appelé à des réformes structurelles : des critères juridiques clairs pour les alternatives à la détention, un soutien psychologique obligatoire, un contrôle judiciaire et des parcours de réintégration qui respectent la dignité des mineurs. Sa position était simple – mais profonde : un système judiciaire doit protéger avant de punir.

Au-delà des questions de détention, l’ICD a abordé un autre tabou : le cadre juridique de l’avortement. Alors que la conversation nationale s’est concentrée sur des extensions limitées des conditions juridiques, l’ICD est allée plus loin. Il a fait valoir que la loi doit adopter la définition complète de la santé de l’Organisation mondiale de la santé, englobant non seulement le risque physique mais aussi la santé mentale et le bien-être psychosocial. Ce changement n’était pas idéologique : il était basé sur des rencontres réelles de l’ICD avec des femmes et des filles qui avaient été forcées de porter une grossesse malgré le traumatisme, le désespoir ou la coercition.

D’autres recommandations abordaient les préjudices nouveaux et émergents, tels que la cyberviolence, le harcèlement numérique sexiste et l’exploitation des lacunes juridiques autorisant les mariages forcés ou transactionnels – des pratiques que l’ICD avait déjà signalées dans son analyse du Code de la famille comme des formes de traite des êtres humains.

Lorsque le projet de loi du gouvernement réformant le Code pénal a été publié, bon nombre de ces appels – notamment sur la protection des mineurs en détention, l’élargissement des définitions de la violence et le renforcement des sanctions en cas de traite par le mariage – ont été pris en compte, au moins partiellement. Les propositions de l’ICD concernant les procédures judiciaires pour les mineurs, les protections numériques et les garanties pour les femmes victimes d’abus ont trouvé des échos clairs dans le texte juridique.

Même si les 23 recommandations de l’ICD n’ont pas toutes été intégrées, le taux d’alignement était significatif. Tout comme pour le Code de la famille, plusieurs propositions ont été pour le moins reconnues, signe que l’expertise de terrain, lorsqu’elle est rigoureusement documentée et mise en œuvre de manière stratégique, ne passe pas inaperçue.

Il est important de noter que le mémorandum de l’ICD insiste également sur la cohérence entre les cadres juridiques. Il met en garde contre une révision isolée du Code pénal. Au lieu de cela, il a appelé à une harmonisation avec le Code de la famille, la loi 103.13 sur la violence contre les femmes et la législation sur la protection de l'enfance – garantissant que les droits sur papier se traduisent en protection dans la pratique.

Ici aussi, le contexte compte. Alors que de nombreux acteurs ont soumis des propositions pour la réforme du Code pénal, la contribution de l’ICD s’est démarquée par ses preuves basées sur le terrain, son fondement en matière de droits humains et son cadre juridique sensible au genre. Plus qu’un mémoire juridique, il s’agissait d’un portrait de l’injustice structurelle – et d’une feuille de route sur la manière dont le droit pourrait évoluer pour répondre dignement aux vies réelles.

À la base, le travail de l’ICD sur le Code pénal consistait à nommer les préjudices afin de pouvoir y remédier. Il s’agissait de garantir qu’aucune fille ne soit punie pour sa vulnérabilité, qu’aucune femme ne soit réduite au silence par la stigmatisation et qu’aucune forme de violence ne se cache derrière l’excuse de la tradition ou des retards administratifs.

Grâce à son plaidoyer intrépide, l’ICD a élargi les limites du débat et, ce faisant, a contribué à élargir la loi elle-même.

Santé menstruelle – La dignité dans les détails

Peu de domaines de réforme reflètent autant la philosophie de l’ICD que son plaidoyer en faveur de la dignité menstruelle – une question longtemps rejetée, stigmatisée ou discrètement ignorée dans le discours public.

Ce qui a commencé comme un murmure – les filles sautent l’école, évitent de participer aux cours ou cachent leur douleur – est devenu une question de politique nationale, grâce à la détermination de l’ICD à faire passer la santé menstruelle de l’ombre au cœur des programmes juridiques, sociaux et éducatifs.

L'ICD a soumis neuf propositions politiques concrètes concernant l'équité menstruelle. Celles-ci allaient de la fourniture gratuite de produits sanitaires dans les écoles, les refuges et les prisons, aux congés menstruels pour les travailleuses, à l'inclusion de la santé menstruelle dans les plans d'intervention en cas de catastrophe et aux campagnes d'éducation du public visant à démanteler les tabous culturels.

Mais la puissance de ce mouvement ne réside pas seulement dans les chiffres. Ce sont les filles qui ont commencé à parler, les garçons qui ont commencé à écouter et les espaces publics qui sont devenus des salles de classe dignes.

À Beni Mellal, l’assistant social Adil Toula a assisté à la transformation. Alors que la caravane Ride4InclusionEquality organisait des ateliers sur les places des villes et dans les coins ruraux, il a vu des mères, des étudiants et des dirigeants communautaires se rassembler pour parler de ce qui était autrefois indescriptible.

"La caravane a brisé des tabous dont nous pensions qu'ils ne bougeraient jamais", a-t-il déclaré.

Les femmes ont parlé d’années de silence. Les filles posaient des questions sans honte. « C’est le même tribunal où je travaille », a-t-il ajouté, « mais ici, je les ai vus parler pour eux-mêmes – pas à travers moi, mais avec leur propre voix. »

À Amizmiz, encore sous le choc du tremblement de terre de 2023, le travail de l’ICD a pris une toute autre urgence. Avec de nombreuses familles vivant sous des tentes, l’hygiène de base n’était plus une question de routine : c’était une crise. Au milieu de cela, un groupe de filles de Dar Taliba, qui hésitaient autrefois à lever la main en classe, se sont tenues devant leurs camarades pour animer des ateliers sur la santé menstruelle. À l’aide de visuels, de dessins animés et d’histoires, elles ont expliqué le cycle menstruel, les techniques d’hygiène et comment demander de l’aide – le tout dans le langage de la sororité et de la solidarité.

Une jeune fille, Souad, a décrit sa première réaction à l'atelier :

"J'étais tellement mal à l'aise, surtout avec un animateur masculin. Mais ensuite j'ai compris : notre silence nous fait encore plus mal. J'ai appris à nommer mon corps, à le protéger. J'ai même partagé mon histoire. Et je n'avais pas honte."

À Kelaat Sraghna, le message a également été reçu haut et fort par les garçons. Après avoir assisté à une séance de l'ICD, Hassan, étudiant en droit, s'est manifesté :

"Ce n'est pas seulement un problème de filles. Nous avons aussi une responsabilité, en tant que frères, fils et partenaires. J'en parle à notre club étudiant. Il est temps que nous parlions."

Ce n’étaient pas des moments isolés. Ils faisaient écho à un changement culturel déclenché par l’approche de l’ICD : un changement qui combinait politique et pédagogie, législation et expérience vécue et réforme et résilience. En collaboration avec l'UNFPA Maroc, l'ICD a conçu des sessions interactives, visuelles et émotionnellement sûres, permettant aux participants de partager, de poser des questions et de traiter.

L'organisation a également lancé une campagne numérique nationale, touchant plus de 276 000 personnes en ligne, tandis que des caravanes en personne et des visites scolaires ont mobilisé directement des centaines d'élèves. Au-delà de la sensibilisation, ces sessions ont abouti à des outils pratiques – notamment des manuels de formation, des boîtes à outils visuelles et des espaces de sensibilisation mobiles – conçus pour être reproduits par les enseignants, les groupes de la société civile et les agents de santé.

Dans chaque région touchée, l’ICD a souligné que la dignité menstruelle n’est pas seulement une question d’hygiène. Il s’agit d’éducation, d’autonomie et d’accès. Il s’agit pour les filles de ne pas manquer l’école. Les femmes ne perdent pas de journées de travail. Et les communautés n’excluent pas la moitié de leur population de la vie publique en raison de réalités biologiques.

Plus important encore, il a recadré la menstruation comme une question de droits humains – profondément liée à la santé, à l’éducation, à l’égalité des sexes et à la dignité.

Lors d’une séance en caravane, un père s’est approché de l’équipe ICD. Doucement, il dit : "Je n'en ai jamais parlé à ma fille. Mais maintenant je le ferai. Merci de nous avoir montré que ce n'est pas de la honte, c'est du savoir."

C’est ce que l’ICD a changé.

Cela n’a pas seulement poussé les politiques. Cela a créé de l'espace.

Cela donnait du langage à l'inconfort. Des outils pour les soignants. Confiance aux filles. Et il a invité les garçons et les hommes à faire partie de la solution.

La dignité menstruelle, autrefois cachée dans le silence, est devenue un pilier de la réforme – transportée dans les valises des caravanes, dessinée sur les murs des écoles et gravée dans les notes d’orientation soumises au Parlement.

Il s’avère que la dignité réside dans les détails.

Et grâce au travail de l’ICD, ces détails sont désormais inscrits dans l’avenir du Maroc.

Sport et genre — De la gloire nationale à l’égalité au quotidien

En 2022, l’équipe nationale masculine de football du Maroc a fait la une des journaux mondiaux. L’année suivante, l’équipe féminine a inscrit son nom dans l’histoire avec une performance impressionnante à la Coupe du Monde Féminine de la FIFA. Avec la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 et la Coupe du monde 2030 à l’horizon, le Maroc a assuré sa place de force montante dans le sport mondial. Alors que le monde célébrait les objectifs sur la scène mondiale, le Centre international pour la diplomatie (ICD) se concentrait sur quelque chose d'aussi important que la gloire nationale : l'exclusion des filles des espaces sportifs publics de leurs propres quartiers.

Pour l’ICD, le sport n’est pas seulement un spectacle : c’est un droit. Une fille sur un terrain ne court pas après un ballon, elle court après la liberté, la visibilité et le leadership. Cette conviction a conduit l’ICD à lancer son programme « Le sport pour l’égalité » avant la CAN 2025 et la Coupe du monde 2030. L’objectif : garantir que le sport reflète non seulement la fierté nationale, mais aussi l’inclusion nationale.

Ses propositions, partagées dans une note politique détaillée, comprenaient une planification urbaine sensible au genre, des lois contre le harcèlement dans les stades et le financement de programmes inclusifs pour les jeunes. Mais l’ICD ne s’est pas arrêté au niveau politique : il a porté la campagne sur le terrain.

Grâce à la caravane Ride4InclusionEquality, les parcs et les places de Casablanca, Azilal, Beni Mellal et la province d'El Haouz touchée par le tremblement de terre sont devenus des salles de classe en plein air.

L'ICD a également travaillé directement avec des associations sportives de football et des supporters de grands clubs, en animant des ateliers sur le genre, la culture des supporters et la sécurité des stades. Beaucoup ont signé la Charte de l’ICD pour des stades inclusifs, s’engageant publiquement à mettre fin au harcèlement et à accueillir les filles dans les tribunes.

Les propositions de l’ICD, fruit de mois de consultation auprès d’éducateurs, d’athlètes, d’urbanistes, ainsi que de filles et de garçons, allaient bien au-delà des programmes sportifs traditionnels. Ils envisageaient une transformation dans la manière dont le Maroc aborde l’intersection du sport et du genre – non pas comme des domaines distincts, mais comme des forces profondément liées qui façonnent l’espace public, l’identité et les opportunités.

Au cœur de cette vision se trouvait la demande d’infrastructures sûres et inclusives. Les espaces sportifs, a soutenu l’ICD, doivent être conçus en pensant aux filles – avec un éclairage approprié, des considérations d’intimité et une accessibilité totale qui affirme leur droit d’appartenance. La sécurité n'était pas une préoccupation secondaire ; c’était fondamental.

L’ICD a également appelé à une position nationale de tolérance zéro à l’égard du harcèlement et des violences verbales dans les stades et les clubs sportifs – des espaces qui ont trop souvent normalisé l’exclusion par le biais de chants, de gestes et de codes de silence. L’organisation a fait pression pour des cadres juridiques et institutionnels qui identifient le problème, forment le personnel à intervenir et rendent visible la responsabilité.

Un autre élément clé de l’approche de l’ICD était l’équité des chances. Il a plaidé en faveur d'un financement accru pour les programmes d'éducation physique mixtes, en particulier dans les zones rurales et marginalisées où les filles sont souvent confrontées à des obstacles logistiques et culturels pour participer. L’inclusion, selon l’ICD, doit être pratiquée dès l’enfance – et non promise plus tard.

Les propositions comprenaient également l'introduction de quotas de genre au sein des associations sportives locales et des clubs de jeunes, garantissant que les femmes et les filles ont leur mot à dire non seulement sur le terrain, mais aussi dans le leadership, la prise de décision et la planification.

Enfin, l’ICD a souligné l’importance de l’état d’esprit et du mentorat. Il proposait une formation complète pour les entraîneurs, les éducateurs et les dirigeants communautaires sur la sensibilité au genre et la masculinité positive – non seulement pour prévenir les préjudices, mais aussi pour cultiver activement une culture de respect, de confiance et d’autonomisation mutuelle.

À travers le sport, l’ICD ne faisait pas que promouvoir l’activité physique. C’était ouvrir l’espace public. Cela redéfinissait l’appartenance. Et dans une cour d’école poussiéreuse ou dans un stade bondé, cela prouvait que chaque fille mérite sa place – pas seulement pour regarder, mais pour gagner.

Résilience climatique et eau – Un impératif de justice dans un Maroc qui se réchauffe

Pour le Centre international de diplomatie (ICD), la justice climatique n’est pas seulement une question d’émissions : c’est aussi une question de droits. L’approche de l’organisation en matière de résilience reconnaît que le changement climatique n’a pas un impact égal sur tout le monde. Les filles, en particulier dans les zones rurales du Maroc, sont confrontées à des vulnérabilités aggravées : de la pénurie d'eau à l'abandon scolaire précoce, en passant par la migration forcée et le mariage précoce, souvent liés au stress environnemental.

Le travail de l’ICD a conduit à 8 recommandations clés sur la résilience climatique et 7 sur la justice hydrique, avec un accent particulier sur les dimensions sexospécifiques des crises environnementales. Ces propositions vont de l’intégration systématique du genre dans les politiques climatiques nationales à la reconnaissance du droit à l’eau dans la Constitution marocaine, en passant par la priorité accordée à l’accès à l’eau potable pour les filles dans les écoles et lors de catastrophes.

À la suite du tremblement de terre d’Al Haouz en 2023, le mémorandum de l’ICD a souligné l’urgence de politiques en cas de catastrophe tenant compte du genre. Il a appelé à la création de comités locaux de résilience inclusifs, à l’intégration des besoins des filles dans les plans d’intervention d’urgence et à la formation de médiateurs locaux de l’eau pour prévenir les conflits liés aux ressources.

Un mois après le tremblement de terre, l'ICD a organisé une conférence régionale à Oujda, dans l'est du Maroc, sur « L'eau, le genre et la paix », et a lancé le Water Diplomacy Media Lab pour amplifier le plaidoyer mené par les jeunes sur cette crise silencieuse. Une Charte africaine de la diplomatie de l’eau est actuellement en préparation – positionnant le Maroc non seulement comme un pays vulnérable, mais aussi comme un acteur proactif de la diplomatie préventive.

Dans un contexte où le Maroc est confronté à une disponibilité en eau inférieure à 650 m³ par habitant et par an – bien en dessous du seuil de stress – l’ICD insiste sur le fait que la politique de l’eau doit être fondée sur les droits, inclusive et sensible au genre. Le changement climatique est peut-être un phénomène mondial, mais la résilience doit être locale – et pour l’ICD, cela signifie placer les filles, les communautés rurales et les groupes vulnérables au centre de la gouvernance environnementale.

Droits numériques, outils intelligents — Ask Illy et l'avenir de l'accès civique

L’accès au droit ne commence pas dans une salle d’audience : il commence par la connaissance. La stratégie numérique de l’ICD repose sur une conviction fondamentale : si les filles ne peuvent pas accéder à la loi, la loi doit les atteindre. Et c’est exactement ce qu’ICD a fait avec Ask Illy, le premier chatbot alimenté par l’IA, conçu pour les droits des filles, l’éducation juridique et l’orientation sûre au Maroc.

Lancé en 2024 dans le cadre du partenariat de l’ICD avec l’UNFPA, Ask Illy complète d’autres outils numériques dont le www.droitsjeunesfilles. Org et l'application mobile MAAN. Ces outils offrent aux filles, aux parents, aux éducateurs et aux acteurs locaux un accès instantané à des informations vérifiées sur des sujets allant des lois sur le mariage et la santé menstruelle aux numéros d'urgence et aux mécanismes de signalement.

Mais l’approche numérique de l’ICD va bien au-delà de la simple technologie : il s’agit de démocratiser l’accès. Les plateformes sont conçues pour fonctionner dans les zones à faible connectivité et utilisent des visuels conviviaux pour aider les personnes peu alphabétisées.

Grâce à ces outils, l'ICD a touché plus de 400 000 utilisateurs en ligne, tout en offrant aux filles un moyen fiable, discret et accessible d'obtenir des informations, en particulier dans des situations sensibles impliquant des abus, du harcèlement ou des complexités juridiques.

Alors que le Maroc se prépare à une transformation numérique plus profonde, la stratégie de l’ICD propose un modèle évolutif : un modèle dans lequel la justice numérique n’est pas un luxe, mais un droit – et où la loi n’est pas une institution lointaine, mais un dialogue à portée de main.

La vision finale – Pouvoir silencieux, changement durable

ICD n’a pas revendiqué la voix la plus forte. Il n’est pas entré dans le processus de réforme du Maroc par la force, mais par sa présence, par sa confiance et par sa patience.

Sa méthode ne consistait pas seulement à rédiger des propositions, mais à recruter de nouveaux acteurs publics.

Des filles peignant leurs rêves sur les murs de l’école. Des garçons réécrivent leurs chants dans les stades. Les mères deviennent des défenseures des droits.

Certaines réformes se mesurent en articles modifiés. D’autres se mesurent aux voix élevées, aux silences brisés, aux futurs réécrits.

L’héritage de l’ICD ne réside pas seulement dans les nouvelles lois marocaines.

Cela réside dans la nouvelle imagination de ce que peut être la justice.

Pas de haut en bas. Mais à partir de la base. Là où se déroule la vraie vie. Où vit la dignité.

Filles, Pas Epouses : Les filles d'Afrique ont parfaitement le droit de jouer, d'explorer, d'apprendre et de grandir librement en toute sécurité.
20242022–2025

Filles, Pas Epouses : Les filles d'Afrique ont parfaitement le droit de jouer, d'explorer, d'apprendre et de grandir librement en toute sécurité.

Entretien avec KARIMA RHANEM, présidente du Centre international pour

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Entretien avec KARIMA RHANEM, présidente du Centre international pour

Diplomatie

Karima Rhanem, experte en politiques publiques et présidente du Centre international de diplomatie, estime que le mariage des enfants est une grande préoccupation en Afrique, car les filles sont violées à trois reprises : lorsque vous les privez de l'enfance et de leur droit à l'éducation, lorsque vous les forcez à se marier contre leur gré, et lorsqu'une enfant qui ne peut même pas connaître son corps porte un autre bébé, ce qui a un impact sur sa santé mentale et physique.

Elle estime que chaque enfant doit bénéficier d’une protection et de droits égaux, non seulement en droit mais aussi dans la pratique. Elle a souligné que les filles en Afrique ont parfaitement le droit de jouer, d’explorer, d’apprendre et de grandir librement en toute sécurité. Ils ont parfaitement le droit d’être des enfants. Elle insiste sur le fait que leur place est à l’école, pas dans la maison de leur mari.

Elle pense que l’engagement des hommes dans le plaidoyer des OSC est important dans le long combat pour l’égalité et le changement des mentalités, afin de garantir que les politiques sont efficacement mises en œuvre sur le terrain et ont un impact positif sur la vie des femmes et des filles.

Parlez-nous du Séminaire international sur l’autonomisation et la protection des filles africaines

Le Centre international de diplomatie organise le 26 octobre 2024, à la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc à Rabat, une conférence internationale sur le renforcement de la coopération Sud-Sud dans le domaine des droits des femmes et des filles sous le thème : Autonomiser les filles et protéger leurs droits : un levier pour le développement en Afrique. Cette conférence est organisée en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP), le Conseil National des Droits de l'Homme (CNDH), l'Observatoire International de la Paix, de la Démocratie et des Droits de l'Homme à Genève, l'Institut Arabe des Droits de l'Homme, l'Association Jeunesse pour la Jeunesse, l'Association Nationale d'Assistance Sociale dans le Secteur de la Justice, le Collectif des Communautés Subsahariennes au Maroc (CCSM) et The New Africa Magazine. Des experts du Maroc, du Nigeria, du Sénégal, du Tchad, de la Guinée, de la Mauritanie, de la Tunisie, de la République démocratique du Congo et de la Suisse participeront pour partager leur expérience et leur expertise sur les droits des jeunes filles sur le continent.

La conférence vise à amplifier la voix des filles africaines, à protéger leurs droits et à leur donner les moyens de devenir des agents clés de changement positif au sein de leurs communautés. En outre, il cherche à favoriser une réflexion collective sur les droits des filles à travers une perspective législative comparative dans le cadre de la coopération Sud-Sud. L'événement facilitera l'échange d'expériences et de bonnes pratiques sur les mécanismes de protection des droits des filles, ainsi que le renforcement de la législation inspirée des pratiques législatives africaines comparées. En outre, l'événement mettra en lumière les enseignements tirés d'initiatives réussies visant à renforcer les droits des filles grâce à un dialogue renforcé entre experts.

Cette conférence internationale s'appuie sur les discussions de la conférence nationale sur « Les droits des filles dans la justice pénale », tenue en juin 2024 à Rabat. Il développe les résultats du

La conférence vise à amplifier les voix des filles africaines, à protéger leurs droits et à leur donner les moyens de devenir des agents clés de changement positif au sein de leur communauté. Conférence nationale en abordant des défis plus larges dans le contexte de la coopération africaine et des réformes législatives visant à promouvoir les droits des filles. Des experts estimés dans les domaines du droit, des droits de l'homme, de la santé et du développement durable, ainsi que des représentants de prestigieux organismes internationaux et

Les institutions africaines participeront pour partager leurs points de vue sur l'amélioration de la protection des droits des filles à travers l'Afrique.

Quels sont les problèmes les plus difficiles auxquels sont confrontées les filles en Afrique ?

Je pense qu'outre les défis liés à l'accès à l'éducation et aux services de santé, je constate que les principaux problèmes sont liés à la violence sexiste et à la santé sexuelle et reproductive. Le mariage des enfants est une grande préoccupation en Afrique, car les filles sont violées à trois reprises : lorsque vous les privez de l’enfance et de leur droit à l’éducation, lorsque vous les forcez à se marier contre leur gré, et lorsqu’une enfant qui ne peut même pas connaître son corps porte un autre bébé, ce qui a un impact sur sa santé mentale et physique. Le mariage des enfants entraîne souvent l’abandon scolaire et la violence domestique.

Sur les 700 millions de femmes et de filles mariées avant l’âge de 18 ans, 17 %, soit 125 millions, vivent en Afrique. En Afrique, une jeune femme sur trois était mariée ou en union avant l’âge de 18 ans. Au cours des trois dernières décennies, le mariage des enfants a diminué dans toute l’Afrique, mais les progrès sont inégaux. Alors que nous constatons un déclin rapide en Afrique du Nord, cette pratique est en hausse en Afrique occidentale et australe. Des niveaux élevés de mariages d’enfants persistent parmi les familles et les communautés les plus pauvres, les progrès étant limités aux plus riches. Les taux de mariage d’enfants en Afrique occidentale, centrale et orientale sont supérieurs à la moyenne mondiale. À mesure que la population africaine augmente, des millions de filles seront menacées de mariage précoce. Cela signifie que, si les taux actuels se maintiennent, l’Afrique comptera le plus grand nombre de filles mariées d’ici 2050.

Les filles qui se marient à un jeune âge connaissent souvent de graves difficultés socio-économiques par la suite, notamment des opportunités limitées en matière d'éducation, des violences domestiques et de graves problèmes de santé.

Les jeunes adolescentes sont confrontées à un risque plus élevé de complications et de décès dus à la grossesse que les autres femmes.

À quel point la situation du mariage des enfants en Afrique est-elle alarmante ?

Le dernier rapport mondial sur la jeunesse 2024 de Save the Children : Fragile Futures, publié à l’occasion de la Journée internationale de la fille, a révélé le lien dévastateur entre le mariage des enfants et les États fragiles. Elle a montré qu’une fille est mariée toutes les 30 secondes dans les pays classés comme États fragiles et où les taux de mariage d’enfants sont élevés, avec environ 32 millions d’adolescentes vivant dans ces points chauds d’urgence.

Le Nigeria, par exemple, abrite le plus grand nombre d’enfants mariés en Afrique : 23 millions de filles et de femmes ont été mariées lorsqu’elles étaient enfants.

Alors que plusieurs pays ont fixé l'âge minimum du mariage à 18 ans, plusieurs s'ouvrent encore à des exceptions, donnant davantage de pouvoir discrétionnaire aux juges pour délivrer l'autorisation de marier des mineurs. D’autres ont limité les exceptions à un minimum de 17. Cependant, les exceptions sont devenues une pratique conduisant à une augmentation du mariage des enfants malgré les efforts complémentaires déployés pour renforcer l’éducation, aider les familles à lutter contre la pauvreté…

Je salue cependant la décision courageuse de Sierra

Sur les 700 millions de femmes et de filles mariées avant l’âge de 18 ans, 17 %, soit 125 millions, vivent en Afrique. En Afrique, une jeune femme sur trois était mariée ou en union à l'âge de 18 ans.

Le parlement de Leone qui a approuvé une loi interdisant le mariage des enfants, considérée comme une victoire majeure pour les droits des enfants.

Je crois que chaque enfant doit bénéficier d’une protection et de droits égaux, non seulement en droit mais aussi en pratique. Les filles en Afrique ont parfaitement le droit de jouer, d’explorer, d’apprendre et de grandir librement en toute sécurité. Ils ont parfaitement le droit d’être des enfants. Leur place est à l’école, pas dans la maison de leur mari.

Vous avez organisé une caravane pour sensibiliser au mariage des enfants et à l’hygiène menstruelle dans la zone touchée par le tremblement de terre au Maroc.

En septembre, le Centre international de diplomatie, avec le soutien du FNUAP, a mené une campagne dans la région d'El Haouz, une zone durement touchée par le tremblement de terre de 2003. Le but de cette caravane était de sensibiliser les jeunes filles, les femmes, les éducateurs et les dirigeants locaux à l'importance de l'hygiène menstruelle et de la santé reproductive ainsi qu'aux dangers liés au mariage des enfants. L’initiative a souligné l’urgence de briser les tabous entourant les menstruations et le mariage des enfants à travers des actions de sensibilisation sur le terrain. Les activités de la caravane se sont concentrées sur des thèmes clés tels que la lutte contre le mariage des enfants, la santé sexuelle et reproductive et l'hygiène personnelle pendant les menstruations. Les ateliers interactifs, organisés dans les écoles et universités d'El Haouz et d'El Kelaa des Sraghna, ont contribué à normaliser le discours sur la santé menstruelle et à promouvoir l'égalité des sexes. Un accent particulier a été mis sur la sensibilisation des jeunes des régions touchées par le séisme du 8 septembre à El Haouz, en leur offrant des informations claires sur l'utilisation des produits d'hygiène et l'accès aux soins menstruels.

Le but ultime de ces actions était de provoquer un changement social durable, en déconstruisant les normes de genre et en établissant un dialogue inclusif reconnaissant la menstruation non seulement comme un phénomène biologique, mais aussi comme une question de droits humains. La participation active des garçons et des hommes a été encouragée, sensibilisant à leur rôle dans la lutte contre les stéréotypes de genre et renforçant leur engagement en faveur de l'égalité. Des recommandations politiques ont été formulées pour améliorer l'accès aux soins menstruels, à l'éducation et à la législation, avec des propositions spécifiques pour les situations de crise et de catastrophe. Ces initiatives visent à faire reconnaître l’hygiène menstruelle comme un enjeu prioritaire de santé publique et à mettre en place des mesures concrètes pour protéger les droits des filles et des femmes. En outre, une note d'orientation a été élaborée à la suite d'une réflexion sur les propositions et recommandations visant à aborder les questions liées aux menstruations dans les lois et les politiques publiques, telles que l'octroi de congés menstruels payés et la réduction des taxes sur les produits menstruels afin de lutter contre la pauvreté menstruelle.

Dans quelle mesure ces campagnes de sensibilisation sont efficaces pour changer les mentalités

Changer les mentalités prend du temps. Nous avons précédemment organisé une Caravane appelée Ride4InclusionEquality qui touche plus de 1 000 personnes dans trois villes principales Casablanca, Beni Mellal et Azilal.

La Caravane Ride4Inclusion&Equality sous le thème : Le Maroc que nous voulons : sans violence, sans discrimination visait à promouvoir l'égalité à travers des initiatives menées par des hommes et des garçons, en renforçant la masculinité positive et la parentalité responsable.

La caravane à travers ses différentes actions de sensibilisation à travers le débat, l'art et le théâtre a préconisé la reconnaissance légale du travail domestique des femmes chefs de famille tout en renforçant leur protection sociale, la mise en œuvre de programmes visant à lutter contre la violence économique des femmes, la facilitation des procédures d'assistance juridique pour les groupes vulnérables et les procédures d'obtention de pension alimentaire, et la promotion d'un modèle familial où les responsabilités sont

Changer les mentalités prend du temps. Nous avons déjà organisé une Caravane appelée Ride4InclusionEquality qui touche plus de 1000 personnes dans trois villes principales Casablanca,

Beni Mellal et Azilal ont partagé équitablement, promouvant l'harmonie et le bien-être de tous les membres à travers des programmes éducatifs et des reportages médiatiques.

Cinq initiatives portées par des hommes ont déjà été lancées dans le cadre des actions de sensibilisation, à savoir :

Les Road Brothers (Male Bikers) ont signé une charte d'engagement pour l'égalité dans le cadre de la Caravane Ride4InclusionEquality, une charte d'engagement a également été signée par les travailleurs sociaux (masculins) du secteur de la justice afin de promouvoir l'intégration sociale des femmes issues de milieux défavorisés, en les informant de leurs droits sociaux, recours et éventuelles aides, et en facilitant leurs démarches, l'École Nationale de Commerce et de Gestion (ENCG-Casablanca) a signé une déclaration pour la promotion des droits des femmes et le renforcement des droits positifs. Masculinité, le Doyen de la Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales de Kelaat Sraghna a signé un partenariat avec l'ICD, comprenant la création de Clubs dédiés à la promotion de l'égalité et à la recherche scientifique sur l'autonomisation économique des femmes chefs de famille, et enfin, le Centre Démocratique Marocain d'Etudes et de Recherche a signé une charte pour la création de laboratoires de recherche sur l'égalité et la masculinité positive et sur l'autonomisation des femmes chefs de famille.

Pour nous, ces engagements sont importants dans notre long combat pour l’égalité et le changement de mentalité afin de garantir que les politiques sont efficacement mises en œuvre sur le terrain et ont un impact positif sur la vie des femmes et des filles.

Comment percevez-vous le rôle des femmes dans le leadership, notamment en Afrique du Nord ?

Les femmes ont toujours été des leaders du changement en Afrique, que ce soit au sein du gouvernement, des entreprises et des organisations à but non lucratif. Ils ont contribué à diriger le changement dans tous les secteurs. Les femmes continuent de jouer un rôle essentiel dans l’élaboration de réponses complexes à des problèmes complexes. Nous l’avons vu lors de la crise du Covid-19, où les femmes étaient en première ligne en tant qu’experts médicaux et sanitaires et agents de santé communautaires, nous l’avons vu lors des guerres civiles et des mouvements politiques importants dans plusieurs pays africains, nous l’avons vu lors des catastrophes naturelles provoquées par le changement climatique. Malgré

En 2023, j'ai mené un projet national avec le

Fonds des Nations Unies pour

Population à porter la voix des jeunes filles dans la réforme actuelle de la famille et des codes pénaux à leur leadership, les femmes continuent d'être sous-représentées dans les fonctions officielles. Dans plusieurs pays africains, les femmes occupent pour la plupart moins de 26 % des postes parlementaires et environ moins de 7 % des postes de chefs d’État ou de gouvernement et moins de 22 % dans les postes ministériels.

Indépendamment des efforts déployés par plusieurs gouvernements, dont le Maroc, pour promouvoir les femmes aux postes de direction, nous sommes toujours confrontés à une mentalité masculine qui entrave toute initiative visant à intégrer le genre au niveau social et institutionnel. Le Rwanda reste l’un des principaux exemples de leadership féminin à travers le continent. En outre, l’Afrique fait partie des continents confrontés à des défis en matière de sécurité. Pourtant, seul un infime pourcentage de femmes joue un rôle clé dans la paix et la sécurité en tant que négociatrices ou médiatrices, indépendamment des plus de 23 années de mise en œuvre de la résolution des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité. Ces dernières années, les femmes d’Algérie, d’Égypte, du Maroc et de Tunisie ont obtenu davantage de droits, un meilleur accès à l’éducation et une modeste augmentation de leur représentation politique.

Partagez un exemple dans lequel vous avez activement encouragé la participation et l'autonomisation des femmes.

En 2023, j'ai mené un projet national avec le Fonds des Nations Unies pour la population pour faire entendre la voix des jeunes filles dans la réforme actuelle de la famille et du code pénal. Au Centre international de diplomatie, nous avons pu mobiliser plus de 250 parties prenantes, dont des jeunes filles âgées de 15 à 24 ans, pour débattre des modifications législatives visant à promouvoir des lois plus sensibles au genre et fondées sur l'égalité et les droits de l'homme. Nous avons pu contacter plus de 110 décideurs, dont des représentants du gouvernement et des membres du Parlement. Nous avons donné aux jeunes filles les moyens de produire des notes d'orientation soulignant leurs principales propositions, notamment la fin du mariage des enfants, l'octroi aux enfants du droit à la filiation quel que soit le statut de leurs parents, l'adoption de la garde et de la tutelle conjointes du père et de la mère, l'intégration de droits spécifiques aux personnes handicapées, aux migrants et à la diaspora liés aux procédures de mariage et de divorce et la promotion de l'égalité et de la masculinité positive, entre autres. Les jeunes filles ont également travaillé sur deux mémorandums de plaidoyer politique liés (1) aux réformes du code de la famille, (2) à la protection des droits des jeunes filles lors de catastrophes naturelles et de crise humanitaire en se concentrant sur le tremblement de terre d'Al Haouz qui a frappé le Maroc le 8 septembre 2023.

Nous avons réussi à apporter une expérience comparative mettant en lumière des cas d'autres pays africains tels que la Tunisie, le Nigéria et d'autres pour documenter les meilleures pratiques et les leçons apprises dans le cadre de la coopération Sud-Sud. Je suis tellement fière d'avoir réussi à coacher un groupe de jeunes filles pour qu'elles présentent leurs propositions au parlement, aux représentants du gouvernement, notamment aux ministres, et à la Commission royale chargée de réviser le Code de la famille. Un autre aspect de ce projet est l’utilisation des arts et de la culture pour promouvoir les droits des jeunes filles à travers le développement d’œuvres d’arts plastiques, de dessins au crayon et de caricatures, projetées lors de la campagne des Nations Unies de 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre.

Je dirige également un autre projet sur la diplomatie de l'eau qui se concentre sur la pénurie d'eau et son impact sur les droits humains tout en accordant beaucoup plus d'importance aux femmes. Ce projet promeut le rôle clé que les femmes peuvent jouer dans la gestion de l’eau, la sensibilisation à l’eau et la gestion des conflits liés à l’eau.

Je suis actuellement actif au sein de la We-Men Engaged for Change Coalition, la première coalition du genre travaillant sur le Nexus Genre, Population et Changement Climatique. Je suis également heureuse d'avoir contribué au lancement de la première coalition pour la protection des jeunes filles au Maroc.

Quelle est votre vision de l’avenir des femmes dirigeantes en Afrique ?

Je pense qu'il est grand temps d'augmenter le leadership des femmes aux postes de direction et d'atteindre 50 %. Les femmes sont l'épine dorsale de la société africaine. Le développement durable a aujourd’hui besoin de plus de femmes pour diriger le changement et siéger à la table des négociations pour gérer l’impact du changement climatique, les questions d’énergie, d’eau et de sécurité alimentaire et pour être main dans la main avec les hommes pour gérer toute crise qui pourrait survenir à l’avenir. Nous ne pouvons pas avoir de sociétés résilientes aujourd’hui sans garantir l’égalité des sexes. Il faut donc un grand changement dans les mentalités pour mettre fin à toutes ces barrières culturelles qui empêchent encore les femmes d’atteindre tout leur potentiel.

La DGSN, un acteur clé dans la construction d’une police citoyenne pour l’égalité
20242022–2025

La DGSN, un acteur clé dans la construction d’une police citoyenne pour l’égalité

Dans un Maroc en profonde transformation, où les débats autour de l’égalité et de la justice sociale prennent une ampleur sans précédent, un acteur – souvent perçu uniquement sous l’angle de la sécurité – apparaît comme un partenaire stratégique : la Direction générale de la sécurité nationale (DGSN).

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Dans un Maroc en profonde transformation, où les débats autour de l’égalité et de la justice sociale prennent une ampleur sans précédent, un acteur – souvent perçu uniquement sous l’angle de la sécurité – apparaît comme un partenaire stratégique : la Direction générale de la sécurité nationale (DGSN).

Loin de l’image réductrice d’une institution cantonnée au maintien de l’ordre, la DGSN incarne aujourd’hui une police citoyenne : déjà formée aux droits de l’homme, ouverte à la collaboration avec la société civile et capable de dépasser une approche strictement sécuritaire pour embrasser une mission de prévention, de protection et de proximité.

Cette évolution n’est pas seulement structurelle, elle est avant tout culturelle. Cela reflète un profond changement de mentalité, où la sécurité n’est plus considérée comme un instrument de contrôle, mais comme un levier d’inclusion sociale et de confiance civique. Les forces de l’ordre sont désormais partenaires de la construction d’une société plus juste, dans laquelle les femmes, les hommes et les jeunes partagent un espace public plus sûr et plus inclusif.

En travaillant main dans la main avec les associations, les institutions et les initiatives citoyennes, la DGSN démontre que la sécurité est indissociable du progrès social. Protéger, c’est non seulement prévenir les risques ou sanctionner les infractions, mais aussi accompagner les transformations sociales et contribuer à l’émergence d’une culture nationale fondée sur le respect et l’égalité.

Rendre hommage à cette vision, c’est reconnaître une police qui ne se contente plus de protéger les citoyens mais se tient à leurs côtés pour construire un Maroc plus juste. Une police qui écoute, dialogue et agit comme partenaire stratégique pour que les droits fondamentaux ne soient pas des principes abstraits mais des réalités vécues.

Engagement rendu visible lors de la caravane Ride4Inclusion & Equality

Lorsque le Centre International de Diplomatie (ICD) a lancé la caravane Ride4Inclusion & Equality, il a sollicité le soutien de la DGSN pour déployer ses forces et officiers supérieurs pour superviser, protéger et participer activement aux activités. Cette présence policière n’était pas simplement logistique : c’était un signe clair d’engagement citoyen.

A Casablanca, lors du lancement officiel place Sraghna, Mme Saliha Najeh, commissaire principale et responsable de l'unité de prise en charge des femmes victimes de violences, a souligné la mission de proximité de la police :

"La Direction générale de la sûreté nationale réaffirme son engagement à lutter contre toutes les formes de violences et de discriminations à l'égard des femmes. La DGSN, à travers ses unités spécialisées, œuvre au renforcement de la prévention, à la protection des victimes et à la consolidation de la coopération avec les acteurs de terrain. L'objectif est clair : faire en sorte que les stades, les espaces publics et la vie quotidienne deviennent des environnements sûrs pour tous, et particulièrement pour les femmes et les filles."

A Beni Mellal, Mme Khadija Raji, Commissaire à la Préfecture de Police de Beni Mellal, représentant la DGSN, a souligné le rôle central de l'institution dans la lutte contre les violences faites aux femmes :

"La DGSN du Maroc joue un rôle crucial dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Elle met en œuvre des stratégies innovantes et des unités spécialisées pour protéger et accompagner les victimes."

Sa présentation a détaillé les mécanismes déjà en place : unités d'accueil et d'accompagnement spécialisées, programmes de formation continue des agents pour intégrer des approches sensibles au genre et coopération directe avec la société civile pour assurer une meilleure prise en charge des victimes et des mesures de prévention renforcées.

Une police axée sur les citoyens dans les stades

La présence de la DGSN a également marqué un tournant lors du match de football inclusif organisé à Casablanca dans le cadre de la deuxième phase de la caravane. Aux côtés des jeunes, des associations et des supporters, la présence d'un commissaire régional dans les tribunes symbolisait cette nouvelle proximité : une police qui ne se limite pas au maintien de l'ordre mais accompagne activement les citoyens dans la vie culturelle et sportive.

Cette image forte illustre un message crucial : les stades, longtemps perçus comme des espaces de tension et de démesure, peuvent devenir des lieux de convivialité, d'égalité et de respect lorsque la police agit à la fois comme garante de la sécurité et comme partenaire de la société civile.

Un hommage international

La reconnaissance du rôle de la DGSN dépasse également les frontières du Maroc. Lors d’un séminaire international sur les droits des filles en Afrique, un hommage solennel a été rendu à l’institution pour ses efforts exemplaires dans la lutte contre les violences et la traite des êtres humains, dans le cadre de la coopération Sud-Sud.

Un trophée a été remis à Mme Boutaina El Farissi, Commissaire Divisionnaire, représentant la DGSN, en guise de reconnaissance internationale du rôle pionnier du Maroc dans la défense des droits des femmes et des filles.

Vers un avenir inclusif

En valorisant le rôle de la DGSN, l’ICD souligne que la construction d’un Maroc égalitaire nécessite des alliances fortes entre les institutions publiques et la société civile. Cette dynamique devient encore plus stratégique au vu des grands événements à venir : la Coupe d’Afrique des Nations (AFCON) 2025 – édition masculine, la Coupe d’Afrique des Nations féminine (WAFCON) 2025 et la Coupe du Monde de la FIFA 2030. Ces événements seront plus que des compétitions sportives : ils seront le miroir du progrès social et de l’image du Maroc sur la scène mondiale. Et dans cette vision, la DGSN s’impose déjà comme un acteur clé d’un modèle de sécurité inclusif, citoyen et égalitaire.

Après le tremblement de terre : comment une caravane de soins a récupéré les droits des filles au Maroc après le séisme
2023–20242022–2025

Après le tremblement de terre : comment une caravane de soins a récupéré les droits des filles au Maroc après le séisme

Orsque le puissant tremblement de terre de septembre 2023 a frappé la province marocaine d’Al Haouz, il a dévasté des villages et des vies en quelques secondes, mais il a également révélé des décennies de silence structurel autour des besoins spécifiques des filles en crise.

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Orsque le puissant tremblement de terre de septembre 2023 a frappé la province marocaine d’Al Haouz, il a dévasté des villages et des vies en quelques secondes, mais il a également révélé des décennies de silence structurel autour des besoins spécifiques des filles en crise. Alors que les institutions mobilisaient les secours, le Centre international pour la diplomatie (ICD) est intervenu, non seulement par des gestes de solidarité et des dons urgents, mais aussi avec la conviction que la justice à long terme commence là où s'arrête l'aide à court terme. C'est l'histoire de la façon dont l'ICD a connecté le plaidoyer, la recherche et le travail de terrain pour construire une réponse globale axée sur la dignité et les droits des filles.

Solidarité et premières questions

Immédiatement après le tremblement de terre, l’ICD s’est jointe à la vague de solidarité nationale. Comme de nombreux citoyens et organisations, elle a contribué au fonds de solidarité officiel créé par l'État pour soutenir les populations sinistrées. Parallèlement aux campagnes de dons et à la coordination logistique, l’ICD a commencé à poser des questions plus profondes : qu’arrive-t-il aux adolescentes pendant les crises : lorsque les protections tombent, que les écoles ferment et que le silence prend le dessus ?

Qui veille à ce que leurs droits soient protégés, pas seulement dans les abris d’urgence, mais tout au long du processus de rétablissement ?

Un mémorandum ancré dans le droit et l’urgence

Fin septembre 2023, l’ICD avait rédigé un mémorandum détaillé intitulé « Les droits des filles dans le contexte des catastrophes naturelles ». Il explique comment les lois nationales – notamment le Code de la famille, le Code pénal, la loi 103.13 sur la violence à l'égard des femmes, ainsi que la Kafala et les cadres de lutte contre la traite – pourraient et devraient être adaptées aux contextes de crise.

Le mémorandum propose des réformes concrètes pour garantir la protection contre le mariage précoce, l’exploitation, l’invisibilité juridique et la perte d’accès à l’éducation et aux soins reproductifs. Il a souligné la nécessité d’intégrer des approches intersectionnelles et sensibles au genre dans les

Lorsque le terrain commence, le silence suit souvent. Mais avec les bons outils et les bons alliés, les filles peuvent parler et reconquérir leur avenir. La protection des filles en cas de crise n’est pas une question secondaire : c’est la pierre angulaire de la justice sociale, tant dans la planification nationale des catastrophes que dans les cadres politiques locaux.

Bien que les catastrophes naturelles n’aient pas été formellement incluses dans le champ d’application de la réforme du Code de la famille, l’ICD a soumis son mémorandum à la Commission royale supervisant le processus et l’a présenté à plusieurs institutions gouvernementales, députés et groupes parlementaires. Le message était clair : « La protection des filles en période de crise n’est pas une question secondaire : c’est la pierre angulaire de la justice sociale. »

Transformer les témoignages en mémoire publique

En novembre 2023, l’ICD a franchi l’étape suivante : amplifier la voix des personnes les plus touchées. Lors des 16 jours d'activisme des Nations Unies contre la violence basée sur le genre, elle a organisé une exposition d'art multidisciplinaire au Théâtre Mohammed VI de Rabat. L'événement était centré sur l'autonomisation socio-économique des femmes et la protection de leurs droits.

Parmi les éléments de l’exposition figuraient des caricatures et des œuvres d’art abordant les inégalités structurelles, la réforme du Code de la famille et du Code pénal et la violence sexiste. Une section dédiée intitulée « Pas de silence pendant le séisme » a mis en lumière les témoignages de filles touchées par le séisme : cas de tentatives de mariage d'enfants, de harcèlement sexuel dans les camps, d'offres d'adoption illégales et de pauvreté menstruelle dans les tentes.

En associant ces histoires visuelles à des récits politiques, l’ICD a fait sortir la question des droits des filles en situation d’urgence des documents juridiques et dans la conscience publique.

Écouter après le tremblement de terre : la mission de terrain de 2024 Près d'un an après le tremblement de terre, l'ICD est retournée sur le terrain, non pas pour observer, mais pour écouter. Dans les villages de langue tamazight, Dar Taliba à Amizmiz et la communauté universitaire de Kelaat Sraghna,

Le rétablissement n’est pas seulement une question de béton et d’abris. Il s’agit de restaurer la dignité et la sécurité, et de veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte.

La justice n’est pas seulement inscrite dans la loi. Il faut le vivre, le voir et le rappeler, l'équipe a rencontré des filles vivant encore dans l'incertitude. Ils ont entendu parler de l’impact d’un déplacement prolongé, de l’interruption de l’éducation et du fardeau émotionnel lié au fait d’être négligé dans les programmes de redressement.

« Nous sommes toujours là », a déclaré une jeune femme. «Mais personne ne nous demande comment nous allons réellement.»

Ces rencontres ont façonné un changement crucial dans l’approche de l’ICD : de la documentation et du plaidoyer à la réponse directe sur le terrain.

A Caravan Built on Dignity

En réponse, l’ICD a lancé « La santé de nos filles, notre priorité », une initiative mobile qui a fourni bien plus que des kits d’hygiène. Il proposait une éducation à la santé menstruelle, une sensibilisation aux droits reproductifs, des espaces d'écoute sécurisés et des discussions entre pairs. Les séances ont abordé des sujets tels que le consentement, le mariage précoce, la rétention scolaire et l’accès à la justice, tous adaptés aux réalités vécues par les filles.

Dans les tentes, les salles de classe et les salles communautaires, les filles ont commencé à exprimer leurs expériences. «Maintenant, je comprends que mon corps m'appartient», a déclaré un participant. "Et je peux le protéger."

Cette caravane n'était pas seulement une prestation de services : c'était une plateforme mobile de dignité et de sensibilisation, fondée sur l'empathie et la sensibilité culturelle.

Outils pour un changement durable

Des connaissances du terrain traduites en solutions à long terme. L'ICD a élaboré un plan pilote territorial pour la région de Marrakech-Safi, en prenant Al Haouz comme modèle. Le plan proposait une budgétisation sexospécifique au niveau municipal, une coordination intersectorielle et des protocoles pour la protection des filles lors de crises futures.

L’ICD a également publié une étude sur la résilience climatique, soulignant les liens entre les catastrophes provoquées par le climat, la violence sexiste et les perturbations de la santé reproductive. Cela a souligné l’urgence d’intégrer la protection des filles dans les stratégies environnementales et humanitaires.

Pour soutenir la continuité de l'éducation, l'ICD a publié une note d'orientation sur la pauvreté en matière d'hygiène menstruelle, plaidant en faveur d'un investissement institutionnel dans des produits, des installations et des programmes de sensibilisation visant à réduire le décrochage scolaire chez les adolescentes.

Bâtir la confiance, récupérer la voix

Même si l’ICD n’a pas lancé de structures dirigées par les pairs, sa présence dans les écoles et les communautés a créé des espaces plus sûrs où les filles peuvent reprendre confiance. À Amizmiz, de petits groupes de filles ont commencé à tenir des conversations informelles. À Kelaat Sraghna, les étudiants universitaires ont demandé des séances d'information sur la SDSR. Ce qui a émergé n’est pas un mouvement, mais un changement vers l’expression, la solidarité et la prise de conscience.

« Je n’en avais jamais parlé à personne auparavant », a déclaré une jeune fille. "Maintenant, je sais comment demander et à qui parler."

Vers un nouveau modèle de relèvement sensible au genre

La réponse à plusieurs volets de l’ICD – combinant travail de terrain, plaidoyer, éducation et réforme juridique – offre un cadre reproductible sur la manière de répondre aux crises avec les droits des filles au centre. Il ne s’agit pas d’un modèle rigide, mais d’un modèle vivant, adapté au terrain, à la culture et au contexte.

Il est construit à partir des voix de filles qui ont survécu à une catastrophe et qui en subissent encore les conséquences. Il est renforcé par les preuves, la confiance et la collaboration. Et surtout, elle repose sur une vérité simple : lorsque nous reconstruisons, nous devons reconstruire avec soin, équité et justice.

Car lorsque le terrain s'ouvre, le silence suit souvent. Mais avec les bons outils et les bons alliés, les filles peuvent parler. Et quand elles parlent, elles reconstruisent bien plus que des maisons. Elles se réapproprient leur avenir.

L’ICD écoute attentivement sur le terrain, agit de manière ciblée avec soin et défend les intérêts là où cela compte.

Lorsque les filles sont prises en compte, lorsqu'elles sont entendues et protégées, le rétablissement devient une véritable transformation.

Après le séisme, l’ICD lance un plan territorial pour protéger les droits des filles au Maroc
2023–20242022–2025

Après le séisme, l’ICD lance un plan territorial pour protéger les droits des filles au Maroc

PLAN TERRITORIAL Arrakech, juin 2024 – Lorsque la terre a tremblé dans la province marocaine d’El Haouz en septembre dernier, Amina, 14 ans, s’est retrouvée à dormir dans une tente bondée avec des inconnus.

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PLAN TERRITORIAL Arrakech, juin 2024 – Lorsque la terre a tremblé dans la province marocaine d’El Haouz en septembre dernier, Amina, 14 ans, s’est retrouvée à dormir dans une tente bondée avec des inconnus. Son école avait disparu, la maison de sa famille réduite en ruines. La nuit, elle craignait d’être harcelée lorsqu’elle sortait pour utiliser des toilettes de fortune. « Ils nous apportaient du pain et des couvertures, se souvient-elle, mais personne ne pensait à un endroit sûr pour les filles. »

Ce sont précisément ces réalités négligées que le Centre international pour la diplomatie (ICD) cherche à aborder avec son nouveau Plan territorial pour les droits des filles. Élaboré avec le soutien du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et du Collectif national pour les droits des filles, le plan a été présenté à Marrakech après des mois de concertation.

Des leçons du tremblement de terre à la réforme juridique

À la suite du tremblement de terre de 2023, l’ICD a réalisé une analyse juridique et des droits de l’homme des systèmes de protection du Maroc. L’étude a révélé de graves lacunes : alors que les réponses humanitaires donnaient la priorité à la nourriture, à l’eau et au logement, peu d’attention était accordée à l’hygiène, à la santé sexuelle et reproductive, ou aux risques de harcèlement, de mariage d’enfants et d’adoption illégale.

Les filles hébergées dans des camps temporaires se sont retrouvées particulièrement vulnérables. Beaucoup n’avaient pas accès à des toilettes sûres ou à des produits d’hygiène menstruelle. Certaines subissaient des pressions pour se marier tôt ou risquaient d’être exploitées.

« Le tremblement de terre a révélé l’invisible », a déclaré l’ICD. "Les besoins des filles n'ont pas été pris en compte dans les priorités humanitaires. Ce plan garantit qu'elles ne passeront plus jamais entre les mailles du filet."

Pourquoi la planification territoriale est importante

L’initiative est conçue comme un plan territorial, intégrant les droits des filles dans les plans de développement régional (PDR) et les plans d’action communaux (PAC). Ce faisant, affirme l’ICD, les droits ne restent pas des engagements abstraits mais sont intégrés dans les décisions quotidiennes des gouvernements locaux.

Les conseils de la jeunesse et les organes consultatifs régionaux sur l’égalité des sexes joueront un rôle clé en émettant des avis, en s’engageant auprès des autorités locales et en défendant les priorités des filles. Il peut s'agir d'installations sanitaires sûres dans les écoles, de cliniques de santé reproductive, de refuges pour les survivants de violences et d'actions préventives contre le mariage des enfants.

« C'est dans la planification territoriale que les droits deviennent réalité », a souligné l'ICD. « C’est là que les budgets sont alloués et que les communautés peuvent demander des comptes aux institutions. »

Intersectionnalité dans les situations d’urgence

Une caractéristique déterminante du plan est son approche intersectionnelle. L’ICD insiste sur le fait que toutes les filles ne sont pas confrontées aux mêmes vulnérabilités en temps de crise.

Une fille handicapée, par exemple, ne vit pas le déplacement de la même manière qu’une adolescente rurale ou qu’un migrant vivant dans un établissement semi-urbain. Même en matière de handicap, les distinctions sont importantes : les besoins d'une fille aveugle diffèrent de ceux d'une fille à mobilité réduite, et tous deux s'écartent des réalités auxquelles sont confrontées les filles souffrant de problèmes de santé mentale.

De telles différences affectent l’accès à l’hygiène, aux soins de santé et à la sécurité. "La nourriture et les tentes sauvent des vies", explique l'ICD, "mais la dignité signifie des kits d'hygiène menstruelle, des toilettes privées pour les femmes et les filles, et une protection contre le harcèlement ou le mariage forcé. Ce ne sont pas des extras – ce sont des éléments essentiels."

Pourquoi Marrakech et El Haouz

Le plan démarre à Marrakech-Safi et El Haouz, deux régions choisies pour leur urgence et leur potentiel. El Haouz a été l’épicentre du séisme, où la fragilité des systèmes sociaux a exposé les filles à des risques accrus. Marrakech, en tant que capitale régionale, offre le levier administratif nécessaire pour tester les approches de gouvernance territoriale et les étendre à d'autres régions.

En commençant ici, l’ICD espère garantir que les efforts de reconstruction intègrent des mesures sensibles au genre, donnant ainsi l’exemple pour les futures réponses aux catastrophes.

Gouvernance et responsabilité

La mise en œuvre sera supervisée par un comité directeur dirigé par l'ICD, avec la participation des autorités locales, de la société civile et des partenaires internationaux. Le suivi s’appuiera sur des indicateurs sensibles au genre, notamment l’accès des filles aux services de santé, l’incidence des mariages précoces et l’efficacité des mécanismes de protection contre la violence sexiste.

La transparence est intégrée au plan. Des rapports d'avancement réguliers et des évaluations participatives garantiront que les communautés – en particulier les jeunes filles – sont directement impliquées dans l'élaboration et l'examen des résultats.

Vers une politique nationale en faveur des filles

Bien qu’enraciné dans les structures régionales, l’ICD considère le plan territorial comme un modèle de réforme à l’échelle nationale. En prouvant que les droits des filles peuvent être mis en œuvre au niveau territorial, l’initiative pourrait ouvrir la voie à une politique nationale en faveur des filles.

Une telle politique traduirait les engagements internationaux du Maroc en matière de droits humains en protections quotidiennes – des écoles aux cliniques, des refuges aux tribunaux – garantissant que chaque fille, quelle que soit son origine, soit protégée.

Regarder vers l'avenir

Pour Amina et des milliers de personnes comme elle à El Haouz, la protection n’est pas théorique. Cela signifie des toilettes sûres, une protection contre le harcèlement, la possibilité de poursuivre ses études et la certitude que son enfance ne sera pas interrompue par le mariage.

« Après une crise, la plupart pensent à la nourriture et au logement », a déclaré l'ICD. "Nous devons également penser à la sécurité, à la dignité et au droit à l'enfance. Ce plan vise à protéger les filles non seulement en théorie, mais aussi en pratique."

Alors que le Maroc se reconstruit, le plan territorial de l’ICD cherche à transformer les leçons de la tragédie en un cadre de changement durable – un cadre dans lequel chaque fille, rurale ou urbaine, handicapée ou déplacée, est reconnue, protégée et a la chance de s’épanouir.

Centre international de diplomatie (ICD) et The New Africa Magazine : prix et reconnaissances 2024
20242022–2025

Centre international de diplomatie (ICD) et The New Africa Magazine : prix et reconnaissances 2024

MINISTÈRE DE LA JEUNESSE, DE LA CULTURE ET DE LA COMMUNICATION Pour ses efforts louables visant à promouvoir l'innovation parmi les jeunes et à renforcer le dialogue, le réseautage et l'autonomisation des jeunes filles dans le cadre de la coopération Sud-Sud.

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MINISTÈRE DE LA JEUNESSE, DE LA CULTURE ET DE LA COMMUNICATION Pour ses efforts louables visant à promouvoir l'innovation parmi les jeunes et à renforcer le dialogue, le réseautage et l'autonomisation des jeunes filles dans le cadre de la coopération Sud-Sud. Prix ​​remis à Mme Kaoutar Mansouri, Directrice de l'Enfance et de la Femme, Ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication.

CONSEIL NATIONAL DES DROITS DE L’HOMME – MAROC

Reconnu pour ses efforts remarquables et son ferme engagement à protéger les droits des femmes et des filles dans le cadre de la coopération Sud-Sud.

🏆 Représenté par Mme Malak Benseghir.

FACULTÉ DES SCIENCES JURIDIQUES, ÉCONOMIQUES ET SOCIALES – KELAAT SRAGHNA En reconnaissance de ses efforts louables pour promouvoir la recherche scientifique sur l’égalité des sexes, en créant des clubs étudiants qui leur permettent de travailler sur des projets liés au genre, y compris les droits des filles. Représenté par M. Abdellah Ait Taleb.

MINISTERE DE LA JUSTICE

En reconnaissance de ses initiatives louables contribuant aux efforts nationaux de prévention de la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des filles.

🏆Prix remis à Mme Amina Dardouri, Commissaire judiciaire, Département de coordination des mesures de lutte et de prévention de la traite des êtres humains, Direction des affaires pénales et des grâces, Ministère de la Justice.

DIRECTION GÉNÉRALE DE LA SÉCURITÉ NATIONALE (DGSN)

Pour ses efforts exemplaires en matière de protection des femmes et des filles contre la violence et la traite des êtres humains dans le cadre de la coopération Sud-Sud.

Trophée remis à Mme Boutaina El Farissi, Commissaire Divisionnaire, représentant la DGSN.

DÉLÉGATION GÉNÉRALE À L'ADMINISTRATION PÉNITENTIAIRE ET À LA RÉINSERTION (DGAPR)

En reconnaissance de ses efforts louables pour améliorer la prise en charge des détenus pendant et après l'incarcération, et pour l'efficacité de ses programmes de réinsertion en faveur des femmes et des jeunes filles en conflit avec la loi.

Représenté par M. Hassan Hmina, Directeur du Greffe Judiciaire à la DGAPR.

FONDS DES NATIONS UNIES POUR LA POPULATION (FNUAP)

Pour son partenariat exemplaire en faveur de l’égalité femmes-hommes et des droits humains au Maroc.

Représenté par Mme Marielle Sander, UNFPA

HAJER HABCHI – DIRECTEUR EXÉCUTIF, INSTITUT ARABE DES DROITS DE L'HOMME

Reconnue pour ses efforts louables dans la promotion d'une culture des droits de l'homme dans le monde arabe, en particulier en Afrique du Nord.

ASSOCIATION JEUNES POUR JEUNES (AJJ)

En reconnaissance de ses efforts louables pour promouvoir les droits de la jeunesse marocaine, en particulier des filles dans les zones marginalisées, et renforcer leurs capacités par le leadership et l'autonomisation.

Prix ​​remis à Mme Hanane Zraih, Présidente de l'AJJ.

AICHA DUIHI – PRÉSIDENTE, OBSERVATOIRE INTERNATIONAL POUR LA PAIX, LA DÉMOCRATIE ET LES DROITS DE L’HOMME (GENÈVE)

Pour ses initiatives en faveur des droits humains et de la promotion et de la protection des droits des femmes et des enfants.

ASSOCIATION MAROCAINE POUR LA PLANIFICATION FAMILIALE (AMPF) En reconnaissance de ses efforts louables en matière de politiques démographiques et de promotion des droits à la santé sexuelle et reproductive des femmes et des filles en Afrique. Prix ​​remis au Dr Abdellatif Maamri, Directeur Exécutif de l'AMPF.

ASSOCIATION NATIONALE D'ASSISTANCE SOCIALE DANS LE SECTEUR DE LA JUSTICE – MAROC Reconnue pour son soutien aux jeunes filles vulnérables. Représenté par M. Mohammed Houbib, Président.

LE NOUVEAU MAGAZINE AFRIQUE

En reconnaissance de son engagement fort et de ses efforts exemplaires dans la promotion de l’égalité des sexes en Afrique à travers les médias et le pouvoir de la narration.

Représenté par Mme Gift Chidima Nnamoko Orairu.

PROJET S'ENVERSER

Pour son programme de leadership contre le mariage des enfants.

Représenté par sa fondatrice Mme Maryam Montague, reconnue pour ses efforts remarquables dans l'autonomisation des filles marginalisées et la promotion de leur leadership dans la lutte contre le mariage des enfants au Maroc.

MOHAMED YAHYA TALEB BRAHIM – MAURITANIE

Ancien Président du Conseil Supérieur de la Jeunesse de Mauritanie.

Pour ses efforts exceptionnels dans la promotion et la protection des droits des jeunes, en particulier des jeunes filles dans les pays du G5 Sahel.

KARIMA RHANEM – MAROC

Présidente, Centre international pour la diplomatie (ICD).

Pour ses performances exceptionnelles, sa créativité et son innovation dans la conception de programmes sur mesure visant à amplifier la voix des jeunes filles dans les processus politiques et législatifs.

AMINATA MBENGUE – SÉNÉGAL

Reconnue pour ses efforts remarquables dans l'encadrement des jeunes et le conseil aux filles qui ont survécu à la violence sexiste au Sénégal.

NAIMA KORCHI – JURISTE INTERNATIONALE, MAROC

Pour ses efforts exceptionnels visant à promouvoir le rôle des femmes et des filles dans la paix et la sécurité, et à renforcer leur rôle dans les programmes de paix en tant que médiatrices efficaces dans la résolution des conflits.

SALAHADINE HAGGAR – TCHAD

Chercheur doctorant.

Pour ses efforts louables dans la promotion des droits des jeunes femmes grâce à des recherches législatives et politiques.

DR. ANASS SADOUN – MAROC

Membre du Club des Juges Marocains.

Pour ses efforts louables dans la promotion de la justice familiale et des droits des femmes et des filles au Maroc.

EL MAMOUN CHAFKI – MAROC

AMAL EL IDRISSI – MAROC

Chargée de programme, Genre et droits de l'homme – UNFPA.

Pour ses efforts en faveur de l’égalité des sexes et d’une culture des droits de l’homme au Maroc.

Expert en Transformation Digitale.

Pour ses efforts louables dans la promotion des droits des jeunes filles grâce à l’innovation numérique et à l’intelligence artificielle.

MAMADOU BHOYE DIALLO – GUINÉE

Coordonnateur administratif du Collectif des Communautés Subsahariennes au Maroc (CCSM).

En reconnaissance de ses efforts pour défendre les droits des migrants, y compris l'accès à l'éducation des enfants migrants.

DIENG NDATÉ – AVOCAT INTERNATIONAL

Reconnue pour ses contributions à la justice, à la paix et à la sécurité internationales, en particulier pour les femmes dans les zones de conflit.

DR. FAHD ASSILA – MAROC

Expert en Public

Politique.

Pour ses efforts louables dans la promotion des droits des jeunes femmes à travers la conception et l’évaluation de politiques publiques et d’initiatives de plaidoyer.

La voix des jeunes filles au centre des réformes du Code familial et du Code pénal au Maroc
20232022–2025

La voix des jeunes filles au centre des réformes du Code familial et du Code pénal au Maroc

Les voix des jeunes filles marocaines et migrantes — aux côtés des représentants des personnes handicapées — ont résonné à Rabat lors d'une consultation nationale sur la réforme des codes de la famille et pénal.

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Les voix des jeunes filles marocaines et migrantes — aux côtés des représentants des personnes handicapées — ont résonné à Rabat lors d'une consultation nationale sur la réforme des codes de la famille et pénal. Organisée par le Centre international de diplomatie en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), la réunion visait à saisir la complexité des expériences sur le terrain et à promouvoir une approche intersectionnelle de la réforme.

Soixante-huit participants ont rempli la salle : des représentants du gouvernement, des juges, des avocats et des universitaires étaient assis aux côtés de dirigeants de la société civile, de journalistes, d’étudiants et de membres des communautés de migrants et de personnes handicapées du Maroc. Les femmes étaient légèrement plus nombreuses que les hommes, mais c'est la présence de jeunes et de voix marginalisées qui a donné à la consultation son énergie distinctive.

Une plateforme pour le changement

En ouverture de l'événement, Karima Rhanem,

Président du Centre international de diplomatie, a rappelé aux participants que les réformes doivent placer les filles au cœur des préoccupations. « Ce projet garantit que les filles marocaines et migrantes peuvent faire entendre leur voix sur les réformes qui ont un impact direct sur leur dignité et leur avenir, en particulier sur les questions du mariage des enfants et de l'avortement », a-t-elle déclaré.

Son appel a été renforcé par Luis Mora, Représentant résident de l’UNFPA au Maroc, qui a exhorté le public à considérer les filles comme des actrices à part entière. "Les filles ne sont pas des bénéficiaires passives des réformes. Elles sont des moteurs de changement. Notre rôle est de les sensibiliser à leurs droits et d'ouvrir des canaux pour leur participation aux processus législatifs", a-t-il déclaré, soulignant l'importance du dialogue intergénérationnel.

Débattre des questions difficiles

Des panels et ateliers ont animé la journée, les participants abordant des questions qui continuent de diviser la société marocaine. La persistance du mariage des enfants, malgré l’âge légal de 18 ans, a suscité de vives critiques. Les lois sur l’avortement – ​​en particulier leur impact sur les survivantes de viol et d’inceste – ont provoqué des échanges houleux et de forts appels à des réformes.

Les discussions ont également porté sur la masculinité positive, exhortant les hommes et les garçons à s'associer pour démanteler les stéréotypes, tandis que les séances ont mis en lumière les luttes des filles migrantes et des personnes handicapées. Les organisateurs ont souligné qu'il était essentiel d'inclure des représentants de différents groupes de personnes handicapées pour refléter la réalité intersectionnelle de l'exclusion et pour élaborer des solutions qui ne laissent personne de côté.

Des voix aux politiques

Ce qui a distingué la consultation n'était pas seulement le débat mais aussi son résultat : une note d'orientation capturant les priorités des jeunes filles et des communautés marginalisées et les traduisant en recommandations concrètes. Parmi eux : l’application stricte de l’âge minimum du mariage, la légalisation de l’avortement en cas de viol, d’inceste ou de risques pour la santé, une protection renforcée des groupes vulnérables et une implication soutenue des jeunes dans les processus législatifs.

Ce mémoire, ont confirmé les organisateurs, sera transmis aux législateurs à mesure que le Maroc avance dans la réforme de sa Famille et

Codes pénaux – un processus considéré comme essentiel aux engagements démocratiques et sociaux du pays en vertu de la Constitution et du nouveau modèle de développement.

L'initiative fait partie du projet « La voix de la fille dans la réforme du système pénal et familial ».

Codes". Une consultation de suivi était prévue le 9 juin 2023, axée sur les expériences internationales et la coopération Sud-Sud, renforçant l'idée que les réformes du Maroc s'inscrivent dans un débat mondial plus large sur les droits et la justice.

L’ICD célèbre son 10e anniversaire avec un appel audacieux à la diplomatie préventive
12.11.20222022–2025

L’ICD célèbre son 10e anniversaire avec un appel audacieux à la diplomatie préventive

Le Centre international de diplomatie (ICD) a profité de son 10e anniversaire pour envoyer un message clair : la paix passe par la prévention.

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Le Centre international de diplomatie (ICD) a profité de son 10e anniversaire pour envoyer un message clair : la paix passe par la prévention. Lors d’une grande conférence à Rabat sur le thème « Diplomatie préventive pour une paix durable », des experts, des diplomates et des universitaires ont souligné que résoudre les conflits avant qu’ils ne dégénèrent est la voie la plus sûre vers la stabilité mondiale.

Prévenir les conflits avant qu’ils ne dégénèrent

Les discussions ont souligné l’engagement soutenu du Maroc dans la diplomatie régionale et la prévention des conflits. Les intervenants ont souligné le leadership du pays dans la promotion d’une solution politique au conflit du Sahara, soulignant l’accent mis par le Maroc sur le Plan d’autonomie comme seule base sérieuse et crédible pour un règlement durable, sous la souveraineté du Maroc et dans le plein respect de la légalité internationale. Ils ont également rappelé que les résolutions les plus récentes du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Sahara faisaient référence aux résolutions 1325 et 2250, soulignant l’importance de la participation des femmes et des jeunes aux processus de paix et de sécurité. Au-delà du Sahara, les contributions du Maroc à la lutte contre le terrorisme et ses initiatives de consolidation de la paix à travers l’Afrique ont été présentées comme une preuve supplémentaire de l’action de la diplomatie préventive.

Les Dr Mohammed Zain al-Abidin al-Husseini, Dr Mohamed Zakaria Abou El-Dhahab et Dr Mohammed Harakat ont prononcé des interventions clés, soulignant le rôle du Maroc non seulement dans la résolution des différends régionaux, mais également dans la lutte contre les menaces à la sécurité mondiale telles que l'extrémisme violent.

« La paix ne consiste pas seulement à mettre fin aux guerres, mais aussi à les prévenir », a déclaré la présidente de l'ICD, Karima Rhanem, soulignant la nécessité d'une recherche scientifique, de partenariats et de stratégies ancrées dans les besoins des populations.

Les femmes et les jeunes au cœur de la consolidation de la paix

Un point central du débat a été la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité et de la résolution 2250 sur la jeunesse, la paix et la sécurité, toutes deux explicitement mentionnées dans les résolutions les plus récentes sur le Sahara. Ces cadres exigent une participation inclusive à la prise de décision sur la paix et la sécurité.

Rhanem a souligné que les femmes et les jeunes restent sous-représentés dans les processus de médiation. « Nous ne pouvons pas construire une paix durable sans leur participation pleine et significative », a-t-elle déclaré, en soulignant les programmes de l’ICD qui préparent les jeunes et les femmes dirigeantes africaines aux négociations de paix et à l'engagement diplomatique.

La société civile et les médias, partenaires de la paix

La conférence a souligné que la diplomatie préventive doit être multi-acteurs. Abdessamad Benchrif, qui était directeur d'Arrabia (SNRT) au moment de la conférence, a souligné l'importance d'une presse forte et professionnelle pour promouvoir la diplomatie publique et défendre les intérêts nationaux. La société civile et le monde universitaire ont également été reconnus comme des moteurs essentiels du dialogue, de la production de connaissances et du plaidoyer pour la paix.

La nouvelle feuille de route stratégique de l’ICD

À l'occasion de son 10e anniversaire, l'ICD a présenté sa nouvelle stratégie pour la décennie à venir. Ses priorités comprennent la paix et la sécurité, la diplomatie de l'eau, la coopération Sud-Sud et l'autonomisation socio-économique des sociétés africaines. Cette feuille de route reflète la vision du Maroc de s’attaquer aux causes profondes du conflit tout en s’adaptant aux changements géopolitiques mondiaux.

Hommage aux Partenaires pour la Paix

A cette occasion symbolique, l’ICD a également rendu hommage à un large éventail d’acteurs – professionnels des médias, universitaires, dirigeants de la société civile et artistes – qui ont contribué à la promotion des efforts diplomatiques du Maroc et à la défense des causes nationales. Ce geste reflète l’engagement du Centre en faveur d’une approche inclusive, où la consolidation de la paix est une responsabilité partagée.

Une décennie de diplomatie inclusive

Depuis sa création en 2011, inspirée par les réformes constitutionnelles du roi Mohammed VI, l’ICD a mis en avant un modèle de diplomatie participatif et proactif. La diversité des voix exprimées lors de la conférence de Rabat – parmi lesquelles des experts, des praticiens et des dirigeants civiques – a souligné cette vision inclusive.

Comme l’événement l’a clairement montré, la mission de l’ICD n’est pas seulement de célébrer les réalisations, mais aussi de construire un avenir où la diplomatie préventive, l’inclusion et la coopération constituent l’épine dorsale d’une paix durable.

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