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2022–2025

Protection des droits des jeunes filles en Afrique : le travail collectif est essentiel pour relever les défis

La Déclaration de Rabat sur la protection des droits des jeunes filles en Afrique a débuté son parcours au cours du premier trimestre 2025 avec la rédaction d'un premier guide de bonnes pratiques sur les droits des jeunes en Afrique. La déclaration appelle à des partenariats interafricains plus stratégiques et à un travail collectif entre les différentes parties prenantes afin de relever les défis auxquels les jeunes filles d'Afrique continuent d'être confrontées.

A l'occasion du Séminaire international sur les droits de la fille en Afrique tenu le 26 octobre 2024 à Rabat au Maroc, organisé par le Centre international de diplomatie en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population et le Conseil national des droits de l'homme, un guide de bonnes pratiques pour la protection des droits des jeunes filles en Afrique a été élaboré pour guider les actions des différentes initiatives continentales de protection des jeunes filles.

Le guide présente des analyses et des initiatives comparatives sur les moyens de lutter contre la discrimination, le mariage des enfants, la résilience, la sécurité et l'accès à l'éducation par des moyens juridiques, politiques et associatifs.

Les participants à ce séminaire, à travers la Déclaration de Rabat, ont souligné la nécessité de renforcer le travail collectif entre les institutions, les organisations et les gouvernements pour assurer la protection et l'autonomisation des jeunes filles, appelant à des actions concrètes et à des réformes législatives adaptées, basées sur des expériences partagées et contextualisées.

Principes de la Déclaration de Rabat sur la protection des droits des jeunes filles en Afrique

La cohésion sociale, la réduction des inégalités et le développement humain doivent désormais figurer en tête des priorités tant au niveau national que continental. Les États africains doivent veiller à ce que chaque fille soit protégée et habilitée à contribuer à la société et au progrès collectif.

L’autonomie et la protection des droits des jeunes filles en Afrique constituent un puissant levier pour le développement du continent.

La participation effective des jeunes filles, et plus largement des organisations de jeunesse, est indispensable pour promouvoir et protéger les droits des jeunes filles en Afrique.

Les inégalités entre les sexes, la violence basée sur le genre (VBG), les stéréotypes et autres formes de discrimination, ainsi que les pratiques néfastes telles que le mariage des enfants, continuent d’entraver la réalisation et l’efficacité des droits fondamentaux des filles.

La participation des jeunes filles aux processus inclusifs, que ce soit aux niveaux local, national ou continental, est cruciale pour construire une Afrique inclusive et prospère. Elles doivent être reconnues comme des actrices essentielles du changement, capables de contribuer activement à la définition des politiques publiques, des stratégies de développement, à la transformation des normes sociales et à la déconstruction des discours et actions discriminatoires.

La coopération Sud-Sud est essentielle pour l’autonomisation et la protection des droits des jeunes filles en Afrique.

En Afrique, les jeunes filles sont souvent confrontées à des défis majeurs tels que la discrimination fondée sur le sexe, l'accès limité à l'éducation, les mariages précoces, la violence et les inégalités socio-économiques. Face à cette situation, un travail collectif et coordonné entre les différentes institutions reste essentiel, voire incontournable, pour protéger les jeunes filles et favoriser leur autonomisation.

Réformes législatives et actions concrètes : vers la protection et l’autonomisation des jeunes filles

Lors de cet événement, plusieurs institutions ont souligné l'importance des réformes législatives pour s'aligner sur les normes internationales sur les droits des jeunes filles.

Marielle Sander, Représentante Résidente du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) au Maroc, a souligné l'engagement de son institution à promouvoir l'autonomisation des jeunes, en particulier des filles, dans des domaines tels que l'éducation, la santé et l'accès aux services de santé sexuelle et reproductive. Elle a également souligné l’importance du processus de réforme législative, notamment les amendements apportés au Code de la famille et au Code pénal, visant à assurer une meilleure protection des droits des jeunes filles.

Kaoutar Mansouri, directrice de l'Enfance et de la Femme au sein du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, a présenté les efforts de son institution pour promouvoir l'autonomisation des jeunes filles. Elle a précisé que grâce à des initiatives telles que l'augmentation des activités de formation et de sensibilisation des jeunes filles, le ministère a réalisé des progrès significatifs. Elle a également renforcé l'accès aux services de soutien, notamment en matière de santé mentale et de lutte contre la violence.

Il convient de noter que le Maroc a également pris des mesures concrètes pour lutter contre la traite des êtres humains. Dr. Amina Dardouri, commissaire judiciaire au ministère de la Justice, a rappelé l'engagement du pays à mieux protéger les victimes, notamment les enfants, à travers l'adoption de lois et de conventions internationales. Elle a également évoqué la mise en place en 2023 d'un mécanisme national d'orientation pour mieux coordonner l'accompagnement et la protection des victimes.

Réinsertion des jeunes filles : actions et accompagnement institutionnels

Concernant la réinsertion des jeunes filles en conflit avec la loi, M. Hmina Hassan, directeur du greffe judiciaire au sein de la Délégation générale à l'administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), a insisté sur l'importance d'adapter les institutions pénitentiaires aux besoins spécifiques des jeunes filles, notamment en termes de santé mentale et de protection contre les violences. Il a également souligné le rôle crucial des organisations de la société civile dans la réhabilitation et la réinsertion de ces jeunes filles.

Mécanismes de protection des droits des jeunes filles

Lors de cet événement, le rôle du Conseil National des Droits de l'Homme (CNDH), représenté par Malak Benssghir, membre du système ONU Femmes, a également été mis en avant. En effet, le CNDH continue de défendre l’égalité femmes-hommes et la protection des droits des jeunes filles à travers ses rapports et recommandations annuels.

Pour le CNDH, les droits des femmes et des filles sont abordés de manière transversale dans ses actions, notamment à travers sa stratégie « Triple P » : Protection, Promotion et Prévention.

Cette initiative continue vise à alimenter le débat autour des droits des femmes, à évaluer les progrès et à formuler des recommandations. Ses actions, qui visent à optimiser et à renforcer l'effectivité des droits, comprennent le suivi des engagements internationaux, le plaidoyer en faveur de réformes législatives, le traitement des plaintes, le reporting sur les violations et la promotion de l'éducation aux droits de l'homme.

Engagé dans la dynamique internationale, le CNDH continue, à travers ses réseaux et partenaires, à renforcer la coopération Sud-Sud en permettant l’épanouissement du Réseau africain des institutions nationales des droits de l’homme.

La Déclaration de Rabat recommande :

• Garantir un accès juste et équitable à une éducation de qualité pour toutes les filles, en éliminant les obstacles tels que le mariage des enfants et les normes de genre oppressives. • Renforcer les efforts pour garantir les droits en matière de santé sexuelle et reproductive (SDSR), en garantissant aux filles l'accès à des services de santé et de soins complets tout en les protégeant contre les pratiques néfastes telles que les mutilations génitales féminines. • Donner la priorité à la lutte contre les violences basées sur le genre en adoptant des lois strictes et en les appliquant rigoureusement, avec des campagnes de sensibilisation et des services de soutien. • Promouvoir une masculinité positive en impliquant les hommes et les garçons dans la lutte pour l'égalité des sexes. • Prendre en compte les droits des jeunes filles lors de crises, de conflits, de catastrophes naturelles et d'événements climatiques extrêmes. • Encourager des environnements qui valorisent les jeunes filles et leur permettent de s'épanouir dans toutes les sphères de la société.

« Les inégalités entre les sexes restent omniprésentes et affectent profondément tous les aspects de la vie des filles, de l’éducation à la participation économique, en passant par leur accès aux soins de santé. » — Karima Rhanem, présidente du Centre international de diplomatie

Afrique : Des progrès remarquables en matière de droits fondamentaux marqués par des défis structurels

De son côté, Karima Rhanem, Présidente du Centre International de Diplomatie, a souligné lors de cette conférence que la question de l’autonomisation et de la protection des filles doit rester au cœur de l’action des acteurs, reconnaissant qu’elle constitue non seulement un impératif moral mais aussi un levier fondamental pour le développement des sociétés africaines.

Pour elle, il s’agit loin d’être une simple question de développement ; elle touche aux fondements mêmes des sociétés africaines et à l’avenir de millions de jeunes filles aspirant à une vie juste, libre et prospère.

Elle a noté que l’Afrique avait fait des progrès remarquables dans la promotion des droits des filles, soulignant des réalisations bien documentées dans les domaines de l’éducation, de la santé et des droits fondamentaux. Cependant, malgré ces efforts, l’Afrique continue de faire face à des défis structurels qui freinent l’épanouissement des jeunes filles et limitent leur accès aux opportunités.

Elle a ajouté que ces inégalités sont profondément ancrées dans les normes culturelles et les pratiques traditionnelles, comme le mariage des enfants, qui reste un problème endémique.

Ces normes culturelles et sociales persistent et pèsent lourdement sur les droits des filles. La culture du viol, le blâme des victimes et les préjugés associés à la sexualité des filles exacerbent ces inégalités.

Messages de bonne volonté

Ce séminaire a été marqué par des messages de bonne volonté de personnalités influentes, telles que Yude Ndieng, avocat au Barreau de Genève, Hajer Hachbi, directeur exécutif de l'Institut africain des droits de l'homme, et Aicha Duhji, présidente de l'Observatoire international pour la paix, la démocratie et les droits de l'homme. Leurs contributions illustrent l'engagement international en faveur des droits des filles africaines et soulignent l'importance de la coopération entre les différents acteurs.

En conclusion, même si des progrès notables ont été réalisés, de nombreux défis demeurent. La collaboration entre les gouvernements, les organisations internationales et la société civile est essentielle pour garantir l’égalité des sexes et la protection des jeunes filles en Afrique. L'autonomisation des filles doit se poursuivre grâce à des actions concrètes soutenues par des réformes législatives et une attention particulière à l'éducation, à la santé et à la protection contre la violence et la discrimination.

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