DIPLOMATIE CITOYENNE · MAROC · AFRIQUE
Toutes les activités
2022–2025

Réforme du code de la famille : un nouveau chapitre pour la famille et la justice au Maroc

CONCENTRATION

Sous l'impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Maroc s'apprête à réformer une nouvelle fois la Moudawana (Code de la famille). Cette révision reflète l’engagement du Royaume à répondre aux changements sociaux tout en renforçant les droits fondamentaux. Cela représente également un tournant décisif dans la construction d’une société plus juste et équitable, qui respecte les droits des femmes et des enfants conformément aux normes internationales. Voici les mesures clés de cette réforme ambitieuse.

Nouveau tournant deux décennies après la réforme historique de 2004, le Maroc s'apprête à franchir une nouvelle étape majeure avec la révision de son Code de la famille, la Moudawana, conformément aux Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Cette initiative, saluée par les experts tant nationaux qu'internationaux, marque une avancée significative dans l'évolution du droit de la famille. Il renforce les droits des femmes et des enfants tout en modernisant les procédures judiciaires. Respectueux des principes de l'Islam, ce processus a reçu l'approbation du Conseil suprême des Oulémas, garantissant sa pleine conformité aux préceptes de la charia.

Une commission a été créée pour rédiger les textes législatifs et superviser la réforme.

Une réforme centrée sur l’autonomisation des femmes marocaines

La réforme de la Moudawana reflète l’engagement du Maroc à construire une société plus juste et plus équitable, où les droits des femmes et des enfants sont non seulement respectés mais activement protégés.

L’une des avancées majeures est la reconnaissance officielle du travail domestique comme une contribution économique à part entière. En cas de divorce, cette reconnaissance garantit que le travail non rémunéré des femmes est pris en compte lors du partage des biens acquis pendant le mariage, leur offrant ainsi une plus grande protection économique.

La réforme aborde également la question sensible de la polygamie. Les femmes pourront désormais insérer explicitement dans leur contrat de mariage une clause s’opposant à la polygamie. A défaut d'une telle clause, la polygamie ne sera autorisée que dans des circonstances exceptionnelles, comme l'infertilité ou une maladie grave de la première épouse, et seulement après validation judiciaire. Cela garantit une approche plus équilibrée et respectueuse des droits des femmes.

La société civile a largement salué ces avancées, les considérant comme essentielles pour protéger les femmes et favoriser leur épanouissement au sein de la famille.

Protection de l'enfance : une priorité absolue

La réforme de la Moudawana place les droits et le bien-être des enfants au cœur de ses priorités, faisant de leur protection une exigence fondamentale. Cela démontre l’engagement du Royaume à construire une société plus juste et protectrice.

La garde des enfants est désormais définie comme un droit partagé entre les deux parents, favorisant une implication équitable de chacun dans l’éducation et le développement de leurs enfants, même après le divorce.

Une autre innovation importante attribue le domicile familial au parent gardien et aux enfants, assurant ainsi un milieu de vie stable et familier essentiel à leur développement.

La réforme aborde également la question des mariages précoces tout en respectant les réalités culturelles et sociales du Maroc. L'âge légal du mariage pour les filles reste fixé à 18 ans, conformément aux normes internationales. Toutefois, une dérogation à 17 ans peut être accordée dans des cas particuliers, strictement réglementés par la loi et soumis à l'approbation judiciaire. Les juges doivent s'assurer que toutes les conditions garantissant l'intérêt supérieur de la jeune fille sont réunies avant d'accorder une telle exception.

Moderniser les procédures et améliorer l’accès à la justice familiale

La modernisation des procédures figure également parmi les principales avancées de la réforme Moudawana, dans le but de rendre la justice familiale plus accessible et plus efficace.

Une innovation majeure est la création d'un organisme de médiation obligatoire, destiné à encourager la résolution à l'amiable des conflits conjugaux avant qu'ils ne parviennent aux tribunaux. Cette approche réduit les tensions et les coûts liés aux procédures judiciaires.

Dans le même temps, la numérisation des procédures, telles que les notifications et enregistrements électroniques, simplifiera et accélérera le traitement des dossiers. Ces innovations allégeront la charge des tribunaux et garantiront une plus grande transparence dans les procédures administratives.

Les délais de traitement des affaires de divorce et de garde des enfants seront également considérablement réduits, avec une limite maximale de six mois fixée pour les décisions.

La réforme prend également en compte les réalités de la diaspora marocaine, estimée à plus de 5 millions de personnes. Des mesures spécifiques ont été mises en place, comme la reconnaissance des mariages sans témoins musulmans en cas de contraintes locales, illustration de la capacité d’adaptation du Maroc aux défis contemporains.

Conclusion : un pas en avant audacieux

Avec cette réforme, le Maroc réaffirme son engagement en faveur de l'équité, de la justice sociale et du respect des droits de l'homme, tout en restant fidèle à ses valeurs culturelles et religieuses.

Une commission dédiée a été chargée de rédiger les textes législatifs pour mettre en œuvre la réforme. Une fois adoptée, cette révision redéfinira profondément les fondements de la famille marocaine et renforcera la position du Royaume comme modèle de progrès social dans la région.

Construisons le dialogue de demain.

Institutions, chercheurs, société civile : faisons converger nos expertises au service de l’intérêt général.

Nous contacter